Bugg is big(g) !

Jake Bugg : sobriété et belle maîtrise...

Jake Bugg : sobriété, placidité et très belle maîtrise de soi…

Hier soir, nous avons eu droit à la foule des grands jours à la Laiterie. Le concert a été annoncé complet à quelques heures de l’ouverture des portes au grand dam de quelques membres de notre petite équipe. Tout le monde s’est donné rendez-vous pour confirmer sur scène tout le bien qu’on formulait à propos de la petite sensation du moment : beaucoup d’Allemands, quelques Anglais, et surtout plein de jeunes filles prêtes à déclarer leur flamme à ce briton surdoué d’à peine 19 ans. En première partie, Jack Savoretti ne pouvait que constater qu’il avait affaire à de good people et que ça n’était pas toujours le cas : l’Italo-anglais réussissait à faire monter la pression d’un cran avec quelques ballades enlevées, dans un style qui le situe en digne héritier de Bruce Springsteen, dans une version sèche et très enjouée.

Le public était donc très chaud, et il a suffi d’un Fire de circonstance comme premier morceau du set de Jake pour qu’il ne finisse de s’enflammer. Une formation réduite à sa plus simple expression : guitare-basse-batterie. La formule gagnante pour un joli son ciselé. Jake Bugg sait y faire dans l’économie des moyens pour une restitution parfaite de la douce intimité de ses chansons. Ce gamin, à la distance charmante – qui n’esquisse qu’un léger sourire quand une môme lui hurle « Jaaaaaake I love you” – avance avec la placidité de Droopy dans les Tex Avery, mais nul doute, il est happy, et nous aussi.

De plus, il sait électrifier les foules dans un style early-sixties très proche des Kinks en 1964, avec un son à la guitare qui chatouille gentiment les oreilles. On se pose naturellement la question d’une telle précocité ; il semble tout maîtriser : la ballade folk, la ritournelle pop, et même quelques développements plus fuzzy quand il emprunte des voies que ne renieraient ni les Small Faces ni les Pretty Things première époque. Ce qui paraît le plus étonnant encore, c’est l’actualité de cette musique-là : bien sûr, on cite les sixties – l’environnement s’y prête, la sobriété du décor en noir et blanc, les dégaines aussi –, mais on ne peut y voir ni passéisme ni nostalgie. Jake Bugg n’est pas dans le gimmick, il est tout ce qu’on vient de citer (et naturellement bien d’autres) mais avant tout il est lui-même, aujourd’hui, et c’est en cela qu’il est si grand.

Allez, pour les filles (et les garçons aussi) la set-list complète :

Fire
Kentucky
Love me the way
Trouble Town
Seen it all
Simple as this
Slide
Slumville Sunrise
Ballad of Mr. Jones
Someone told me
Country Song
Note to self
Someplace
Two Fingers
Taste It
Lightning Bolt

Rappels :
Broken
Fulsom

À lire : Young Folk
À écouter : Z-U-Tape, around Jake Bugg

Le by Emmanuel Abela dans la catégorie CULTURE, Musique

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