Art, Wind & Fire

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Thomas Lanfranchi – Structure volante

Dans les forets de la Meuse, il ne pousse pas que des champignons, des fougères et des arbres centenaires ! Au détour des pistes boisées, on peut depuis 1997, également découvrir d’énigmatiques œuvres d’arts qui ont éclot au milieu de cet écrin de verdure.

A l’initiative de six villages de la région, Le Vent des Forêts invente un projet humain et culturel audacieux, où chaque année, de nouveaux artistes viennent renouveler les œuvres d’art de cette forêt qui prend des atours mystiques et féeriques. Cet espace d’art contemporain à ciel ouvert, situé dans l’arrondissement de Commercy engendre une alchimie rare entre la population, les 70 bénévoles de l’association et les artistes.

Le projet dessine une nouvelle façon de vivre la ruralité et de présenter les créations contemporaines, pour un public curieux qui peut fureter à loisir à travers les sept sentiers balisés (45 km en tout), proposant jusqu’à 5h de marche.

De juillet à fin septembre, sur 5 000 hectares de forêt, ce sont plus de 90 installations et sculptures qui sont visibles à ce jour, conçues avec des artistes à l’écoute du contexte forestier. Les 13 et 14 juillet seront inaugurées les sept nouvelles œuvres qui viennent enrichir la collection existante. Une occasion exceptionnelle pour les exposant et les promeneurs de se confronter de plain-pied aux questions du développement durable et de la défense de la nature. Parmi les intervenants du cru 2013, citons Julia Cottin (Fr), qui pour l’occasion explore les sous-sols de la forêt pour extraire une œuvre composée de cylindres sédimentaires. Le Néerlandais Maarten Vanden Eynde sera également de la partie, avec un assemblage sphérique monumental d’artefacts de la consommation courante, effigie stupéfiante de notre société. A ces actions à vocation pérennes, se greffent des animations ponctuelles comme les concerts des 12, 13 et 14 juillet dans les églises des villages de Ville-devant-Belrain, Nicey-sur-Aire et Dompcevrin.

Familles, club de randonneurs, écoles, amateurs d’art, visiteurs frontaliers ou vététistes… : le contexte du Vent des Forêts permet de rassembler une moyenne de 25 000 visiteurs par an et crée une dynamique liée au tourisme vert.

Pour accompagner la ballade et créer l’immersion totale, faîtes-vous une playlist thématique! Première pierre à l’édifice : La Foret de Lescop

Les Vents des Forêts, exposition à Fresnes-au-Mont et environs du 13 juillet à fin septembre
www.leventdesforets.org

Par Julien Pleis

Le by Zut alors dans la catégorie CULTURE, Exposition, LORRAINE | 1 commentaire

Rollin’ in the deep

La Biche au Bois 1/3 (2013) - Dorian Rollin

La Biche au Bois 1/3 (2013) – Dorian Rollin

Dorian Rollin, la cinquantaine sereine, travaille comme photographe indépendant dans l’édition, la pub ou l’architecture depuis 20 ans. Ce diplômé des Gobelins nous avait déjà fait partager son univers et son regard dans le portfolio de NOVO en 2009 à travers un road trip burkinabais aux accents jazzy.

Le travail personnel de Dorian Rollin s’articule majoritairement autour du portrait et du paysage urbain. Dans les deux cas la profondeur, qu’elle soit physique ou spirituelle, semble être le fer de lance de sa recherche. Cette profondeur est illustrée notamment dans sa série Paysages (2009). Ici l’Humain est présent sans jamais devenir une « personne » ou personnage central. Une mise en scène qui fait écho au monde contemporain ou l’Homme est partout et impose sa volonté jusque dans les territoires les plus reculés.

Série Paysages (2009) - Dorian Rollin

Série Paysages (2009) – Dorian Rollin

Avec pour envie de changer du train-train de la carrière solo, il a rejoint il y a environ un an et demi le collectif photographique Chambre A Part. Créée en 1991 à Strasbourg, cette association fait cohabiter des artistes de sensibilité différente, ne partageant pas forcément la même esthétique mais désireux de confronter leur passion commune pour la photo… C’est ainsi que Dorian a pu se frotter aux joies du travail de groupe et à l’émulation créatrice qui en découle tout en opérant une vraie scission avec son parcours solitaire dans la photographie.

A partir de clichés pris entre 2011 et 2012 le collectif Chambre A Part et la ville de Haguenau ont fait naître le projet « Haguenau la Foret Vivante » : explorer, sous l’œil de chaque artiste, la forêt et toutes ses dimensions, ses contradictions. Tour à tour effrayante, séduisante, féerique, luxuriante, étrange, ou mélancolique.

