Jamais deux fois (dans le même fleuve)

Le by Charles Combanaire dans la catégorie CULTURE, Exposition, STRASBOURG | Laisser un commentaire  
camille bres-cloitre

Camille Bres
Le cloître, 2013
Huile sur toile, 100 x 130 cm

Pour cette deuxième collaboration entre le Pôle culturel de Drusenheim et la Haute École des Arts du Rhin quatre anciens étudiants issus du groupe de recherche Peinture de l’option Art ont été choisi pour présenter leur travail. Pour les Strasbourgeois et nos lecteurs les plus assidus ce ne sont pas des inconnus, Camille Brès et Marius Pons de Vincent s’étant fait particulièrement remarqués lors de leur exposition à la Galerie Ritsch-Fisch en 2012. Ido et Clara Cornu, bien qu’ils ne soient sortis qu’en 2013 de l’école, se sont déjà révélés au Salon de Montrouge pour le premier et en décrochant le Prix Jeunes Talents de la Société des Amis des Arts et des Musées de Strasbourg pour la seconde.

Camille Brès et Marius Pons de Vincent revendiquent un héritage classique, en s’appuyant et en se jouant des conventions de la Peinture. A partir de documents photographiques qu’ils détournent et recomposent, ils nous proposent des oeuvres profondes, comme suspendues dans le temps. Au regard des techniques, Ido et Clara Cornu sont plus classiques encore que leur deux camarades, passant des heures à enduire, poncer, dessiner et peindre. De ce travail de labeur naissent des images singulières.

Vernissage le jeudi 23 janvier à partir de 18h30 au Pôle Culturel de Drusenheim, 2, rue du Stade.
Exposition du 24 janvier au 31 mars

Les magiciens d’Oz !

Le by Zut alors dans la catégorie Accessoires, Arts de la table, Bijoux, CULTURE, Déco, Design, Exposition, STRASBOURG | Laisser un commentaire  

ZUT_WEB_OZ_GUISQUET- CP Ubik-DesignPourquoi ne pas ajouter une touche d’art et de culture aux traditionnels vin chaud et guirlandes lumineuses du Marché de Noël ? C’est ce que propose entre autres la FREMAA à travers l’exposition de métiers d’art rebaptisée OZ. À deux pas de la Place Broglie et de son Christkindelsmärik seront exposées des œuvres de créateurs locaux : décoration, ameublement, bijoux… une variété impressionnante d’objets artisanaux de qualité qui pourraient bien finir sous le sapin. Le rendez-vous immanquable des curieux ou des passionnés d’art contemporain en quête d’idées cadeaux originales !

OZ, les métiers d’art, expo-vente du 13 au 22 décembre à la Résidence Charles de Foucault 1, rue de la Comédie à Strasbourg – entrée libre.

FREMAA, 12 rue des Métiers à Colmar 03 89 23 65 65 – www.fremaa.com

Horstaxe Studio & collectif Butane : ‘makers’ d’affiches

Le by Zut alors dans la catégorie Art numérique, CULTURE, Déco, Exposition, Shopping, STRASBOURG | 1 commentaire

Les fêtes approchent à grand pas et vous ne voyez toujours pas apparaître (un brin) d’idées cadeaux à l’horizon ? Se rendre à Makers c’est l’occasion de faire plaisir ou tout simplement de se faire plaisir ! C’est ainsi que le Studio Horstaxe s’associe, le temps d’une vente inédite, au collectif Butane, tous deux fabricants d’objets d’arts graphiques, le cœur de leur métier.

Leur initiative commune s’ancre dans un contexte local : tous les objets de la vente ont été conçus et fabriqués en Alsace. S’ouvre alors une toute nouvelle vision de l’affiche : d’abord objet de la rue, elle tend à devenir un élément à part entière de la décoration d’intérieur. Les affiches, textiles, et autres objets aux imprimés graphiques sont des créations authentiques et insolites qui vibrent à travers leurs couleurs et sérigraphies.

Rémi Gaudet, co-fondateur de Horstaxe nous évoque Makers, premier évènement organisé au Studio, et nous présente en exclusivité la dernière affiche qui s’ajoutera à cette vente éphémère. Celle-ci aborde la thématique du Huis clos de Sartre, « réinterprétée à la manière Horstaxienne ».

