Obsession : Daho

INFO TROP TROP YOUPI ! Nous l’apprenions hier soir sur la page facebook d’Étienne Daho (en fait, on le savait mais on a dû garder le secret) : Étienne Daho – aka l’idole de la rédaction tout entière – sera en concert au Den Atelier à Luxembourg, le 19 octobre, au PMC à Strasbourg, le 20 octobre, à L’Autre Canal à Nancy, le 11 décembre, à L’Arsenal à Metz, le 12 décembre 2018 ! L’occasion de republier cette lettre d’amour made by notre éditorialiste.

Cher Étienne Daho,

Le moment est enfin venu de te faire savoir que tu m’obsèdes depuis un bon bout de temps. La première fois que je t’ai entendu au tout début des eighties, j’étais loin d’imaginer que tu allais prendre autant de place dans ma vie.

À l’époque, dans ma bande, c’était plutôt mal vu d’écouter un type comme toi. Moi-même, j’étais tellement ignorant que je pensais bêtement que tu n’étais qu’un banal chanteur pour midinettes. Pourtant, dès que je t’entendais à la radio, tu réussissais immanquablement à me toucher en plein coeur. Grâce à leurs tempos machiavéliques, tes morceaux déclenchaient de sacrées décharges d’adrénaline, que ce soit au bord des pistes de danse ou au volant de ma voiture. Les choses n’ont fait que s’aggraver à partir du jour où j’ai emménagé chez une fille tellement raide de toi, qu’elle écoutait tes cassettes même pendant la nuit. Avec elle, nous dormions dans des draps bleus comme dans tes chansons, rêvant que nous étions allongés à Saint-Lunaire ou à Sables d’or, près des dunes. Un jour, parce que nous vivions comme dans tes chansons, nous avons claqué toutes nos économies pour partir en week-end à Rome, tous les deux sans personne. Comme toi, sans doute, il m’arrivait de me prendre pour Marcello Mastroianni dans La Notte. C’était vraiment dingue de suivre tes pas, même si c’était loin d’être la dolce vita tous les jours. En me rasant, je sifflotais Je vais encore sortir ce soir, une chanson qui résumait mon état d’esprit tout en exhalant la quintessence de l’air du temps. C’est sûr, tu étais aussi fort qu’un romancier américain de la trempe de Jay Mclnerney, sauf que toi, il te suffisait de trousser quelques mesures et un refrain pour me mettre K.O… Au moment de m’apprêter à sortir, je savais d’avance, comme tu le chantais si bien, que j’allais finir par le regretter. Mais c’était plus fort que moi, il fallait absolument que je sorte. Bien sûr, les bières à la pression remplaçaient tes cocktails subtils, et les filles n’étaient jamais aussi dociles qu’avec toi. Mais malgré ce bémol, exactement comme toi, je cherchais « Dieu sait qui Dieu sait quoi ». Je me souviens aussi que pendant mon service militaire, j’ai écouté des centaines de fois Tombé pour la France en priant pour que tu ne me portes pas la poisse et en rêvant de danser un jour le be-bop pieds nus sous la lune. Jusqu’à la quille, mon humeur est restée down, down, down. Plus tard, quand tu as attrapé une grosse saudade au Portugal, je me suis contenté d’un petit coup de blues dans la banlieue de Mulhouse. Moi aussi, j’étais comme un homme à la mer, sauf que je vivais à mille kilomètres de l’océan. Récemment, pour tenter de réparer tout le mal que l’on s’est fait, tu m’as bien donné rendez-vous au Jardin des plaisirs puis à Vedra, mais nous nous sommes loupés. Pas grave, je sais qu’un jour, comme tu le chantes si bien sur ton dernier album, « la morsure du souvenir reviendra t’envahir et je deviendrai à mon tour ton obsession… »

Par Philippe Schweyer

Étienne Daho en concert le 19 octobre 2018 au Den Atelier, à Luxembourg, le 20 octobre 2018 au PMC, à Strasbourg, le 11 décembre 2018 à L’Autre Canal, à Nancy, le 12 décembre 2018 à L’Arsenal, à Metz
Places mises en vente le 15 novembre à 10h !

Le by Zut ! dans la catégorie Concert, CULTURE, LORRAINE

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