Drogues Store

Ancien de Libération, cofondateur du site d’information Rue89, actuellement rédacteur en chef aux Inrockuptibles, Arnaud Aubron publie un dictionnaire rock, érudit et ludique, consacré aux drogues.

Dans un pays où l’alcool, drogue nationale par excellence, causait en 2008 un peu moins de 30% des accidents mortels sur les routes (Source : ONISR) et qu’il est estimé que 28 % des violences conjugales sont liées à sa consommation (Source : OFDT); cannabis et autres champignons hallucinogènes restent diabolisés sans qu’aucun argument rationnel ne vienne appuyer l’interdiction de produits plus que d’autres. On parle volontiers de LA drogue en oubliant que café, cigarette ou noix de muscade en font également partie. Les usages thérapeutiques de certaines substances sont tout bonnement laissés de côté alors que les antidépresseurs, dont les Français sont les premiers consommateurs en Europe, défoncent légalement quelques centaines de milliers de travailleurs à bout ou ménagères désœuvrées.

De A comme Abstinence à Z comme Zoo en passant par Deux Feuilles, l’auteur dresse un panorama du monde des drogues aussi bien sous son aspect historique que scientifique, politique ou philosophique. Sans tabou ni complaisance, retour sur une guerre de quarante ans qui aura vu une explosion de la consommation et des mafias qui se frottent les mains d’une telle prohibition. Un retour éclairant sur les pratiques, les légendes, sur le rôle des états, dealer selon les circonstances, sur ces  « produits dont la seule définition est celle d’être un produit inscrit sur une liste dite “des stupéfiants” ».

Arnaud Aubron, Drogues Store – Dictionnaire rock, historique et politique des drogues
Éditions Don Quichotte (396 pages)

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Huit petits débordements

L’Agence Culturelle d’Alsace présente Huit Débordements, une série de textes à l’origine d’un atelier d’écriture sous la direction de Philippe Napoletano.

Centré sur le thème du dialogue comme acte d’exploration de l’être, cet atelier dramatique s’était tenu en 2010 et neuf écrivains s’étaient réunis afin de tenter de définir deux personnes représentant l’être social pour l’une et l’être profond pour l’autre.

Avec ces neuf enregistrements audio, un face à face oppose le décor et la situation. Cette découverte permet de faire émerger conflit ou accord. Chaque pièce est introduite par Dominique Zins, un amateur d’art et de littérature, curieux invétéré. Nous l’entendons dans un prologue plein de conviction, détermination par le mot et la bande son qui l’accompagne. Entre chaque texte, des choeurs créent un fil presque invisible amenant ou même commentant chaque « petit débordement ». À la couleur du texte auquel ils sont rattachés, on parlera alors Coma, Danse, Chômage ou encore Fête.

Ce projet commun fait l’objet d’une publication audio présentée dans un recueil publié par l’Agence Culturelle D’Alsace.

Huit petits débordements ont été mis en voix sous la direction de Dominique Guibbert, créatrice de la pièce : Alors j’étais mort et je vous observais.

Ces CD Audio/Théâtre orientent l’individu vers la création littéraire, il s’agit d’une peinture des stimulations des capacités artistiques de chaque écrivain.

Disponible gratuitement

Agence Culturelle d’Alsace, Département spectacle vivant – 03 88 58 87 58

Yassine Khelfa M’Sabah

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Une heure avec Michel Houellebecq

Michel Houellebecq était au Consortium à Dijon (2 petites heures de TGV depuis Strasbourg) pour le vernissage de l’exposition imaginée par Stéphanie Moisdon après la lecture de son dernier roman La carte et le territoire. Nous ne pouvions pas passer à côté de la possibilité d’une rencontre avec le plus visionnaire des écrivains français. Interview exclusive “houellebecquienne” à découvrir dans le prochain numéro du magazine Novo (sortie mi-juin).
Photo : Michel Houellebecq photographié en train de photographier l’exposition “Le Monde comme volonté et comme papier peint” au Consortium à Dijon.

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MIAM les livres MAMCS sur la Toile !

Le printemps, on l’attend toujours hein… Résultat, au lieu de gambader pieds nus à l’Orangerie, nous voilà cloîtrés à la maison avec notre bon vieux plaid, chocolat chaud à la main et pyjama en mohair. Il est beau le printemps. Et que faire alors que le gris ambiant menace de nous faire tomber le ciel sur la tête ? Regarder la télé ? A quoi ça sert ? Top Chef, c’est terminé non ? C’est l’autre déjà plein aux as et plein de cheveux qui a gagné. Ah oui, c’est vrai. Lire ? Oui mais pas n’importe quoi. Lire de beaux objets d’art que l’on peut trouver dans les musées par exemple. Ah non ! Pas question de se déplacer, affronter la pluie pour aller acheter un bouquin ! Zut alors… Flemmards, frileux, internautes, vous êtes sauvés. La librairie du Musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg vient de sortir un beau site où l’on peut naviguer entre ses collections Art Moderne, Art Contemporain, Illustration, Design ou encore Mode, commander et se faire livrer, sans sortir un doigt de pied du plaid. De quoi occuper ces dernières journées d’hiver et ses sorties au parc dans un futur -on l’espère- proche.

