Electric Electric : le virage pop

 

Le groupe Electric Electric © Christophe Urbain

Ils étaient deux sur leur premier album Sad Cities Handclappers, ils sont désormais trois à livrer leurs énergies nucléaires sur le petit nouveau Discipline. Entre temps, les Strasbourgeois d’Electric Electric ont eu le temps de tourner un peu partout en Europe, de perpétuer la légende de concerts tapageurs et ravageurs et de répondre à nos questions…

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Electric Guest : les bonus

Electric Guest à La Laiterie – © Eric Antoine

Alors que nous sommes en plein bouclage du prochain numéro, Zut ! vous propose un petit bonus en complèment de l’instant flash consacré à Electric Guest de passage à la Laiterie le 21 septembre dernier. Instant détente et humour.

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Le génie du non-lieu

« Recouvrir cette surface qui reçoit encore la sollicitation du fond, qui vit encore du grand travail de la mort. »
– Georges Didi-Huberman –

Le dernier livre de Jean-Yves Jouannais nous égare déjà dans sa préface où l’on apprend qu’il n’en est pas l’auteur, mais quelque part, le protagoniste. Ce livre a été en effet construit pour lui, pour qu’il puisse visiter ces ruines de guerre qui le fascinent tant.
Nous suivrons dès lors, à ses côtés, la destinée de plusieurs personnages historiques; chroniques de victoires, de défaites, ou simples observations, le véritable sujet de ces textes étant toujours la présence de ruines après un acte de guerre.

Lecture de l’horreur à travers ses vestiges, L’usage des ruines nous dévoile une histoire de la barbarie en creux et où ce qui a disparu devient éloquent.
La destruction et sa trace comme retour à l’acte, preuve de la folie meurtrière des hommes.
Jouannais fouille ainsi cette histoire faite de poussière, d’acier et de briques, y réveille des héros, des monstres, fait revivre ces ruines qui n’ont en définitive qu’un seul usage : nous prouver la déraison.

Par Boris Manchot

L’usage des ruines : portraits obsidionaux, Jean-Yves Jouannais, Verticales, 152 pages, 14,90 euros

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La Littérature et le Mal : une rentrée sacrifiée

« Ce n’est pas à cause des contraintes qu’il impose mais parce qu’il n’en impose aucune que le roman doit être combattu. » – Denis Hollier –

Au beau milieu des quelques 600 titres de cette rentrée littéraire,se dégage une mouvance toute singulière, un corpus dérangeant et qui a pour thème principal : la violence. Une violence qui s’exprime de multiples façons, mais qui place toujours la douleur comme héroïne de ces nouveaux titres de septembre.
Il y a ainsi le dégoût des images médicales de Réanimation de Cécile Guilbert, le choc de l’amour incestueux de Tigre, Tigre ! de Margaux Fragoso, la provocation pornographique d’Une semaine de vacances de Christine Angot ou encore de Oh ! de Philippe Djian (qui débute par l’évocation d’une scène de viol), sans oublier l‘Eloge littéraire de Anders Breivik de Richard Millet…

La qualité de ces titres n’est pas le propos, c’est l’omniprésence de la violence que l’ont peut ici interroger. Symptomatique d’une époque qui ne positionne son discours que par défaut, incapable de créer un sens premier, injonctive, voyeuriste et culpabilisatrice ; cette violence comme valeur suprême, c’est la fin du rêve, de la beauté et du sensible.
On trouvera sans doute à produire un argumentaire positif à l’existence de cette forme de littérature, qu’on nous épargne cependant l’élimée « liberté d’expression », car ce qui s’exprime ici est en effet gratuit, mais aussi aliénant.

Expression de la violence, l’aliénation est la position dans laquelle nous place la lecture de ces ouvrages. Témoin d’une violence qui le dépasse, et dont il ne sait que faire, le lecteur a la dérangeante impression de participer d’un acte cathartique, et qui le laisse exsangue.
On pourra rétorquer qu’il suffit de ne pas ouvrir ces livres pour éviter cela, pourtant cette violence sourde s’exprime malgré tout dans le paysage littéraire actuel et est par ailleurs largement relayée par les acteurs du monde du livre car il est connu que le scandale fait vendre.

Au final, il faudrait savoir ce que l’on cherche en littérature, quelle expérience on veut y vivre, celle de l’ouverture, ou de l’enfermement, à condition d’en connaître les enjeux, « La littérature est l’essentiel, ou n’est rien. Le Mal – une forme aiguë du Mal – dont elle est l’expression, a pour nous (…) la valeur souveraine. Mais cette conception ne commande pas l’absence de morale, elle exige une hypermorale. » (Georges Bataille).

Par Boris Manchot

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Into the Bronx

Bronx, New York
18 heures

Je monte à bord d’un bus rempli de lycéens en furie. Normal, c’est le premier jour des vacances d’été…

Comme toujours, les petits caïds sont à l’arrière, allures de rebelles et rires sonores, le reste du bus n’a qu’à bien se tenir. L’ambiance est survolée, ça crie, ça chante, ça rit, je ne sais plus où donner de la tête, propulsée au milieu de tous ces jeunes.

Mais à mesure que le bus se vide, le collectif laisse place à l’individu et les masques tombent. Je me suis trompée en croyant que ces ados ressemblaient à tous les ados du monde. A l’image du quartier dans lequel ils vivent, leur vie est dure, violente et désabusée.

A la nuit tombée, je descends du bus. Chacun a repris sa route, mais je suis loin d’oublier ces visages…

A la limite entre documentaire et fiction, The We and The I fait incontestablement partie des grands Gondry : un rythme travaillé, des plans ingénieux, une esthétique soignée… A la fois drôle et touchant, ce film est porté par un groupe de jeunes acteurs amateurs au ton toujours juste et naturel, qui vous embarquent dans leur monde et leur génération. Un beau moment de cinéma, comme on les aime. Dans ce bus, c’est sûr, la magie a opéré… Courez vite prendre votre ticket !

Par Céline Mulhaupt

The We and The I de Michel Gondry à l’affiche au Cinéma Star, à Strasbourg

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