Cathy Josefowitz : affect, espace et mouvement

ZUT_Web_CathyJosefowitzCathy Josefowitz n’a jamais cessé de s’affirmer en esprit libre : née à New York, cette cadette d’un trio de jeunes filles, quitte la Suisse où s’étaient installés ses parents à l’âge de 16 ans. Strasbourg, puis Paris, avant un retour aux États-Unis et un départ pour l’Angleterre à la fin des années 70, Cathy se déplace en quête de nouveaux horizons : le décor de théâtre, les Beaux-Arts et surtout la performance au contact de ses deux mentors, Steve Paxton et Mary Fulkerson, deux maîtres de la danse contemporaines.

Aujourd’hui c’est en fusionnant ses diverses pratiques, arts plastiques, danse et performance, qu’elle s’interroge avec l’architecte Lorenzo Piqueras, reconnu pour ses conceptions spatiales de grandes expositions et de musées dont la salle des États qui accueille la Joconde au Louvre, sur la notion d’espaces mouvants (émouvants ?) avec sa belle exposition Moving Walls. Peinture, espace et mouvement, l’interaction entre les arts est totale dans le cadre d’une installation-performance qui joue sur l’affect, avec une vraie approche sensorielle.

Du 09 au 16 juin à la FABRIKculture
60, rue de Bâle, à Hégenheim
www.fabrikculture.net

Du 10 au 16 juin à la galerie Thomas Knoell
Im Erasmushaus
Baeumleingasse 18, CH-4051 Bâle
www.thomasknoell.ch

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C(art)sino

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Dans le cadre de l’exposition Avant Première, l’équipe du Projet Bemberg transformera ce week-end la Chaufferie en Grand Casino, une exposition interactive dans laquelle les visiteurs auront l’occasion de gagner les œuvres de jeunes artistes par le biais de jeux de hasard installés au sein de la galerie. Quatre tables seront installées (roulette, craps, black jack, chuck luck). Les jetons seront échangés contre une (ou plusieurs) œuvre(s) de valeur égale aux gains.

En introduisant dans une galerie d’art un système de vente basé sur l’intuition et l’investissement, le Grand Casino Bemberg rejoue les codes du marché de l’art et apporte une réflexion nouvelle sur la confrontation entre artiste et institution.

Le 15 mars à 18h, à la Chaufferie, 5 rue de la Manufacture des Tabacs à Strasbourg

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Le freak, c’est chic

Vivienne Westwood, No 3, 2009 © Juergen Teller

Vivienne Westwood, No 3, 2009 © Juergen Teller

Passé maître dans l’art de photographier la mode avec une dérision frôlant le freak, Juergen Teller, photographe trublion travaille l’image avec un décalage certain. Quand le laid devient beau, quand la tendresse passe par l’intime, quand le n’importe quoi devient chic. D’origine allemande, il fait de Londres son terrain de jeu favori depuis 1986 où il expose en ce moment son travail autant commercial que purement artistique.

L’exposition intitulée Woo! à l’Institute of Contemporary Arts de Londres évoque d’emblée la surprise. Cet improviste là, où les yeux regardent l’interdit, l’étrange. On s’imagine alors Juergen Teller arrivant en coulisses, un appareil photo dans chaque main pour capter l’impossible, cette pose que l’on ne verrait pas s’il nous ne la donnait pas en spectacle. Photographe illustre des campagnes de Marc Jacobs et de Vivienne Westwood, il nous montre une mode qui ne se prend jamais au sérieux. Depuis ses premières images pour The Face et i-D, il impose un style depuis devenu coutumier : provoquer, amuser pour vendre. Un esprit grunge totalement assumé évoquant cet instant de tension où tout pourrait basculer : où l’intime côtoie le voyeurisme, où le naturel s’assimile à une mise à nu, où le laid approche l’horreur. Des aspects largement exposés à l’ICA.

Dans la première salle, impressionnante, s’affichent cinq photographies monumentales dont un triptyque désormais célèbre présentant Vivienne Westwood nue. L’excentricité de la créatrice tout comme son teint d’aspirine et sa chevelure flamboyante sont autant d’arguments qui avaient séduits Juergen Teller lors de sa rencontre avec elle, là devant nous, d’une beauté évidente presque royale. Vivienne Westwood, la soixantaine bien passée affiche ses formes tranchant fortement avec celle de mannequins, avec une fierté malicieuse. A sa gauche, Kurt Cobain est penché sur sa guitare qu’il pointe vers elle : une photographie en noir et blanc à l’énergie primitive propre au rock’n’roll. En face, un chaton est assis sur une terrasse. L’on se demande ce que cette dernière vient faire aux côtés de figures de la la mode et de la musique, s’amusant finalement de ce choix représentant la trinité du buzz contemporain : chat, nudité et rock’n’roll.

Kurt Cobain © Juergen Teller

Kurt Cobain © Juergen Teller

En face de ces photographies magistrales, sa série Irene im Wald sur la mère de Juergen Teller dans une forêt près de sa ville natale de Nuremberg, un travail rare sur l’importance de la famille et des racines.

