Anna Calvi reprend son souffle

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Décidément, Anna Calvi entrouvre les nouvelles portes de la perception.

Pour Anna Calvi, le challenge était de taille : rééditer l’exploit d’un album à la taille de sa première tentative magnifique en 2011. Le risque était double, soit s’appuyer sur une recette qui avait fait le succès aussi bien public que critique d’Anna Calvi, soit se lancer dans une aventure hasardeuse. Bref, on retrouve toute la problématique du second album syndrome, comme disent nos amis anglais. Notre petite britannique a su éviter tous ces écueils, avec un disque qui s’inscrit dans la continuité du précédent, mais tout lui donnant une tonalité singulière : aux références précédemment invoquées, Jeff Buckley, Nick Cave et Ennio Morricone, il faut rajouter celle de Scott Walker. Quand on lui soumet l’idée, elle pousse un petit rire amusé. Elle raille gentiment l’« évidence », suggérant le fait qu’on ait besoin – ce en quoi elle a entièrement raison – de constamment nous appuyer sur ces références, comme ça avait été le cas précédemment, et de manière beaucoup moins évidente, pour PJ Harvey. Et de nous signaler qu’il lui arrive de ne pas bien connaître certaines des influences qu’on lui attribue désormais, Siouxsie and The Banshees notamment. Quoi qu’il en soit, elle confirme bien volontiers ce niveau de confiance qui lui a permis de pousser plus loin ses propres recherches : un jeu cristallin à la guitare et une voix qui s’envole au détour de compositions plus inconfortables, les sublimes One Breath ou Love Of My Life, pour un disque qui constituerait éventuellement la seconde partie d’un diptyque sublime. Qui poursuit en tout cas l’œuvre aujourd’hui sans faute d’une artiste que l’on situe d’emblée comme l’un des repères incontournables en cette période artistiquement frivole.

Anna Calvi, One Breath, Domino

En concert le 6 décembre à la Laiterie

Le by Emmanuel Abela dans la catégorie CULTURE, Musique

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