Cougar Town

Virginie Efira et Pierre Niney dans 20 ans d'écart.

Virginie Efira et Pierre Niney dans 20 ans d’écart.

Abonné au genre horrifique, le réalisateur David Moreau signe, avec 20 ans d’écart, sa toute première comédie sentimentale. Virginie Efira – dont l’actualité cinématographique 2013 est plus que chargée – y joue le rôle d’Alice, belle et ambitieuse femme de 38 ans, qui se voit prise au piège d’un jeu dangereux lorsqu’elle se voit contrainte de feindre une relation avec Balthazar, d’à peine 20 ans, pour espérer obtenir une promotion. Immersion dans le phénomène cougar.

Après deux films d’horreur (le français Ils, et l’américain The Eye), David Moreau se lance dans sa première comédie romantique avec l’envie d’aborder un sujet de société non-conventionnel, et évoque sans tabou LE phénomène dont tout le monde parle depuis les années 2000 : celui des cougars, ces femmes de 35 ans ou plus qui entretiennent des relations avec des hommes beaucoup plus jeunes qu’elles. Les cougars opèrent une réelle fascination auprès de la jeune gente masculine qui recherche l’expérience et le défi. Tout un vocabulaire s’est développé en marge du monde porno, aidé par la sphère Internet : MILF, FILF, grannies. La maturité, voire les seniors deviennent tendance (lire notre dossier consacré aux Seniors dans le Zut ! 16 – page 116)  Et qui de mieux que Virginie Efira, élue plus beau décolleté de Belgique (si, si !), pour jouer une cougar-malgré-elle ?

Dans 20 ans d’écart, Virginie Efira campe la belle et ambitieuse Alice qui, par conscience professionnelle, délaisse sa vie de femme. Pressentie pour devenir la nouvelle rédactrice en chef du magazine Rebelle, son image de fille trop sérieuse et coincée la prive de cette promotion tant espérée. C’est en rencontrant le jeune Balthazar (Pierre Niney) d’à peine 20 ans, que les choses changent. Alice semble, aux yeux de tous, plus libre, plus forte, plus… rebelle, et voit en cette relation la solution à ses problèmes. S’amorce alors une idylle aussi improbable que passionnée, qui bien vite déroute les plans qu’Alice avait élaborés.

Avant-première de 20 ans d’écart à l’UGC Ciné Cité Strasbourg, le lundi 4 mars à 20h00.
Sortie nationale : le 6 mars

Par Justine Goepfert
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JEU-CONCOURS !

L’UGC Ciné Cité et Zut ! mettent en jeu 10X2 places pour l’avant-première de 20 ans d’écart. Pour cela, répondez vite à la question suivante :

Quel est le poste qu’Alice essaye d’obtenir ?

Envoyez votre réponse, vos noms et prénoms, à contact@chicmedias.com (cliquez sur les petits points pour laisser apparaître l’adresse mail), les 10 premières bonnes réponses remporteront les places.

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Jean-Claude Brisseau, nu quelque part

Jean-Claude Brisseau, s’il sait filmer l’érotisme, parfois avec violence, revient avec un film vierge de toutes flammes, si ce n’est celles de l’émotion. Avec le très beau La fille de nulle part, on le retrouve, confronté à sa propre image, intimidé par tant d’attentions.

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Jean-Claude Brisseau / Photo : Olivier Roller

C’est avec une certaine fierté que nous pouvons l’affirmer : nous avons assisté à une petite révolution au festival Entrevues de Belfort : celle de Jean-Claude Brisseau. Croisé en 2011, lorsque le festival lui consacrait une rétrospective, il revenait un an plus tard, pour présenter La fille de nulle part projeté en soirée de clôture. « Surpris » du Léopard D’Or du festival de Locarno, quelque chose avait changé.

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Le by Cécile Becker dans la catégorie Cinéma, CULTURE, STRASBOURG | Laisser un commentaire  

Mère & Fils

Brigitte Roüan revient avec une comédie – et fait un détour par Strasbourg avec Nicole Garcia pour la présenter le 18 janvier au Star Saint-Exupéry-, Tu honoreras ta mère et ta mère. Nicole Garcia y campe Jo, mère de famille et artiste, réglant ses comptes avec ses quatre fils interprétés par Eric Caravaca (Pierre), Patrick Mille (Lucas), Michaël Abitboul (Fabien) et Gaspard Ulliel (Balthazar). Tourné en Grèce, le film aborde les relations entre mère et enfants, mais dresse, en toile de fonds, un portrait d’un pays en crise.

