Fêter la tristesse

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Hermetic Delight nous revient avec un nouveau clip signant avec Funeral Party une reprise très réussie de The Cure. En jouant sur le côté plus « Party » que « Funeral », pour les citer.

Il est aisé de tirer son chapeau à l’une de ses références musicales en reprenant un de ses morceaux, plus difficile de le faire avec distinction. Opération réussie pour les Strasbourgeois de la formation Hermetic Delight avec Funeral Party de The Cure. Pourquoi ? Parce qu’ils choisissent d’interpréter ce morceau en le relevant de leur propre son. Plutôt que de singer Robert Smith en partant sur un Funeral Party triste et nostalgique, ils gardent le côté rêveur à la voix, tout en le tonifiant d’une batterie sur vitamines et de guitares énervées et distordues. Le résultat ? Une reprise à la fois cotonneuse et élancée. Un peu comme si l’on pleurait contre la montre vers un avenir plus radieux. Si le monde court à sa perte, peu importe, fêtons sa mort avec entrain.

Pour ce qui est des images : du super 8 parsemé de stop motion, où l’on voit les membres du groupe se recouvrir de divers artifices, entrecoupés de paysages urbains ou naturels qui s’enchaînent, avec ou sans symétrie.

De belles images, de vrais choix musicaux, une voix qui se pose à la manière des Britanniques d’Elephant, c’est beau, c’est bon, c’est Hermetic Delight.

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Amelie Zadeh : reflet de soi

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© Amelie Zadeh, photographie extraite de la série Maria, analogue C-Print, 90 x 90 cm, 2011.

À partir du 17 janvier 2014, Stimultania accueillera une exposition d’Amelie Zadeh dont les images nous plongent dans une atmosphère mêlant instantanéité, intimité et intensité.

Le Baroque marque-t-il son retour à travers l’exposition Around you, around me ? À la découverte des images de Amelie Zadeh, on est en droit de se poser la question, tant celles-ci nous offrent une vision moderne du mouvement. Avec grâce, la jeune artiste raconte une histoire dans l’instant présent.

Cette jeune photographe autrichienne nous place au cœur de l’intimité de l’image : une intimité révélée dans sa nudité, qui remet en question la manière dont elle s’exprime généralement. « It’s all about the look. Getting in touch with someone through the camera, for a fragile moment. This vibration within you and me. That’s the picture », explique-t-elle. Elle ouvre ainsi la voie à une forme nouvelle dans la photographie, vibrante et sensuelle. La lumière occupe un rôle essentiel dans sa série, et crée un subtil jeu d’ombres qui installe de la proximité entre les modèles photographiés et leur public ; en effet, ces derniers nous captivent dans toute leur plasticité en créant visuellement un moment aussi intense qu’éphémère. L’émotion naît de cette forme de réalisme-là. 

Apolline Hinz et Julie Baier

Around you, around me, une exposition d’Amélie Zadeh, du 17 janvier au 30 mars 2014 (vernissage le vendredi 17 janvier à 18h) au Pôle de photographie Stimultania

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© Amelie Zadeh, photographie extraite de la série It is what it is/tableau, scan/projection, 2013.

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Teen & Toddler : ribambelles de rebelles

Marque locale en devenir, Teen & Toddler ink s’adresse aux jeunes turbulents. Son créateur, installé à Lingolsheim, fait le pari d’un revival rock, à l’opposé de la mode kawaii.

ZUT_WEB_TeenandToddler2_GrandeÀ écouter Yann Lerouvillois raconter de manière laconique le chemin qui a conduit ce papa à créer sa marque de prêt-à-porter pour gamins, on se dit qu’un néologisme manque à la pop culture US qu’il admire tant. En effet, plutôt que de parler de success story – ce qui serait prématuré –, parlons ici de post-failure story. La fêlure, c’est le chômage longue durée, consécutif à la délocalisation de son emploi d’informaticien hors de France. Après un an de recherches non concluantes, le voilà au point mort. Le regard de ce grand gaillard de 39 piges s’assombrit, sa voix vacille légèrement : « Avec le temps qui passe, l’ennui se met en place, il faut bien à un moment donné s’occuper, faire quelque chose. »

Ce sont des amis, et surtout son épouse, qui l’aident à renouer le fil d’un projet personnel, laissé en suspens à la naissance de sa seconde fille. Madame brode à ses heures perdues des motifs plutôt modernes, voire trash. Yann dessine, depuis son enfance, des personnages de western et des camions américains. Elle lui demande de créer des grilles, l’équivalent du patron en broderie : un quadrillage conçu avec un logiciel ad hoc. À partir de ce maillage affectif, l’ancien skater passe du point mort au point de croix. Il a l’idée de transposer une grille représentant un crâne à crête d’iroquois, croisé de deux tibias, pour en faire un dessin pixelisé, sérigraphié par Datafabrik sur une dizaine de T-shirts taille enfant. Ainsi naît le logo de Teen & Toddler ink ! (« Ados et minots. ink c’est pour l’encre de la sérigraphie, et c’est un clin d’œil à “inc” »). Surfe-t-il sur la mode des vanités ? Yann Lerouvillois répond vanité de la mode et marques néopatrimoniales US : « J’ai envie de produire des collections d’une centaine de pièces au maximum pour les rendre un peu rares et ne pas subir les aléas de la mode. Mes modèles sont des marques de skate, de baseball, ou de work wear, comme Zéro, New Era, Carhatt… Elles sont indémodables car emblématiques. » Sa collection d’une vingtaine de casquettes de baseball semble opiner du chef, surtout sa première acquisition, celle des Detroit Tigers qui coiffait Magnum, le moustachu le plus célèbre de la télévision – une chance que le look d’Higgins ne soit pas référencé !