Kate Moss © Juergen Teller, par ailleurs couve du Novo 7, à retrouver ici.

Kate Moss © Juergen Teller, par ailleurs couv’ du numéro 7 de Novo, à retrouver ici.

Björk © Juergen Teller

Björk © Juergen Teller

Dans la petite salle de l’ICA, l’on retrouve le travail commercial et éditorial de Juergen Teller : ses campagnes de publicité pour Céline, Puma, Marc Jacobs, ses photographies de Björk, Kate Moss, ses auto-portraits, notamment délirants dans la série Louis XV avec Charlotte Rampling entre bourgeoisie, tendresse et nudité débridée… Des centaines de photographies petit format tapissées sur les quatre coins du mur. Au fur et à mesure, l’on retrouve ses modèles devenus intimes d’année en année : il change très rarement ses sujets et développe des relations très personnelles avec ceux qu’il photographie. Un mode de travail particulier illustrant le malaise qu’il éprouve derrière son appareil, et donc, son besoin de pouvoir se fixer. Cette salle évoque des aller-retours constant entre ses aspirations personnelles et sa vie professionnelle, à tel point qu’on ne sait plus très bien où se situe la limite. Son travail commercial est envisagé comme un travail d’artiste.

L'une des nombreuses campagnes de pubs pour Marc Jacobs, réalisée par Juergen Teller avec Victoria Beckham, accro du shopping.

L’une des nombreuses campagnes de pubs pour Marc Jacobs, réalisées par Juergen Teller avec Victoria Beckham, accro du shopping.

Dernière salle, derniers grands formats : les photographies de son fils, Marc Jacobs derrière son bureau, hilare, un extrait d’une de ses campagnes délirantes réalisée avec Victoria Beckham, Lily Cole, autant de photographies croisées dans les magazines prenant une toute autre dimension de visu. Un extrait du travail de Juergen Teller construit comme une rétrospective abordant les différentes faces de ce photographe très cru dans sa manière de shooter, loin, très loin du politiquement correct.

Woo!, Juergen Teller, exposition à l’ICA jusqu’au 17 mars
The Mall, London SW1Y 5AH

Le by Cécile Becker dans la catégorie CULTURE, D'ailleurs, Exposition, Photographie, TENDANCES | 1 commentaire

Matthieu Stahl, Love Maps 21

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Matthieu Stahl © Eric Antoine

Le Musée des Beaux-Arts de Mulhouse accueille jusqu’au 24 mars, l’exposition Love Maps 21, qui dévoile le travail et la réflexion de Matthieu Stahl. L’artiste mulhousien, qui cumule les rôles de plasticien, musicien et président du Noumatrouff, expose ses œuvres d’influences Street Art, mixées par une énergie punk.

Matthieu Stahl nous présente une cartographie moderne des relations amoureuses actuelles, directement inspirées du Pays de Tendre de Madeleine de Scudéry, tiré de son roman Clélie, publié en 1656. Des relations qui seraient basées sur une égalité entre homme et femme.

Ses œuvres sont dévoilées sur des supports de toile, papier et carton, que Matthieu Stahl affectionne particulièrement.

L’exposition s’ouvre sur une représentation abstraite de la carte de Scudéry, pour ensuite nous conduire dans un univers urbain, teinté de rage, de fièvre, d’envie et de volupté.

On s’y promène comme dans une géographie, symbolisant les relations homme/femmes mais également les relations que l’artiste entretient avec sa peinture comme objet de désir et d’inspiration.

Au centre de l’exposition, comme au centre de la vie, se révèle un univers érotique, où l’artiste défend un droit au plaisir insoumis. La visite se termine par une représentation du parcours européen du plasticien,  allant de Londres à Berlin, en passant par Florence.

À l’occasion du vernissage de Love Maps 21, ce voyage à travers l’univers particulier, propre à l’artiste, a été apprécié par les nombreux visiteurs qui ont fait le déplacement. A noter l’apparition du chanteur Cali, qui était en concert le soir même à Mulhouse.

Par Roxane Ajerage et Aurélie Amblard

Lire le portrait de Matthieu Stahl dans Novo 23 (page 54)

L’exposition de Matthieu Stahl jusqu’au 24 mars au musée des Beaux-Arts, à Mulhouse
lovemaps21.tumblr.com

Le by Zut alors dans la catégorie CULTURE, Exposition, HAUT-RHIN | Laisser un commentaire  

Ailleurs mais bien ici

La salle bleue – pièce magistrale -, ancienne cave à vins, mise en sons et en lumières par l'artiste Jean-François Laporte avec son installation Tremblement de mer "Mutation" © Eric Antoine

Il fallait y être, et heureusement, il vous reste encore deux jours pour profiter des expositions et installations du festival de l’Ososphère, ce samedi agrémenté d’une deuxième nuit électronique. L’occasion de découvrir cette magistrale zone de La Coop par le prisme des arts numériques. Un parcours unique, des installations impressionnantes, une vision de Strasbourg réjouissante : une bouffée d’air frais.

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Le by Cécile Becker dans la catégorie Art numérique, CULTURE, Exposition, Geek, Musique, STRASBOURG | Laisser un commentaire