Le Prince Roy

La première exposition consacrée à Roy Lichtenstein à Beaubourg, en partenariat avec la Tate de Londres et l’Art Institute de Chicago retrace la carrière de l’artiste pop américain qui a toujours refusé de prendre son art au sérieux.

685.1971

Drowning Girl [Jeune femme se noyant],1963, Huile et Magna sur toile, 171,6 x 169,5 cm
The Museum of Modern Art, New York, Philip Johnson Fund (by exchange) and gift of Mr. and Mrs. Bagley Wright, 1971
© Estate of Roy Lichtenstein New York / ADAGP, Paris, 2013

La scénographie de l’exposition Lichtenstein à Beaubourg restitue toute la complexité d’une œuvre cachée derrière une apparente simplicité et légéreté. L’œuvre de Lichtenstein ne se réduit pas à l’esthétique du Comics de sa plus célèbre toile Whaam ! Si les couleurs vives, les contours appuyés et les points de trame sont devenus sa marque de fabrique, Roy Lichtenstein ne s’est pas pour autant cantonné à reproduire des cases de Comics comme celles de la revue Girl’s Romances – geste que ses contemporains lui ont souvent reproché. Son champs d’action va au-delà de la représentation en 2D d’une société agressée par les images commerciales et les icônes qu’elle impose. Ainsi, il abandonne rapidement ses premiers personnages – Mickey, Donald, Popeye – pour des figures anonymes qui véhiculent son sens de la forme et de la composition. Ces recherches vont le pousser à expérimenter différents matériaux : l’acrylique, l’émail, le Plexiglas ou encore le Mylar et ses effets cinétiques. Il se pose, là, comme un des premiers artistes post-modernes à proposer une lecture des avant-gardistes – Matisse, Picasso, Léger – tout en revenant à des sujets classiques tels que la nature morte ou le nu. Ses peintures et ses sculptures relèvent toutes de la même efficacité : un trait stylisé, net, efficace et trois couleurs récurrentes participent  à un fort coefficient visuel qui donne à ses œuvres une empreinte identifiable au premier coup d’œil.

Par VSG

Roy Lichtenstein jusqu’au 4 novembre 2013 au Centre Pompidou, à Paris.

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Emil Nolde, la couleur magnifiée

Emil Nolde, le tourbillon des motifs et des couleurs

Emil Nolde, le tourbillon des motifs et des couleurs

Au sein de expressionnistes allemands, Emil Nolde tient peut-être une place à part, notamment parce qu’il est le plus âgé de sa génération. Né en 1867, il avait entre 13 et 15 ans de plus que les autres membres de Die Brücke, le groupe pionnier fondé en 1905 à Dresde par Ernst Ludwig Kirchner, Erich Heckel, Fritz Bleyl et Karl Schmidt-Rottluff. Sa singularité vient également du fait qu’il s’est d’abord consacré à la sculpture et n’a commencé à peindre que tardivement, après avoir découvert les œuvres de Vincent van Gogh et Paul Gauguin à l’occasion d’expositions à Berlin et à Weimar. Il se distingue enfin à la fois par les thématiques qu’il développe, très éloignées des considérations urbaines de ses compagnons, le paysage et la nature, et par une approche de la couleur qui le conduit à systématiser l’emploi de tons purs, très marqués, lesquels se détachent de la toile avec une matérialité parfois saisissante.

Le titre de l’exposition que lui consacre le musée Frieder Burda, à Baden Baden, est à ce titre révélateur : La splendeur des couleurs. On y découvre le cheminement particulier d’un peintre, ami de Paul Klee et Edvard Munch, qui s’approprie son matériau pur, avant de laisser exploser toute sa créativité : du magnifique Meersstimmung à la quiétude infinie on passe en peu de temps aux expériences formelles très chargées des débuts de Die Brücke, avec des tentatives colorées à la limite de l’abstraction.

L’exposition s’attache aux Images non peintes de la période marquée par l’interdiction de peindre de 1938 à la fin de la Seconde Guerre mondiale de celui qui avait adhéré un temps au parti national-socialiste danois. Si les tableaux nous étaient familiers pour certains, on découvre au dernier niveau de l’exposition (à parcours de haut en bas), un certain nombre d’aquarelles bouleversantes d’émotion qui situent Emil Nolde comme l’un des plus grands aquarellistes du XXe : les fleurs, les paysages et même les portraits manifestent chez lui un juste équilibre en explosivité colorée et maîtrise de la composition. Il faut s’attacher aux sublimes Hohe See, Hochgebirge ou Meer mit Gewittehimmel qui rappellent par certains aspects la mystique de la couleur initiée par les membres de l’autre grand groupe expressionniste, le Blaue Reiter et des artistes comme Vassili Kandinsky et surtout Franz Marc. Dans sa version apaisée, presque domestiquée, la spiritualité n’est plus ni intellectualisée ni théorisée, elle est là, présente, de manière sensible et mesurée.