ZUT_WEB_Horstaxe_Affiche_NonSens_serigraphieComment est née l’idée d’organiser ce premier évènement à Horstaxe Studio ?
Notre problématique fut la suivante : jusqu’à présent, nos affiches étaient uniquement en vente en ligne sur notre site web, il n’y avait donc pas de possibilité de les voir, de les toucher. D’une photo au réel l’affiche peut paraître différente, selon la luminosité, la texture… Avec cet évènement, nous souhaitons créer un moment de convivialité, et la période des fêtes de fin d’année s’y prête à merveille ! Au début, nos affiches étaient essentiellement créées dans l’optique de devenir un pur objet de décoration d’intérieur, mais nous avons rapidement pris conscience qu’on ne souhaitait pas uniquement se cantonner à cela.

Ce qui nous intéresse, c’est de sensibiliser, à la fois sur le discours de l’affiche, de son passage de la rue à nos intérieurs, mais également sur la personnalisation, l’individualisation de l’affiche, afin que les gens s’approprient le message. L’intérêt même de nos affiches est qu’elles suggèrent diverses lectures, car chaque personne voit en elles quelque chose de différent, selon sa propre perception et interprétation.

Parlez-nous de votre collaboration avec le collectif Butane !
Butane est un jeune collectif dont nous apprécions l’approche dynamique et créative du graphisme. Makers, en quelques mots, c’est l’association des bonnes énergies qui ont envie de faire quelque chose ensemble. Les Makers sont des « faiseurs », des fabricants. Il s’agit également de mettre à  l’honneur les personnes qui fabriquent à échelle locale, car toutes nos créations sont réalisées en Alsace.

Quel message souhaitez-vous véhiculer à travers cette nouvelle affiche ?
Il s’agit ici de « dénoncer » un huis clos, d’une part professionnel, à travers une autocritique du milieu du graphisme, de ce microcosme qui nous réunit au sein du studio Horstaxe. Comme dans beaucoup d’autres domaines, lorsque plusieurs personnes travaillent constamment ensemble, des tensions peuvent parfois survenir. D’autre part, en cette période de fêtes de fin d’année, on peut également parler de huis clos familial, affectif, sentimental. On se retrouve en famille pour la plupart, pour célébrer ces instants ensemble. L’idée principale était de casser l’enfermement du huis clos. Il s’agit avant tout d’une image symbolique, car tout comme dans la pièce de Sartre, qui réunit 3 personnages, nous sommes 3 graphistes travaillant ensemble au studio Horstaxe. Avec les autres, nous cherchons à dépasser nos propres limites ! L’affiche insiste sur cette ouverture nécessaire à tout acte créateur.

Par Apolline Hinz et Julie Baier

Makers, boutique graphique éphémère, les weekends du 14-15 et 21-22 décembre
10-19h au Studio Horstaxe au 7, quai des Pêcheurs, à Strasbourg

ZUT_WEB_Horstaxe_Affiche_HuisClos_serigraphie2 ZUT_WEB_Horstaxe_Affiche_HuisClos_detail_serigraphie

Bernard Plossu : Berlin années 00

Le by Zut alors dans la catégorie Architecture, CULTURE, Design, Exposition, Photographie | Laisser un commentaire  

En 2005, Bernard Plossu capture au 50 mm le visage d’un Berlin réunifié. La galerie Robert Doisneau du CCAM de Vandoeuvre accompagne la publication de ces clichés, révélateurs d’une capitale tournée vers l’avenir. Rencontre avec un explorateur du paysage urbain.

ZUT_WEB_PLOSSU_3_620En 2005, vous vous rendez à Berlin dans le cadre d’une exposition, était-ce votre premier séjour dans cette ville ? Berlin correspondait-il à l’image que vous vous en faisiez ?
Oui, c’était mon premier séjour, je n’y étais jamais allé. Et même, je ne connaissais pratiquement pas l’Allemagne où je n’étais allé que deux fois pour une expo à Brême et une commande de neige au Tyrol ! Et ça ne ressemblait pas du tout à ce que j’attendais ! Il n’y avait aucun pathos, en tout cas pour moi, de l’ex-Allemagne de l’Est. C’était plutôt comme une grande ville américaine toute blanche, presque un sosie de Century City, ce quartier neuf de Los Angeles. Et le soleil chaque jour, rendant tout blanc, m’a fait penser à Los Angeles tout le temps ! Le mur de la honte était déjà d’une autre époque… Quand je pense que des jeunes, juste parce qu’ils voulaient vivre libres, se faisaient tirer dessus par des garde-frontières, ça m’écœure…