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Le by Cécile Becker dans la catégorie Cinéma, CULTURE, STRASBOURG | 2 commentaires

Jean de la Lune atterrit à l’UGC Strasbourg

Zut ! et l’UGC Ciné Cité vous proposent de gagner 5×2 places pour l’avant-première du film Jean de la Lune réalisé par Stephan Schesch et tiré du livre jeunesse de Tomi Ungerer ! Repartez de la séance avec notre beau hors-série consacré à l’illustrateur en vente dans le hall du cinéma ! C’est ce dimanche à 10h45 à l’UGC Ciné Cité.

Voir la bande-annonce de Jean de la Lune réalisé par Stephan Schesch :

En plus de voir ce beau film, un stand Zut ! sera installé dans le hall du cinéma. Notre ravissante Justine proposera à la vente le hors-série Zut ! consacré à Tomi Ungerer : Impressions, regards, fragments.

Réalisé pour et avec Tomi Ungerer, cet ouvrage explore le monde surprenant de l’artiste au travers d’entretiens, de rencontres avec des personnalités qui lui sont familières, de portfolios, de collages inédits et d’interventions. Loin d’être une énième monographie, ce hors-série est un ouvrage unique à partager. L’artiste s’y livre de manière intimiste et sans artifices, et revient à ses inspirations premières. Sa progression, ses voyages, ses démons et ses rêves… Découvrez, ou redécouvrez, le parcours et la personnalité de cet artiste et homme aux mille facettes.
Dans cette édition trilingue inédite de 292 pages en grand format, vous trouverez une compilation de ses meilleurs dessins sous forme de thématiques originales accompagnées de textes racontant l’artiste, de fragments autobiographiques, d’impressions au travers des villes qu’il a traversées et de regards d’autres artistes.

Pour remporter vos places, répondez à cette question :
Par quel moyen Jean de la Lune arrive-t-il sur la Terre ?
Pour gagner vos places, donnez-nous vite vos réponses via contact@chicmedias.com . Les cinq bonnes réponses les plus rapides, remporteront les billets.

UGC Ciné Cité, 25, route du Rhin à Strasbourg.

Sur le même sujet :

[Vidéo] Notre rencontre avec Tomi Ungerer pour la réalisation du hors-série
Une journée avec Tomi Ungerer au cinéma Star Saint-Exupéry 

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Olivier Assayas : la jeunesse est un art

Rencontre avec le réalisateur Olivier Assayas à l’occasion de la sortie de son film Après Mai, qui dépeint de manière intimiste et avec de forts accents autobiographiques la période bouillonnante du début des années 70. L’occasion de plonger dans les souvenirs de jeunesse d’un des réalisateurs majeurs du cinéma français contemporain…     

L’ambiance était plutôt décontractée l’autre soir au restaurant Chut, à Strasbourg. On sentait l’excitation liée à une tournée de promotion qui constituait une première pour les jeunes acteurs qui accompagnaient Olivier Assayas, Clément Metayer et Hugo Conzelmann. Visiblement hilares, ils s’amusaient volontiers de la situation – Clément lâchant ses bouffées de cigarette électronique dans l’espace, avec un vrin de nonchalance –, jouant les trublions à côté d’un Olivier Assayas très concentré sur son sujet : la lumière, la jeunesse française sous l’ère pompidolienne et le psychédélisme anglais de la fin des années 60 et du début des années 70.

La lumière, la clarté, caractérisent de nombreuses scènes de votre film. Est-ce que c’est l’image que vous gardez de cette période ?

Olivier Assayas : En tout cas, il y a quelque chose qui a à voir avec la nature. J’ai grandi à la campagne, près de Paris, mes souvenirs de cet âge-là sont donc marqués par une circulation entre la ville et la campagne. Il y a quelque chose d’assez sensuel au fond. Nous étions engagés dans la politique de l’époque, mais dès qu’on sortait du lycée, on était dans la nature. Il y a aussi des choses qu’on a oubliées aujourd’hui, ou du moins qui ne sont plus mises à leur juste place, c’est le rapport de cette époque avec la nature. Dans le gauchisme, il y avait un rejet de l’urbain, et surtout l’envie d’aller vers la nature. C’est une période où il y a eu une résurgence des traditions anciennes, une nostalgie de la société rurale. Il faut bien se rappeler que le gauchisme, la free press, la musique de l’époque, ont été nourris par ce fantasme-là. Par exemple, au lieu de dire à mon chef-opérateur Eric Gautier ce que racontait le film, je lui ai fait écouter du folk anglais, qui possède un petit côté pastoral. C’était vraiment la note que je voulais trouver pour le film. Depuis qu’on travaille ensemble, il sait que j’ai une grande attirance pour lumière de l’impressionnisme. Autant dans mes premiers films il y avait une part de romantisme sombre, mais plus ça va, plus j’ai envie de clarté, de lumière. Et c’est dans Après Mai que j’ai eu l’impression d’aller le plus frontalement vers ça.