Jusqu’au 13 octobre, au Musée Frieder Burda à Baden Baden
www.museum-frieder-burda.de
Catalogue disponible sur place en allemand et en anglais.

Retrouvez notre dossier exposition La forme & au-delà dans toutes nos éditions papier de Zut !, Zut Strasbourg, Zut Lorraine et Zut Haut-Rhin.

Emil Nolde, Tropensonne, 1914, Ölfarben auf Leinwand 71 x 104,5 cm

Emil Nolde, Tropensonne, 1914, Ölfarben auf Leinwand, 71 x 104,5 cm

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Art, Wind & Fire

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Thomas Lanfranchi – Structure volante

Dans les forets de la Meuse, il ne pousse pas que des champignons, des fougères et des arbres centenaires ! Au détour des pistes boisées, on peut depuis 1997, également découvrir d’énigmatiques œuvres d’arts qui ont éclot au milieu de cet écrin de verdure.

A l’initiative de six villages de la région, Le Vent des Forêts invente un projet humain et culturel audacieux, où chaque année, de nouveaux artistes viennent renouveler les œuvres d’art de cette forêt qui prend des atours mystiques et féeriques. Cet espace d’art contemporain à ciel ouvert, situé dans l’arrondissement de Commercy engendre une alchimie rare entre la population, les 70 bénévoles de l’association et les artistes.

Le projet dessine une nouvelle façon de vivre la ruralité et de présenter les créations contemporaines, pour un public curieux qui peut fureter à loisir à travers les sept sentiers balisés (45 km en tout), proposant jusqu’à 5h de marche.

De juillet à fin septembre, sur 5 000 hectares de forêt, ce sont plus de 90 installations et sculptures qui sont visibles à ce jour, conçues avec des artistes à l’écoute du contexte forestier. Les 13 et 14 juillet seront inaugurées les sept nouvelles œuvres qui viennent enrichir la collection existante. Une occasion exceptionnelle pour les exposant et les promeneurs de se confronter de plain-pied aux questions du développement durable et de la défense de la nature. Parmi les intervenants du cru 2013, citons Julia Cottin (Fr), qui pour l’occasion explore les sous-sols de la forêt pour extraire une œuvre composée de cylindres sédimentaires. Le Néerlandais Maarten Vanden Eynde sera également de la partie, avec un assemblage sphérique monumental d’artefacts de la consommation courante, effigie stupéfiante de notre société. A ces actions à vocation pérennes, se greffent des animations ponctuelles comme les concerts des 12, 13 et 14 juillet dans les églises des villages de Ville-devant-Belrain, Nicey-sur-Aire et Dompcevrin.

Familles, club de randonneurs, écoles, amateurs d’art, visiteurs frontaliers ou vététistes… : le contexte du Vent des Forêts permet de rassembler une moyenne de 25 000 visiteurs par an et crée une dynamique liée au tourisme vert.

Pour accompagner la ballade et créer l’immersion totale, faîtes-vous une playlist thématique! Première pierre à l’édifice : La Foret de Lescop

Les Vents des Forêts, exposition à Fresnes-au-Mont et environs du 13 juillet à fin septembre
www.leventdesforets.org

Par Julien Pleis

Le by Zut alors dans la catégorie CULTURE, Exposition, LORRAINE | 1 commentaire

Rollin’ in the deep

La Biche au Bois 1/3 (2013) - Dorian Rollin

La Biche au Bois 1/3 (2013) – Dorian Rollin

Dorian Rollin, la cinquantaine sereine, travaille comme photographe indépendant dans l’édition, la pub ou l’architecture depuis 20 ans. Ce diplômé des Gobelins nous avait déjà fait partager son univers et son regard dans le portfolio de NOVO en 2009 à travers un road trip burkinabais aux accents jazzy.