Librairie du MAMCS en ligne

MAMCS
1, place Jean Arp à Strasbourg

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Demandez l’Impossible !

Alors que Zut ! se raccroche aux wagons de la modernité en s’incrustant sur le web, Michel Butel est de retour, vingt ans après la fin de L’Autre Journal, avec un nouveau projet de journal en vrai papier baptisé L’Impossible.

Jetez vos ordinateurs par la fenêtre et courrez chez votre marchand de journaux avant qu’il n’en reste plus (5 euros) !

Quant à moi, en attendant que quelqu’un se décide à m’offrir l’anthologie de L’Autre Journal publiée aux Arènes (29,80 euros), j’échappe quelques instants à Internet en feuilletant mes vieux numéros… Le papier n’a pas dit son dernier mot !

N°1 / décembre 1984

Impossible de me souvenir du jour où j’ai acheté le tout premier numéro de L’Autre Journal (25 francs), un journal fondé par Michel Butel, animé et écrit par des artistes, des écrivains, parfois des philosophes. Vingt-cinq ans plus tard, mon précieux exemplaire orné d’un superbe tigre en couverture n’a pas pris une ride et je le relis régulièrement avec un plaisir jamais démenti. Avec le temps, le carambolage poétique des mots et des images prend même une nouvelle saveur. Je redécouvre le récit d’une vengeance pashtou en Afghanistan, recueilli par François Missen au bord d’une piste. Une histoire d’hier et d’aujourd’hui.

N°1 / mai 1990

Le premier numéro de la nouvelle série de L’Autre Journal est une source de plaisir inépuisable (356 pages!). L’édito de Michel Butel donne le ton dès les premières lignes : « Dans le brouhaha des vies emmêlées, ou dans le bruissement d’un seul destin, ou bien ici, dans ces pages, nous entendons sans jamais les comprendre des mots qui nous fixent un rendez-vous. » La longue conversation entre Jacqueline Risset et Fellini est une merveille : « Interroger quelqu’un qui ne fait rien d’autre que jouer du matin au soir depuis qu’il est né, ca n’a pas de sens. »

N°5 / octobre 1990 / page 158

Au sommaire : « La philosophie du rock. Rodolphe Burger, du groupe Kat Onoma, un musicien qui aime les Stones et Heidegger. » Malheureusement quelqu’un (je me demande si c’est moi ?) a arraché les huit pages de l’article. Si quelqu’un pouvait me les retrouver…

N°9 / février 1991

Conclusion de l’éditorial de Michel Butel en pleine Guerre du Golfe : « Si nous ne savons pas préparer des paix qui mettent fin aux guerres contenues dans cette guerre, nous entrerons dans une nouvelle avant-guerre. Nous ne serons plus jamais en paix, nous entrerons dans l’interminable avant-guerre de la dernie`re guerre. Qui, elle, porte un nom singulier, l’apocalypse. »

N°11 / avril 1991 / page 54

Extrait de la chronique de Michel Cressole, « Une folle à sa fenêtre » : « Une folle ne peut regarder la télévision sans douter de sa propre existence. Elle est encore sous le charme de Ben Johnson renaissant et vaincu, enfoncé dans l’édredon du butoir qui amortit son soixante mètres en salle, quand le commentateur sportif de TF1 enchaîne : « Et maintenant voici la même épreuve, avec le charme en plus » (pour dire que c’est au tour des filles à se précipiter dans le butoir). »

N°19 / décembre 1991 / page 60

Un « beau faits divers » déniché par Delfeil de Ton : « A Séoul, une veuve vient de se voir attribuer des dommages par la Cour Suprême. Son mari, cadre commercial d’une grosse société, était mort à la suite d’une beuverie. La Cour a estimée que s’agissant d’une beuverie avec des clients dans l’intérêt de l’entreprise, la veuve avait droit à réparation. »

N°21 / février 1992 / page 29

Vu par Francis Marmande dans sa chronique «L’Adour fou » : « A la craie sur les murs de l’école publique de la rue Charles-Baudelaire, terrible comme une amorce de roman, douloureux comme la fin du Misanthrope, amer, dépité, vengeur : « Emilie aime tous les garçons. »

L’Autre Journal n’existe plus, n’existera plus jamais. Longue vie à L’Impossible !

 

Le by Philippe Schweyer dans la catégorie CULTURE, Livres, Revues | Commentaires fermés sur Demandez l’Impossible !
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