Matthieu Stahl, Love Maps 21

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Matthieu Stahl © Eric Antoine

Le Musée des Beaux-Arts de Mulhouse accueille jusqu’au 24 mars, l’exposition Love Maps 21, qui dévoile le travail et la réflexion de Matthieu Stahl. L’artiste mulhousien, qui cumule les rôles de plasticien, musicien et président du Noumatrouff, expose ses œuvres d’influences Street Art, mixées par une énergie punk.

Matthieu Stahl nous présente une cartographie moderne des relations amoureuses actuelles, directement inspirées du Pays de Tendre de Madeleine de Scudéry, tiré de son roman Clélie, publié en 1656. Des relations qui seraient basées sur une égalité entre homme et femme.

Ses œuvres sont dévoilées sur des supports de toile, papier et carton, que Matthieu Stahl affectionne particulièrement.

L’exposition s’ouvre sur une représentation abstraite de la carte de Scudéry, pour ensuite nous conduire dans un univers urbain, teinté de rage, de fièvre, d’envie et de volupté.

On s’y promène comme dans une géographie, symbolisant les relations homme/femmes mais également les relations que l’artiste entretient avec sa peinture comme objet de désir et d’inspiration.

Au centre de l’exposition, comme au centre de la vie, se révèle un univers érotique, où l’artiste défend un droit au plaisir insoumis. La visite se termine par une représentation du parcours européen du plasticien,  allant de Londres à Berlin, en passant par Florence.

À l’occasion du vernissage de Love Maps 21, ce voyage à travers l’univers particulier, propre à l’artiste, a été apprécié par les nombreux visiteurs qui ont fait le déplacement. A noter l’apparition du chanteur Cali, qui était en concert le soir même à Mulhouse.

Par Roxane Ajerage et Aurélie Amblard

Lire le portrait de Matthieu Stahl dans Novo 23 (page 54)

L’exposition de Matthieu Stahl jusqu’au 24 mars au musée des Beaux-Arts, à Mulhouse
lovemaps21.tumblr.com

Le by Zut alors dans la catégorie CULTURE, Exposition, HAUT-RHIN | Laisser un commentaire  

Ailleurs mais bien ici

La salle bleue – pièce magistrale -, ancienne cave à vins, mise en sons et en lumières par l'artiste Jean-François Laporte avec son installation Tremblement de mer "Mutation" © Eric Antoine

Il fallait y être, et heureusement, il vous reste encore deux jours pour profiter des expositions et installations du festival de l’Ososphère, ce samedi agrémenté d’une deuxième nuit électronique. L’occasion de découvrir cette magistrale zone de La Coop par le prisme des arts numériques. Un parcours unique, des installations impressionnantes, une vision de Strasbourg réjouissante : une bouffée d’air frais.

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Le by Cécile Becker dans la catégorie Art numérique, CULTURE, Exposition, Geek, Musique, STRASBOURG | Laisser un commentaire  

De la photographie au naturel

Pour la 17ème année consécutive, le prix HSBC pour la photographie aide et promeut la nouvelle génération de photographes en récompensant deux artistes au regard singulier. L’Arsenal expose cette année les œuvres des deux lauréats : Leonora Hamill et Eric Pillot, deux photographes aux visions opposées mais qui s’attachent au naturel des photographies.

Drawing I Hanoi de Leonora Hamill

Au terme de l’analyse des travaux de 500 personnes et du visionnage de plus de 10 000 images, le conseiller artistique désigné cette année : Rafael Doctor Roncero, historien d’art à Madrid, a sélectionné 13 artistes explorant à leur manière le langage photographique contemporain. Le comité exécutif a ensuite choisi deux lauréats qui exposent le fruit de leur travail à Paris et en région et profitent de la parution d’une édition monographique. Les heureux élus de cette nouvelle édition Leonora Hamill et Eric Pillot ont proposé deux interprétations aux connotations naturelles.
La première, franco-britannique ayant profité d’une résidence au centre hospitalier de Rouffach, prend garde à ne jamais manipuler le réel et s’interdit toute intervention, elle laisse ainsi parler le naturel des images. Entre Cuba, l’Espagne, le Maroc, la France, l’Allemagne, ou encore le Vietnam, Leonora Hamill a planté sa chambre dans des environnements où l’homme a laissé sa trace et a appuyé sur le déclencheur devant ce qui pourrait s’apparenter à des natures mortes dans sa série Art in Progress.
Le second, quant à lui, pose la question de la place de l’homme dans la nature dans In Situ. Après avoir notamment travaillé aux côtés de Bernard Plossu, Eric Pillot a développé une réflexion autour formes, des ombres et des lumières, il utilise l’esthétique du numérique pour suggérer un questionnement chez le spectateur.

Prix HSBC pour la photographie, lauréats 2012, exposition du 31 août au 30 septembre – vernissage le 7 septembre en présence des artistes, à l’Arsenal à Metz, 3, avenue Ney.

Le by Cécile Becker dans la catégorie CULTURE, Exposition, LORRAINE, Photographie | Laisser un commentaire  

Lèche-vitrine culturel

Je vous entends d’ici :  » Ca y est les soldes sont finies, plus rien à se mettre sous la dent ! « . La shoppeuse accro et à cran que vous êtes, dégoteuse d’ultimes bonnes affaires commence déjà à faire grise mine avant même d’avoir pris le soleil…

Et si pour une fois on faisait du lèche-vitrine intelligent, celui qui se replace aisément dans toutes les conversations bobos, et peut même provoquer un sujet trendy-polémique – ça change des prévisions météo et des J.O. Le remède déculpabilisant contre votre énième virée shopping !