Le travail personnel de Dorian Rollin s’articule majoritairement autour du portrait et du paysage urbain. Dans les deux cas la profondeur, qu’elle soit physique ou spirituelle, semble être le fer de lance de sa recherche. Cette profondeur est illustrée notamment dans sa série Paysages (2009). Ici l’Humain est présent sans jamais devenir une « personne » ou personnage central. Une mise en scène qui fait écho au monde contemporain ou l’Homme est partout et impose sa volonté jusque dans les territoires les plus reculés.

Série Paysages (2009) - Dorian Rollin

Série Paysages (2009) – Dorian Rollin

Avec pour envie de changer du train-train de la carrière solo, il a rejoint il y a environ un an et demi le collectif photographique Chambre A Part. Créée en 1991 à Strasbourg, cette association fait cohabiter des artistes de sensibilité différente, ne partageant pas forcément la même esthétique mais désireux de confronter leur passion commune pour la photo… C’est ainsi que Dorian a pu se frotter aux joies du travail de groupe et à l’émulation créatrice qui en découle tout en opérant une vraie scission avec son parcours solitaire dans la photographie.

A partir de clichés pris entre 2011 et 2012 le collectif Chambre A Part et la ville de Haguenau ont fait naître le projet « Haguenau la Foret Vivante » : explorer, sous l’œil de chaque artiste, la forêt et toutes ses dimensions, ses contradictions. Tour à tour effrayante, séduisante, féerique, luxuriante, étrange, ou mélancolique.

D’avril 2013 à mai 2014 l’exposition publique issue de cette entreprise vise a confronter Dame Nature et ville des Hommes, notions souvent antinomiques, aux yeux de tous. La scénographie interpellant ainsi passants et habitants, dans un jeu de confrontation entre patrimoine forestier et patrimoine architectural de la cité.

Là où la majorité de ses co-exposants ont pris le parti de la mise en avant de l‘aspect graphique qu’offrent les sous bois Haguenoviens, Dorian Rollin lui, a imaginé et réalisé avec la costumière Carole Birling, un projet emprunt d’imaginaire, inspiré du conte « La Biche Au Bois » de Mme d’Aulnoy, mêlé d’onirisme, de souvenirs enfantins, ouvrant une dimension nouvelle, peut être plus introspective. Un angle d’attaque en complète rupture avec ses habitudes et obsessions photographiques précédentes, où il capturait l’essence de ses sujets avec une distance pudique.

La Biche au Bois 1/3 (2013) - Dorian Rollin

La Biche au Bois 2/3 (2013) – Dorian Rollin

«..dans la forêt, se retrouver au détour d’un chemin
et se souvenir des contes et histoires que nous lisaient nos parents,
se souvenir aussi de nos peurs et émerveillements mêlés.» – Dorian Rollin.

La Forêt Vivante, exposition urbaine, d’avril 2013 a mai 2014, plusieurs lieux, Haguenau.
www.ville-haguenau.fr/la-foret-vivante-0
www.chambreapart.org
dorianrollin.blogspot.fr

Par Julien Pleis

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Cathy Josefowitz : affect, espace et mouvement

ZUT_Web_CathyJosefowitzCathy Josefowitz n’a jamais cessé de s’affirmer en esprit libre : née à New York, cette cadette d’un trio de jeunes filles, quitte la Suisse où s’étaient installés ses parents à l’âge de 16 ans. Strasbourg, puis Paris, avant un retour aux États-Unis et un départ pour l’Angleterre à la fin des années 70, Cathy se déplace en quête de nouveaux horizons : le décor de théâtre, les Beaux-Arts et surtout la performance au contact de ses deux mentors, Steve Paxton et Mary Fulkerson, deux maîtres de la danse contemporaines.

Aujourd’hui c’est en fusionnant ses diverses pratiques, arts plastiques, danse et performance, qu’elle s’interroge avec l’architecte Lorenzo Piqueras, reconnu pour ses conceptions spatiales de grandes expositions et de musées dont la salle des États qui accueille la Joconde au Louvre, sur la notion d’espaces mouvants (émouvants ?) avec sa belle exposition Moving Walls. Peinture, espace et mouvement, l’interaction entre les arts est totale dans le cadre d’une installation-performance qui joue sur l’affect, avec une vraie approche sensorielle.

Du 09 au 16 juin à la FABRIKculture
60, rue de Bâle, à Hégenheim
www.fabrikculture.net

Du 10 au 16 juin à la galerie Thomas Knoell
Im Erasmushaus
Baeumleingasse 18, CH-4051 Bâle
www.thomasknoell.ch

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