Détours par le Jardin

Le Jardin infini du Centre Pompidou-Metz est libre, ouvert et sauvage jusqu’au 28 août prochain : loin du jardin à la française, c’est une multitude d’identités vivaces qui y prolifèrent. Voici quelques-unes de ces visions artistiques débordant des cultures en milieux fermés. 

Frantisek Kupka, Printemps cosmique I, 1913 – 1914 – Galerie national de Praque © Adagp, Paris, 2016

Printemps cosmique de František Kupka
La toile de ce pionnier de l’abstraction passionné de botanique donne son nom à la galerie 3 et introduit la visite. Kupka livre ici une représentation microscopique et bouillonnante de la vie à l’heure où il enjoint les artistes, dans son essai La Création dans les arts plastiques, à transcender le mimétisme de la nature pour pénétrer au-delà de la surface du « monde objectif ».

Ernesto Neto, Flower Crystal Power, 2014 – Courtesy Ernesto Neto et Tanya Bonakdar Gallery, New York – Photo : Tony Prikry

Flower Crystal Power d’Ernesto Neto
Dispositif participatif et espace spirituel, cette installation d’Ernesto Neto, sous laquelle les visiteurs peuvent s’étendre dans l’espace décloisonné de la galerie 2, est constituée de pistils contenant minéraux et épices, mis en place selon un système de contrepoids. Depuis quelques années, le Brésilien s’inspire des représentations sacrées d’une tribu amazonienne, les Huni Kuin. Dans le Forum, Leviathan-main-toth reproduit ce principe à une échelle monumentale.

Jean Dubuffet, Jardin au sol, automne 1958 © Fondation Dubuffet/ Adagp, Paris, 2017

 

 

Jardin au sol de Jean Dubuffet
En 1955, Jean Dubuffet s’installe à Vence et y cultive son « jardin de l’Ubac », souhaitant s’affranchir de la culture dominante affichée par les jardins bourgeois de l’arrière-pays niçois, à la luxuriance convenue. De ce nouvel atelier, d’où sortira une œuvre prolifique, naîtront Petits travaux d’aile de papillon, Tableaux d’assemblage ou les fragments de végétaux de ce Jardin au sol.

Tetsumi Kudo, Grafted Garden, 1970-1971 – Musée national d’art moderne © Adagp, Paris, 2016 – Photo : Georges Meguerditchian

 


Grafted Garden de Tetsumi Kudo
Le « jardin greffé » de Tetsumi Kudo est une vision post-apocalyptique d’une nature polluée et en mutation qui échappe à toute tentative d’asservissement par la main de l’homme… qui est ici littéralement ingérée au sein d’un parterre d’hybrides. Avec ce diorama tragi-comique, marqué par Hiroshima, Kudo aborde en précurseur le thème du désordre environnemental.

 

Max Ernst, Pétales et jardin de la nymphe Ancolie, 1934 – Zurich, Kunsthaus © Adagp, Paris, 2016

 

Pétales et jardin de la nymphe Ancolie de Max Ernst
Au sein de cette peinture réalisée par Max Ernst pour un dancing zurichois, présentée pour la première fois en France et suggérant une flamboyante fleur exotique, se côtoient la sensualité et l’excentricité. Elle est également habitée par la figure de l’oiseau Loplop, alter-ego de l’artiste évoquant la liberté mais aussi la menace de sa destruction, dans le contexte mortifère de l’Allemagne nazie.

 

 

 

Par Benjamin Bottemer

Centre Pompidou-Metz
Jardin infini
> 28.08

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