4 mots clés sur la saison 18/19 de l’OnR

©Laurence Bentz

Pour sa deuxième saison à la tête de l’Opéra national du Rhin, Eva Kleinitz enfonce le clou. Le point en quatre mots clés sur la saison 18/19.

Printemps
Si elle ne devait retenir que deux instants de sa première saison ? « D’abord, le silence qui régnait dans la salle après Francesca da Rimini [opéra de Riccardo Zandonai, nldr]. Les personnes qui ne connaissaient pas le livret de Tito Ricordi se sont laissées submerger par l’énergie de la scène. Ensuite, la journée Arsmondo consacrée aux enfants, avec la présence d’un jazz-band et de l’association Kakemono [organisatrice de la Japan Addict à Strasbourg, ndlr]. Le printemps s’annonçait, l’ambiance était magnifique ! »

Communauté
Eva Kleinitz l’admet : après une première saison réussie, la pression augmente un peu, et la peur d’un échec aussi. Mais elle s’appuie sur un bel outil, ses ateliers et ses équipes, pour avancer avec toujours cette envie de permettre aux amateurs comme aux néophytes de partir à la rencontre d’oeuvres méconnues. Son envie ? Que la relation se noue avant, pendant et après la représentation. « Je trouve assez génial de faire son propre travail de recherche, de lire un recueil de poésies ou de ressortir un film pour mieux situer la connexion des intentions. » De prolonger le « voyage » en quelque sorte.

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Eva Kleinitz, directrice de l’OnR par Klara Beck

Femme
Depuis quelques années, l’OnR se montre fidèle à la metteure en scène Mariame Clément qui revient pour l’opéra d’Offenbach Barkouf ou un chien au pouvoir. Eva Kleinitz cherche à révéler d’autres personnalités féminines à la mise en scène, comme la Néerlandaise Jetske Mijnssen avec La Divisione del mondo de Giovanni Legrenzi et Marie-Eve Signeyrole avec Don Giovanni de Mozart. Pas question de quotas concernant la présence des femmes à la mise en scène et à la direction d’orchestre, sa volonté est vraiment de s’attacher à leur regard singulier. C’est le cas de Don Giovanni qui permettra, en fin de saison, d’éprouver « l’objet éternel du séducteur ».

Argentine
La première édition d’Arsmondo était consacrée au Japon, nul doute que le choix de l’Argentine, riche de son passé littéraire et musical pour la deuxième édition fédérera de la même manière. Pour les nouvelles productions de Beatrix Cenci d’Alberto Ginastera et l’opéra-tango pour 16 danseurs Maria de Buenos Aires sur une musique d’Astor Piazzolla, le choix s’est porté sur des jeunes artistes : le metteur en scène Mariano Pensotti et le chorégraphe Matias Tripodi. Eva ne nie pas la dimension politique de ce choix d’un pays qui a connu la dictature, et dont de nombreux artistes ont connu l’exil en France, des metteurs en scène, des cinéastes, des dessinateurs qui ont su insuffler « l’esprit poétique de l’âme argentine ».

Opéra national du Rhin
Strasbourg, Colmar, Mulhouse

Le by Alexandre Zebdi dans la catégorie CULTURE, spectacle, Théâtre

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