Le génie du non-lieu

« Recouvrir cette surface qui reçoit encore la sollicitation du fond, qui vit encore du grand travail de la mort. »
– Georges Didi-Huberman –

Le dernier livre de Jean-Yves Jouannais nous égare déjà dans sa préface où l’on apprend qu’il n’en est pas l’auteur, mais quelque part, le protagoniste. Ce livre a été en effet construit pour lui, pour qu’il puisse visiter ces ruines de guerre qui le fascinent tant.
Nous suivrons dès lors, à ses côtés, la destinée de plusieurs personnages historiques; chroniques de victoires, de défaites, ou simples observations, le véritable sujet de ces textes étant toujours la présence de ruines après un acte de guerre.

Lecture de l’horreur à travers ses vestiges, L’usage des ruines nous dévoile une histoire de la barbarie en creux et où ce qui a disparu devient éloquent.
La destruction et sa trace comme retour à l’acte, preuve de la folie meurtrière des hommes.
Jouannais fouille ainsi cette histoire faite de poussière, d’acier et de briques, y réveille des héros, des monstres, fait revivre ces ruines qui n’ont en définitive qu’un seul usage : nous prouver la déraison.

Par Boris Manchot

L’usage des ruines : portraits obsidionaux, Jean-Yves Jouannais, Verticales, 152 pages, 14,90 euros

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