On a plutôt l’habitude de vous retrouver aux États-Unis ou en Amérique du Sud : qu’êtes-vous allé chercher là-bas ?
Je suis rentré des pays américains en 1985 : l’Europe me fascinait de plus en plus. Je suis d’abord beaucoup allé dans le sud – Italie, Espagne, Grèce, Portugal – y ayant mes racines italiennes et ma femme étant andalouse. Puis un voyage en hiver a transformé ma vie : la Pologne ! Là aussi, enfin libérée du joug soviétique ! Les gens si sympathiques et ouverts et la poésie du pays m’ont parlé fort et du coup, quand on m’a proposé une expo à Berlin, ne connaissant pas j’ai répondu : oui. D’ailleurs, depuis je me suis rendu spontanément à Düsseldorf, Cologne, Vienne, pour voir. Et certes c’est très différent du continent américain, mais quel plaisir de voir les choses du passé, de l’histoire si vieille dans toute l’Europe !

Qu’avez-vous essayé de capter à Berlin ?
Face à Berlin, je me suis laissé aller sans projet précis. J’avais juste une dizaine de rouleaux et j’en ai acheté sur place une vingtaine tant ça m’a plu. On ne réfléchit pas en photo, on se laisse aller ! C’est le projet qui vous construit petit à petit, pas le contraire !

L’atmosphère de ce Berlin Ouest semble aride et froide, dénuée de poésie… Pourquoi ne pas vous être aventuré sur l’autre versant de la ville ?
L’Est de Berlin a déjà été beaucoup photographié : je n’aurais rien à ajouter de nouveau. Ça a déjà été très bien vu, notamment par notre maitre de la modernité, René Burri dans son livre Les Allemands, publié en même temps que Les Américains de Robert Frank ! Et puis mon cri de révolte anti-tyrannie faisait que je ne voulais pas aller voir ces lieux où les tyrans régnaient en monarques absolus. Enfin les gens étaient libérés de tout ce drame !

Le noir et blanc caractéristique de votre travail est ici sublimé. Il y a une lumière éclatante de blancheur et des ombres particulières sur ces clichés…
Cette lumière ensoleillée n’est pas si habituelle de Berlin que ça, je me doute qu’il ne fait pas toujours beau dans cette ville : là, c’est tombé comme ça, le destin. Il faisait beau, je ne pouvais tout de même pas changer le climat pour faire de la nostalgie ! Et cette lumière m’a finalement parlé et peut-être est–ce cela qui m’a fait photographier autant, me rendant compte qu’il se passait quelque chose d’étrange.

Berlin semble ici être une ville hypermoderne en mutation et tournée vers le futur : comment l’humain peut-il trouver sa place dans ce paysage urbain?
Mais il y a des gens ! Ce n’est pas la peine en photographie de faire du gros plan pour montrer à qui ressemblent les gens d’une ville ! On voit bien l’ambiance dans laquelle ils vivent ! Certes c’est « trop » moderne, je l’ai senti ça, puisque je l’ai photographié, mais c’est un peu une sorte de XXIe siècle de science-fiction ce Berlin-là, non ? Certes c’est pas humain au sens poétique, mais que faire ? Rester dans l’ambiance Est où les VoPos vous tiraient dessus ? Ne pas avoir le droit de porter des jeans et d’écouter Elvis Presley ? Alors si les allemands ont réagi ainsi en créant une ville trop moderne, c’est justement pour tout changer et vivre avec leur temps.

