Abraham Belaga, un visage que nous ne sommes pas prêts d’oublier

Abraham Belaga, originaire de Strasbourg, joue dans Mafiosa ©Jean-Claude Lother

Il faut admettre que les séries françaises n’ont pas tellement la cote en France. Pourtant, la saison 4 de Mafiosa était très attendue. Déjà, parce que c’est une création originale avec un scénario et une réalisation très bien ficelés, et surtout, parce que le casting a de la gueule. Parmi les acteurs, il y a Abraham Belaga. C’est un mec que vous avez déjà pu croiser à Strasbourg dans ses jeunes années d’étudiant. À seulement 25 ans, il a déjà 8 films et un rôle dans la série Mafiosa à son actif. Si par malheur vous l’avez manqué, il n’est pas trop tard. Rencontre avec un nouveau jeune talent du cinéma français.

Abraham me donne rendez-vous à 16h dans un café de la rue Tiquetonne. Quand j’arrive il est installé à la terrasse avec un ami, jean-baskets et clope au bec. Si le plus souvent, on l’a retrouvé dans des rôles de bad boys, force est de constater qu’il en a l’allure. Originaire de Strasbourg et installé à Paris depuis 5 ans, Abraham est arrivé dans le monde du cinéma par la petite porte. C’est suite à une conférence du réalisateur Pierre-Paul Renders qu’il décide de le contacter afin d’observer le tournage de Comme tout le monde. « Je lui ai écrit car je voulais voir comment se construisait un film, et il m’a demandé de lui envoyer une photo ». Peu de temps après, la directrice de casting le contacte et lui propose un rôle dans ce film tourné au Luxembourg. Abraham rentre à Strasbourg des rêves plein la tête, termine sa dernière année et part pour Paris.

On a pu l’apercevoir dans de petits rôles (Babylon A.D., Agathe Cléry ou encore Robin des bois de Ridley Scott) et plus récemment dans Une vie meilleure de Cédric Kahn aux côtés de Guillaume Canet et Leïla Bekhti. Son talent se révèle dans le film de Fanny Ardant, Cendre et sang. « On est parti deux mois en Roumanie, c’était la première fois que je vivais un tournage aussi long ». Ce fut une expérience enrichissante et plutôt intense. « J’aime être plongé dans une atmosphère, dans mon personnage. Pendant le tournage d’un film tu es dedans, t’oublies qui tu es, d’où tu viens, tu t’y consacres entièrement ».

Pour ce long-métrage les critiques étaient partagées, mais pour l’acteur elles ont peu d’importance : « Je choisis mes films, l’important c’est qu’après coup j’en sois satisfait. Puis il y a un long décalage entre un tournage et sa critique, c’est toujours bizarre de recevoir des compliments alors qu’on est déjà passé à autre chose ».

Et quand il ne tourne pas ? « Ah, c’est une bonne question, puisque dans le cinéma t’existes à travers ton actualité ». Et quand il n’est pas en tournage, Abraham reste très occupé. « Je fais pas mal de sport, de la boxe et de la chute libre, je lis beaucoup, et je fais de la photographie [notamment la pochette du dernier album de Joey Starr, Egomaniac, ndlr]. Quand j’ai commencé, Pierre-Paul Renders m’a dit que le plus dur, c’était de faire en sorte que tes journées soient aussi intéressantes les jours où tu ne tournes pas, je suis complètement d’accord ».

Le tournage d’Une bouteille à la mer a duré deux mois. « J’y étais pendant dix jours, je suis israélien et c’était important pour moi de faire ce film. Dans l’équipe il y avait des israéliens, des palestiniens, c’était très fort». Dans ce long-métrage, il incarne Eytan, le frère de Tal (joué par Agathe Bonitzer). On le découvre en uniforme de soldat israélien, protecteur et soucieux des correspondances qu’entretien sa soeur avec un jeune homme de Gaza. Le réalisateur Thierry Binisti fait le point sur un sujet difficile en choisissant de s’intéresser aux habitants de deux pays ennemis, qui vivent un conflit qui les dépasse.

En repensant à cette rencontre, je me dis qu’Abraham est le portrait-type du joli garçon dont ma mère m’a toujours dit de me méfier. Heureusement pour nous, aller le voir au cinéma est sans danger, alors n’hésitez pas.

Vous pourrez retrouver Abraham Belaga dans Les Meutes de Manuel Schapira, qui a été présenté au Festival du Court-métrage de Clermont-Ferrant. Mais aussi dans Une bouteille à la mer de Thierry Binisti qui est toujours en salle et bien sûr dans la série Mafiosa, diffusée sur Canal +.

Déborah Pham

Le by Zut alors dans la catégorie Cinéma, CULTURE, Rencontre

En réponse à Abraham Belaga, un visage que nous ne sommes pas prêts d’oublier

  1. Cigarette

    On l’avait trouvé bon dans Cendres et Sang! Un acteur qui n’a pas fini de nous étonner.

    http://pcigarette.blogspot.fr/

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