Les Galeries Lafayette Strasbourg, temple de la mode et de la tentation invitent encore pour quelques jours la création dans ses vitrines. Avec Strasbourg & Création, pas besoin de franchir le seuil du grand magasin pour se cultiver. Non. Jusqu’au 4 août, le Musée d’art Moderne et Contemporain, le FRAC Alsace et le CEAAC investissent les lieux, alpaguent le passant initié ou titillent simplement la curiosité du badaud néophyte !

 

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Le by Caroline Lévy dans la catégorie CULTURE, Exposition, Shopping, TENDANCES | 1 commentaire

Gerhard Richter : la nécessité de l’acte créateur

En complément du dossier que nous avons consacré aux expositions estivales du Grand Est dans les éditions Zut ! Strasbourg et Lorraine, nous sommes allés voir la rétrospective Gerhard Richter au Centre Pompidou, à Paris.

Le fait qu’il soit né à Dresde et qu’il y ait vécu jusqu’à la destruction de la ville par les troupes alliées en février 1945 explique-t-il la démarche de Gerhard Richter qui vise à créer du néant à partir de l’image figurée et de faire naître de ce néant la sensation ?

Le raccourci existe, mais il n’explique pas tout. Il y a quelque chose de troublant à parcourir les salles de l’exposition rétrospective à Beaubourg. La diversité des approches plastiques constitue une vaste démonstration des étonnantes possibilités de ce plasticien surdoué. Lequel, parti du pop pour atteindre l’hyperréalisme, a disserté allégrement sur les liens ténus entre figuration et abstraction, et entre apparence et représentation, jouant sur des effets de netteté et de flou avec une aisance déconcertante.

Cependant, cette rétrospective semble vaine – comme toute rétrospective du célèbre peintre, d’ailleurs – dans la mesure où elle cherche à circonscrire sur la durée ce qui est de l’ordre de la démarche très ponctuelle. La scénographie cherche à confronter des œuvres de périodes différentes et à asseoir des thématiques ; malheureusement, elle annule certains effets.

Il aurait été préférable d’isoler certains instants qui valent pour eux-mêmes plutôt que de les mêler à d’autres. À cet égard, l’une des séries les plus troublantes consacrées aux figures de la R.A.F. se révèle dans toute son intensité, sublime de noirceur et chargée de mémoire, parce que mise à l’écart, soustraite à la couleur environnante et soumise à une forme de recueillement ému.

Contre toute attente, tout comme ses œuvres, Gerhard Richter échappe au regard. Il est incontestablement le plus grand peintre de son époque, mais un peintre qui ne cherche pas à faire œuvre et c’est peut être dans un second temps que cet aspect de sa personnalité se révèle dans toute son intimité. Le Crâne (Schädel, 1983) qui a fait sa célébrité dit la Vanité au sens classique du terme, elle dit surtout la vanité de l’acte créateur et dans un élan mélancolique la nécessité même de cet acte créateur.

En rupture avec la vision duchampienne de l’art qui a prévalu durant près d’un siècle – à savoir que tout homme peut devenir artiste – et dont Richter est aussi l’héritier via le pop art de ses débuts, l’artiste pour Richter est celui qui prend conscience de cette vanité-là. À l’heure de la perte des repères plastiques et d’une surenchère formelle qui tend à l’événementiel veule – c’est aujourd’hui à qui en fout plein la vue ! –, cette prise de conscience n’est pas le moindre des héritages. En cela, Richter est grand, très grand, il est même absolument essentiel.

Jusqu’au 24 septembre au Centre Pompidou, à Paris
www.centrepompidou.fr


Œuvres :

Betty [Betty]1988
Huile sur toile
102 x 72 cm
Saint Louis Art Museum

Strip
2011
Impression numérique sur papier
contrecollée sur aluminium et sous Plexiglas (diasec)
200 x 440 cm
Collection particulière

Gerhard Richter, le film : La réalisatrice Corinna Belz a passé six mois dans l’atelier de Gerhard Richter pour produire un film d’un peu plus d’une heure trente. Si l’on peut regretter l’absence d’angle véritable et cette manière très agaçante de chercher à faire parler le peintre des instants douloureux de sa vie – le fait qu’il n’ait jamais revu ses parents bloqués en Allemagne de l’Est par exemple –, on y découvre de très belles scène en revanche sur la geste picturale de cet artiste hors norme : on le voit poser le motif, puis déconstruire ce motif à coups de passages à la raclette. On le voit douter d’un résultat dont il avait pourtant anticipé les effets, gêné par la présence intrusive du cameraman – à ce titre, un autre dispositif plus souple lui aurait permis de s’exprimer sans se sentir observé dans sa démarche –, mais on le voit poursuivre inlassablement son “travail” d’artiste dans la perspective d’une exposition à New York. Le film révèle des aspects de sa personnalité, une grande générosité compensée par une grande retenue, et surtout la persévérance qui fait de lui l’artiste qu’il est.

Dans les bonus, on privilégiera l’extrême élégance et l’humour du commissaire d’exposition et critique d’art Hans Ulrich Obrist, et on occultera le discours pédant, agaçant à plus d’un titre, du supposé critique Benjamin H.D. Buchloh.

Gerhard Richter Painting de Corinna Belz, DVD Pretty Pictures

Le by Emmanuel Abela dans la catégorie CULTURE, Exposition | Laisser un commentaire