À plusieurs moments du film, cette lumière se transforme en feu…

Oui, c’est vrai ! Quand on écrit un film, il y a toujours une sorte de rime inconsciente qui se crée. On se rend tout à coup compte qu’une idée a fait son chemin, toute seule. Pour ce film, je ne me rendais pas compte à quel point le feu était présent. Evidemment, c’est en lien avec la façon dont la jeunesse se consume.

Contrairement à celle de Mai 68, la génération du début des années 70 est assez méconnue et on oublie qu’un certain nombre de combats ont été menés. Etait-ce pour vous une manière de rendre hommage à cette génération qui est restée très active, très combattante durant toute la période ?

En tout cas, ça a été une manière de prendre en charge une histoire collective qui n’était pas racontée. Raconter l’histoire collective, ce n’est pas mon truc, mais cette période a été celle de mon adolescence, et parce qu’elle m’a marquée, j’ai été sensible au fait qu’elle n’a jamais été racontée correctement. Je me serais très bien contenté que quelqu’un le fasse à ma place, mais ne voyant rien venir, j’ai compris que j’étais porteur de cette histoire et de ce qu’elle a de générationnel. Le début des années 70 est souvent décrit comme “les années de plomb”, comme la traduction de l’échec de Mai 68 et de ses idées. Bien sûr, quand on était adolescent en 1970-1971, la perspective était parfaitement différente. Mai 68 est un point de repère, mais on ne l’a pas vécu, on le perçoit un peu comme un événement météorologique. C’est une génération qui a été marquée par l’exploration des voies ouvertes par Mai 68, mais qui a aussi payé un tribut relativement lourd, en s’engageant pour certains dans des voies destructrices.

Vous dites vous être appuyé sur la personnalité de vos acteurs pour façonner les rôles. Comment fait-on pour construire des personnages d’il y a 40 ans à partir de jeunes gens d’aujourd’hui ?

Ça part évidemment de croquis, de souvenirs. Mais ce que je construis n’est pas de nature autobiographique, c’est là que j’essaie de trouver des interprètes qui, par un certain biais, peuvent s’identifier aux personnages, ou en tout cas se reconnaître dans les passions de ces personnages. Je me fie aussi à leurs personnalités, à leur instinct, à leur manière d’être, ce qui est toujours plus fort que ce que j’ai écrit dans le scénario. De toute façon, les personnages qu’on a essayé de tisser dans le scénario n’ont qu’une petite part de vérité ou de réalité. La vérité ou la réalité, ce sera leur incarnation qui lui donnera corps. Pour chaque film, il y a toujours un double scénario : celui qui est écrit et celui qui n’est pas écrit, c’est-à-dire l’enregistrement documentaire de ce qu’il se produit lorsque je filme des personnages traversés par des dialogues, des situations, des destins.

Concernant la bande originale, on a l’impression qu’elle relève de choix très intimes : Soft Machine, Captain Beefheart, Syd Barrett, Kevin Ayers…

Je voulais trouver une façon de rendre hommage à ce qu’on a appelé l’underground des années 70, et notamment à la musique qui venait d’Angleterre. Je ne voulais pas me servir de la musique générationnelle de cette époque, mais plutôt de la musique qu’appréciait une minorité de passionnés. Ceux qui écoutaient Syd Barrett ou Kevin Ayers étaient attirés par quelque chose de très marginal, contrairement à la majorité des gens qui écoutaient plutôt Pink Floyd. Je voulais surtout que les choix musicaux du film soient au diapason avec les personnages, avec l’histoire que j’avais envie de raconter, c’est-à-dire celle de gens portés par les idées d’une minorité agissante et créative. J’aurais été incapable d’utiliser la musique de Syd Barrett ou de Nick Drake comme musique illustrative dans un autre de mes films, j’y accorde trop d’importance. Mais là, elle a naturellement trouvé sa place, parce que je l’ai remise exactement dans le cadre dans lequel je l’ai découverte.

Vous n’avez d’ailleurs pas hésité à placer certains morceaux en entier…

Mais il le fallait ! Tout à coup, en rapport avec la peinture, il y avait un truc qui marchait, qui était évident, pour la première fois. C’était assez miraculeux, j’étais ravi d’enfin pouvoir intégrer ces morceaux dans un de mes films. ∙

Propos recueillis par Céline Mulhaupt et Emmanuel Abela le 15 octobre à l’occasion de l’avant-première d’Après Mai au Cinéma Star Saint-Exupéry, à Strasbourg
Photos : Eric Antoine

 

Le by Emmanuel Abela dans la catégorie Cinéma, CULTURE | Laisser un commentaire