D’avril 2013 à mai 2014 l’exposition publique issue de cette entreprise vise a confronter Dame Nature et ville des Hommes, notions souvent antinomiques, aux yeux de tous. La scénographie interpellant ainsi passants et habitants, dans un jeu de confrontation entre patrimoine forestier et patrimoine architectural de la cité.

Là où la majorité de ses co-exposants ont pris le parti de la mise en avant de l‘aspect graphique qu’offrent les sous bois Haguenoviens, Dorian Rollin lui, a imaginé et réalisé avec la costumière Carole Birling, un projet emprunt d’imaginaire, inspiré du conte « La Biche Au Bois » de Mme d’Aulnoy, mêlé d’onirisme, de souvenirs enfantins, ouvrant une dimension nouvelle, peut être plus introspective. Un angle d’attaque en complète rupture avec ses habitudes et obsessions photographiques précédentes, où il capturait l’essence de ses sujets avec une distance pudique.

La Biche au Bois 1/3 (2013) - Dorian Rollin

La Biche au Bois 2/3 (2013) – Dorian Rollin

«..dans la forêt, se retrouver au détour d’un chemin
et se souvenir des contes et histoires que nous lisaient nos parents,
se souvenir aussi de nos peurs et émerveillements mêlés.» – Dorian Rollin.

La Forêt Vivante, exposition urbaine, d’avril 2013 a mai 2014, plusieurs lieux, Haguenau.
www.ville-haguenau.fr/la-foret-vivante-0
www.chambreapart.org
dorianrollin.blogspot.fr

Par Julien Pleis

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Cathy Josefowitz : affect, espace et mouvement

ZUT_Web_CathyJosefowitzCathy Josefowitz n’a jamais cessé de s’affirmer en esprit libre : née à New York, cette cadette d’un trio de jeunes filles, quitte la Suisse où s’étaient installés ses parents à l’âge de 16 ans. Strasbourg, puis Paris, avant un retour aux États-Unis et un départ pour l’Angleterre à la fin des années 70, Cathy se déplace en quête de nouveaux horizons : le décor de théâtre, les Beaux-Arts et surtout la performance au contact de ses deux mentors, Steve Paxton et Mary Fulkerson, deux maîtres de la danse contemporaines.

Aujourd’hui c’est en fusionnant ses diverses pratiques, arts plastiques, danse et performance, qu’elle s’interroge avec l’architecte Lorenzo Piqueras, reconnu pour ses conceptions spatiales de grandes expositions et de musées dont la salle des États qui accueille la Joconde au Louvre, sur la notion d’espaces mouvants (émouvants ?) avec sa belle exposition Moving Walls. Peinture, espace et mouvement, l’interaction entre les arts est totale dans le cadre d’une installation-performance qui joue sur l’affect, avec une vraie approche sensorielle.

Du 09 au 16 juin à la FABRIKculture
60, rue de Bâle, à Hégenheim
www.fabrikculture.net

Du 10 au 16 juin à la galerie Thomas Knoell
Im Erasmushaus
Baeumleingasse 18, CH-4051 Bâle
www.thomasknoell.ch

Le by Emmanuel Abela dans la catégorie CULTURE, Exposition | Laisser un commentaire  

C(art)sino

boite redim

Dans le cadre de l’exposition Avant Première, l’équipe du Projet Bemberg transformera ce week-end la Chaufferie en Grand Casino, une exposition interactive dans laquelle les visiteurs auront l’occasion de gagner les œuvres de jeunes artistes par le biais de jeux de hasard installés au sein de la galerie. Quatre tables seront installées (roulette, craps, black jack, chuck luck). Les jetons seront échangés contre une (ou plusieurs) œuvre(s) de valeur égale aux gains.

En introduisant dans une galerie d’art un système de vente basé sur l’intuition et l’investissement, le Grand Casino Bemberg rejoue les codes du marché de l’art et apporte une réflexion nouvelle sur la confrontation entre artiste et institution.

Le 15 mars à 18h, à la Chaufferie, 5 rue de la Manufacture des Tabacs à Strasbourg

Le by Zut ! dans la catégorie CULTURE, Exposition, STRASBOURG | Laisser un commentaire  

Le freak, c’est chic

Vivienne Westwood, No 3, 2009 © Juergen Teller

Vivienne Westwood, No 3, 2009 © Juergen Teller

Passé maître dans l’art de photographier la mode avec une dérision frôlant le freak, Juergen Teller, photographe trublion travaille l’image avec un décalage certain. Quand le laid devient beau, quand la tendresse passe par l’intime, quand le n’importe quoi devient chic. D’origine allemande, il fait de Londres son terrain de jeu favori depuis 1986 où il expose en ce moment son travail autant commercial que purement artistique.