« C’est sans doute à midi, les Berlinois travaillent beaucoup, à l’américaine, adorant leur pays. Le moment de paix du rapide repas de la mi-journée crée ce genre d’ambiance : des gens lisent, d’autres profitent de ce beau temps sans doute si rare ! Ils sont assis, là, entre deux moments de bureau sans doute. Chacun pour soi, un petit arrêt dans le temps... »

ZUT_WEB_PLOSSU_2_620

Photo Bernard Plossu

« C’est une photo d’un lieu célèbre, la Postdamer Platz. Ce qui m’est apparu est le contraste fort entre le noir et le blanc. C’est ça, la photographie, une lumière qui parle… »

ZUT_WEB_PLOSSU_4_620

Photo Bernard Plossu

« Beaucoup de monde près de la gare… et passe une vieille Mercedes de l’époque où elles étaient si belles, ou alors voilà un peu de nostalgie ! Comme quoi, j’aime la nostalgie ! »

ZUT_WEB_PLOSSU_1_320

Photo Bernard Plossu

« C’est ma photo de Berlin préférée : on nage en plein science-fiction ! Car c’est une ville de science-fiction que j’ai vu, et comment ! Tellement que ça fait presque comic book des années 30, mais ici pour de vrai ! Cette image a tous les ingrédients de la “ville du futur”. »

Par Claire Tourdot

BERLIN, exposition de Bernard Plossu du 29 novembre au 31 décembre à la galerie Robert Doisneau du CCAM de Vandœuvre-les-Nancy.
www.centremalraux.com

BERLIN 2005, de Bernard Plossu et Jean-Claude Bailly aux éditions Médiapop.
www.mediapop.fr

François Leclerc, photo-graphi(st)e

Le by Zut alors dans la catégorie CULTURE, Exposition, Photographie, STRASBOURG | Laisser un commentaire  
P1050772bA6

François Leclerc, Runes, Série « Silences », 60×42 cm

Il apparaît que la peinture, le graphisme est la photographie ne sont parfois séparés que d’une fine pellicule. La preuve en images avec le travail du photographe François Leclerc.

On perçoit des références picturales et graphiques dans votre travail, ces deux domaines font-ils partie de votre parcours ? Si oui, comment en êtes-vous arrivé à la photographie ?
J’ai fait de la peinture dans les années 70, de l’aquarelle, de la gouache, de l’encre de Chine… Je dessinais plutôt des choses surréalistes, avec pour référence Max Ernst. Et je me suis acheté un appareil photo pour faire un book de mes images. Après je m’en suis servi parce que j’avais besoin parfois de détails pour les reproduire dans mes peintures. Et puis finalement, de proche en proche, j’ai fait de moins en moins de peinture et de plus en plus de photographie.

Sur la photo intitulée Runes (ci-dessus), les branches de maïs se transforment en modules graphiques comme « aquarellés ». La peinture s’invite dans photos. Finalement, vous alliez vos deux passions ?
Je dis toujours que je suis un peintre paresseux, parce que c’est pas une manière tout à fait classique de faire de la photo. Quoique dans l’histoire de la photographie, au XIXe, il y a déjà des gens qui ont fait des photos dans le sens peinture, des pictorialistes. On les a appelés comme-ça par la suite. Au départ, je n’avais aucune culture particulière de photographie. Je suis plus « graphie » que « photo ».

Au niveau du traitement de l’image, est-ce que vous effectuez des retouches ?
Très très peu. Parfois il y a des petites défauts, alors je les enlève. J’attache surtout de l’importance à la composition. Quand je photographie une ligne horizontale, il n’est pas sûr qu’en tenant l’appareil je serai parfaitement horizontal. Donc je redresse la ligne pour rectifier la composition. Je travaille également les contrastes.

Vous utilisez également le trompe-l’œil (avec la citerne et le grès pris de près, formant des paysages).
C’est l’imagination qui est présente au moment où je prends la photo. C’est un peu visionnaire. Évidemment que, si on voyait ce qu’il y a autour, on rêverait beaucoup moins ! La photo ce n’est plus la réalité. Elle est extraite de son contexte, donc à ce moment-là, on peut vous faire croire ce que l’on veut.

Comment qualifieriez-vous votre travail ?
J’ai lu une phrase de Marcel Duchamp qui disait : « C’est le regardeur qui fait le tableau ». Vous voyez, c’est un peu ça qu’on pourrait dire par rapport à ce que je fais.

Propos recueillis par Valentine Schroeter, François Leclerc, photographe – www.francoisleclerc.odexpo.com
Exposition permanente chez Pêle-Mêle
9 rue des Veaux à Strasbourg – www.pelemele.eu

François Leclerc, série "Silences", 60x42

François Leclerc, série « Silences », 60×42

ZUT_WEB_François Leclerc 2 copie

François Leclerc, série « Silences », 60×42

ZUT_WEB_François Leclerc 4

François Leclerc, Vol d’étourneaux, 60×42