Céline Tran : le corps avant tout

Céline Tran à la Librairie Kleber ©Henri Vogt

Rencontre avec Céline Tran plus connue sous son pseudonyme Kastuni, à l’occasion de la sortie de son livre autobiographique, Ne dis pas que tu aimes ça  aux éditions Fayard.

Elle s’appelle Céline Tran, mais on la connaît sous le nom de Katsuni, son pseudonyme en tant qu’ancienne actrice porno. Dans son récit autobiographique Ne dis pas que tu aimes ça, elle livre les raisons qui ont amené cette étudiante vietnamienne en lettres à embrasser cette carrière. Et l’on va de surprise en surprise : on apprend notamment que la jeune femme découvre sa propre sexualité en temps réel. Son expérience, elle se la crée sur le plateau, avec la volonté de maintenir son corps « souverain ». Face au parterre de fans et de curieux à la Librairie Kléber, elle explique qu’elle a bien conscience de devenir « objet de désir », mais que « tout réside dans la manière de le vivre. Si on est là, c’est qu’on a envie de partager quelque chose avec l’autre. » Elle trouve dans le X l’occasion de dépasser ses propres inhibitions. « Oui, c’était une excuse ! À ce moment, il n’y a plus de problèmes de culpabilité. C’est beaucoup plus difficile de le faire dans la vraie vie où l’on peut être jugée, mais vu que c’est ma fonction, je peux tout m’autoriser. » Elle échappe aux codes traditionnels des actrices de sa génération, asiatique et très typée, très loin de la blonde occidentale très prisée par les amateurs du genre. Mais sa carrière est fulgurante, ce qui lui donne une totale liberté de choix. « Je n’ai jamais voulu concevoir mon activité comme un métier, mais ça reste un métier avec sa discipline et ses exigences. »

Un métier qu’elle finit par quitter en pleine gloire, au moment où elle prend conscience qu’il lui semble nécessaire de se réapproprier un corps qu’elle juge à elle et rien qu’à elle. « Il y avait une prise de conscience graduelle, je suis tombée amoureuse, je ne voulais plus partager mon corps avec d’autres personnes parce que c’était intime et que le désir l’emporte sur toute autre considération. »

Ne dis pas que tu aimes ça, aux éditions Fayard

 

Par Emmanuel Abela— Photo : Henri Vogt

Le by Alexandre Zebdi dans la catégorie CULTURE, Livres, Rencontre

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