ZUT_WEB_TeenandToddler3Une nostalgie des séries américaines et l’appel des grands espaces nourrissent les modèles Teen & Toddler ink. Si bien qu’avec ses monster trucks, surgis de L’Homme qui tombe à pic, ses « hot roads » (voitures customizées) à la Shérif fais moi peur, ses pistolets à eau Starsky et Hutch et ses guitares de harders style ZZ Top, c’est un véritable revival eighties aux couleurs toniques qui se trouve projeté sur les T-shirts des juniors. Lesquels, paraît-il, ne veulent plus s’en séparer même le temps d’un lavage auquel survivent très bien les motifs, procédé d’impression oblige. Ce passage de relais intergénérationnel ne va pas sans appropriation : les skulls punk sont vus par les jeunots comme des drapeaux pirates, Jack Sparrow genre ! Teen & Toddler ink, ou quand l’imagerie américaine vient au secours du Made in Strasbourg…

Disponible chez Macia Originals – Le Store
18, rue des Sœurs – www.facebook.com/macia.store

Boutique en ligne : www.teenandtoddlerink.com

Actu : Fil en Fête 2013, festival autour du point de croix – du vendredi 25 au dimanche 27 octobre et du vendredi 1er au dimanche 3 novembre à la Maison rurale de l’Outre-Forêt à Kutzenhausen.

Par Jérémie Decoopman

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Jackson Scott, enfant de Deerhunter ?

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Bonne nouvelle : alors que la rentrée des concerts tarde à nous enchanter Jackson Scott, américain à la fraîche vingtaine, débarque au Troc’afé. Un rock comme on aime hésitant entre psychédélisme, garage et pop. Parfait pour aborder un hiver anticipé.

Je me souviens de ce jour si particulier où j’ai entendu pour la première fois la guitare étouffée de Bradford Cox. De tête, ce devait être sur Oceans parue sur l’album Turn It Up Faggot, morceau foutraque mais merveille absolue. Un tableau presque surréaliste. Cinq ans plus tard, je découvrais avec le même enchantement Desire Lines sur le dernier album Halcyon Digest, depuis devenue mon hymne ultime. Inutile de dire que j’ai suivi avec attention la carrière de Cox : ses incursions avec Atlas Sound, ses lives partagés avec ses copains les Black Lips ; jusqu’au jour où j’ai eu la chance de voir Deerhunter en live qui s’est chargé de la programmation du festival ATP en juin dernier – meilleur festival du monde entier dont la dernière édition se déroulera fin novembre -. La boucle était bouclée.

Depuis, j’attends désespérément mon prochain coup de cœur. Le hasard a voulu que les Panimix programment Jackson Scott en co-production avec Hiéro Colmar pour le festival Supersounds. M’empressant d’aller écouter cette découverte, j’achète son album Melbourne, appuie sur play et là, magie. Je retrouve ce son de guitare étouffée que j’affectionne tant sur le premier morceau d’introduction : Only Eternal. Serait-ce l’enfant de Bradford Cox ? Non, mais la tête pensante de Deerhunter l’a aimé et même adopté pour assurer certaines de ses premières parties. Pas étonnant : qui se ressemble, s’assemble. Jackson Scott joue sur le même terrain : un rock expérimental, un peu rêveur, teinté de pop et parfois de noise.

Alors j’ai commencé à me renseigner sur le jeune loup qui ne renie ni ses influences garage, ni la pop super populaire : parfait pour la consommatrice de rock indé et de Beyoncé que je suis (et j’assume !). Voilà donc un jeune homme bien dans son temps, qui pose parmi les fleurs rouges, produit des chansons printanières (Sandy, Any Way, In The Sun), se laisse rêver, bercer dans le son d’une guitare tantôt rassurante, tantôt distordue. Il n’y a peut-être rien de foncièrement nouveau dans la musique de Jackson Scott, mais puisque je m’accorde ici un ton personnel : je discutais avec une amie de l’importance des références ou de l’indépendance d’un groupe par rapport à d’éventuelles inspirations ; au final, pour quoi faire ? Inutile de se poser tant de questions lorsqu’une chanson, un groupe réussit à parler aux émotions, qu’elles soient physiques ou psychiques. Et Jackson Scott, jugez-vous même, réussit à nous amener ailleurs.

 

Jackson Scott, en concert au Troc’afé le 31 octobre à 20h, dans le cadre du festival Supersounds. Une co-production Panimix et Hiéro Colmar.
8, rue du Faubourg de Saverne à Strasbourg.
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Grimes : l’interview vidéo

Il y a plusieurs mois, Ludmilla Cerveny, photographe, et moi-même, avons interviewé et photographié Grimes lors de son passage à la Laiterie à Strasbourg. L’article doit être lu dans ce Novo et la rencontre immortalisée en vidéo peut être vue ici !

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