L’exposition intitulée Woo! à l’Institute of Contemporary Arts de Londres évoque d’emblée la surprise. Cet improviste là, où les yeux regardent l’interdit, l’étrange. On s’imagine alors Juergen Teller arrivant en coulisses, un appareil photo dans chaque main pour capter l’impossible, cette pose que l’on ne verrait pas s’il nous ne la donnait pas en spectacle. Photographe illustre des campagnes de Marc Jacobs et de Vivienne Westwood, il nous montre une mode qui ne se prend jamais au sérieux. Depuis ses premières images pour The Face et i-D, il impose un style depuis devenu coutumier : provoquer, amuser pour vendre. Un esprit grunge totalement assumé évoquant cet instant de tension où tout pourrait basculer : où l’intime côtoie le voyeurisme, où le naturel s’assimile à une mise à nu, où le laid approche l’horreur. Des aspects largement exposés à l’ICA.

Dans la première salle, impressionnante, s’affichent cinq photographies monumentales dont un triptyque désormais célèbre présentant Vivienne Westwood nue. L’excentricité de la créatrice tout comme son teint d’aspirine et sa chevelure flamboyante sont autant d’arguments qui avaient séduits Juergen Teller lors de sa rencontre avec elle, là devant nous, d’une beauté évidente presque royale. Vivienne Westwood, la soixantaine bien passée affiche ses formes tranchant fortement avec celle de mannequins, avec une fierté malicieuse. A sa gauche, Kurt Cobain est penché sur sa guitare qu’il pointe vers elle : une photographie en noir et blanc à l’énergie primitive propre au rock’n’roll. En face, un chaton est assis sur une terrasse. L’on se demande ce que cette dernière vient faire aux côtés de figures de la la mode et de la musique, s’amusant finalement de ce choix représentant la trinité du buzz contemporain : chat, nudité et rock’n’roll.

Kurt Cobain © Juergen Teller

Kurt Cobain © Juergen Teller

En face de ces photographies magistrales, sa série Irene im Wald sur la mère de Juergen Teller dans une forêt près de sa ville natale de Nuremberg, un travail rare sur l’importance de la famille et des racines.

Kate Moss © Juergen Teller, par ailleurs couve du Novo 7, à retrouver ici.

Kate Moss © Juergen Teller, par ailleurs couv’ du numéro 7 de Novo, à retrouver ici.

Björk © Juergen Teller

Björk © Juergen Teller

Dans la petite salle de l’ICA, l’on retrouve le travail commercial et éditorial de Juergen Teller : ses campagnes de publicité pour Céline, Puma, Marc Jacobs, ses photographies de Björk, Kate Moss, ses auto-portraits, notamment délirants dans la série Louis XV avec Charlotte Rampling entre bourgeoisie, tendresse et nudité débridée… Des centaines de photographies petit format tapissées sur les quatre coins du mur. Au fur et à mesure, l’on retrouve ses modèles devenus intimes d’année en année : il change très rarement ses sujets et développe des relations très personnelles avec ceux qu’il photographie. Un mode de travail particulier illustrant le malaise qu’il éprouve derrière son appareil, et donc, son besoin de pouvoir se fixer. Cette salle évoque des aller-retours constant entre ses aspirations personnelles et sa vie professionnelle, à tel point qu’on ne sait plus très bien où se situe la limite. Son travail commercial est envisagé comme un travail d’artiste.

L'une des nombreuses campagnes de pubs pour Marc Jacobs, réalisée par Juergen Teller avec Victoria Beckham, accro du shopping.

L’une des nombreuses campagnes de pubs pour Marc Jacobs, réalisées par Juergen Teller avec Victoria Beckham, accro du shopping.

Dernière salle, derniers grands formats : les photographies de son fils, Marc Jacobs derrière son bureau, hilare, un extrait d’une de ses campagnes délirantes réalisée avec Victoria Beckham, Lily Cole, autant de photographies croisées dans les magazines prenant une toute autre dimension de visu. Un extrait du travail de Juergen Teller construit comme une rétrospective abordant les différentes faces de ce photographe très cru dans sa manière de shooter, loin, très loin du politiquement correct.

Woo!, Juergen Teller, exposition à l’ICA jusqu’au 17 mars
The Mall, London SW1Y 5AH

Le by Cécile Becker dans la catégorie CULTURE, D'ailleurs, Exposition, Photographie, TENDANCES | 1 commentaire