La flamme de la soul music !

Ainsi donc, vous pleurez encore Amy Winehouse, Whitney Houston et Adele (oui, je sais bien qu’elle n’est pas morte). Ainsi, vous avez donc cette haute image de la soul music, mais votre horizon (et surtout votre vision) vous empêche de voir plus loin, d’où une affection profonde pour les fake. Et si vous découvriez ce qui fait l’essence même de la soul avec la magnifique intégrale des singles de Diana Ross et des Supremes sortie chez Hip’O Select, le label américain qui nous livre les meilleurs rééditions du blues et de la soul (souvenez-vous du récent coffret d’Etta James).

Dans ce coffret 3 CD qui sort à l’occasion du cinquantième anniversaire du célèbre girl trio, on trouve les hits intemporels de la diva de la soul music et de ses deux comparses, Baby Love, Stop! In the Name of Love, You Can’t Hurry Love, Love Child (on le constatera : que des titres en Love !), mais aussi des versions incroyables, allemandes ou italiennes (Wo Ist Unsere Liebe, traduction hilarante mais très peu motivée du hit Where Did Our Love Go). On retrouvera enfin les perles de la fin des sixties, moins formatées par Sieur Berry Gordy, ces subtils chefs d’œuvre psychédéliques de la fin des années 60 comme Reflection ou ces raretés co-signées avec les Temptations.

Bon, ceci dit, si la nostalgie des années 60 c’est pas votre truc et que vous vous trouvez en mal de vraie nouveauté, j’ai quelque chose qui devrait vous ravir : Nick Waterhouse. C’est un ami disquaire qui me l’a fait découvrir (oui, ça sert à ça, les amis ; heu… ça sert à ça aussi, les vrais disquaires !) et depuis je ne m’en lasse plus. Ce petit Californien, qui ne paie pas forcément de mine (quoique, avec ses binocles il nous rappellerait vaguement l’idole absolue Buddy Holly !), distille une soul-jazz comme on en rencontre peu : en connexion directe avec le vrai son 50’s. Ne cherchez pas à résister, vous êtes perdus : l’approche est à mille lieux du R&B moderne et oppose à la surenchère orchestrale et vocale une justesse. Les cuivres soulignent un sens du rythme imparable ; ils s’inscrivent dans une forme de sécheresse paradoxalement enthousiaste. On se souvient des premières tentatives d’Eli “Paperboy” Reed, tout comme on adore le son Daptone, les Lee Fields, Sharon Jones ou Charles Bradley ; l’ami Nick Waterhouse se situe dans la lignée de ces grands de la soul moderne, sans passéisme mais avec la volonté de maintenir vivante la flamme d’un genre éternel.

Diana Ross & The Supremes, 50th Anniversary, The Singles Collection (1961-69), Hip’O Select
Nick Waterhouse, Time’s All Gone, Il Records

Le by Emmanuel Abela dans la catégorie CULTURE, Musique

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