Sweet sixteen

© André Muller

La compagnie strasbourgeoise les Méridiens présente Lune Jaune de David Greig, du 03 au 08 avril au Taps Scala. Rencontre avec le metteur en scène, Laurent Crovella, qui interroge cette période de l’adolescence, faite de doutes et d’espoirs, à travers une épure symboliste. 

Lune Jaune forme le second volet d’un diptyque, Utopie ou des illusions ? En quoi consiste cette articulation ?
On a travaillé avec des lycéens en Alsace autour des rêves de la jeunesse d’aujourd’hui. J’ai demandé aux auteurs Luc Tartar et Daniel Keene d’écrire deux pièces courtes qui s’inspireraient de ces rencontres, en parlant de leur propre vision des utopies. Lune Jaune, c’est l’histoire de deux jeunes gens. Il y a donc une résonance entre ces travaux, prenant en compte la question adolescente.

© André Muller

L’auteur, David Greig, pratique une écriture engagée. Comment la transmettez-vous ?
Cela est politique au sens où leur petite histoire rencontre la grande. Lee est sans racines, en révolte, rejeté de toute part. Leila est déracinée, puisqu’elle vient d’un pays étranger, mutique et enfermée en elle-même. Après un meurtre, ils vont s’enfuir l’un avec l’autre. Greig en fait presque un récit mythologique, on peut penser à de nombreuses autres pièces : Roméo et Juliette, Antigone…Sa façon de brouiller les pistes dans l’écriture est fascinante, car il emploie des registres très différents. Certains moments évoquent la reconstitution, d’autres l’épopée. Et surtout, c’est un théâtre qui alterne récits et dialogues, en mouvement perpétuel.

Les acteurs n’incarnant pas ces personnages de manière fixe, cela ne rend-il pas difficile l’identification aux héros ?
Lorsqu’on rentre sur le plateau, il y a une sorte de vitrine muséale contenant des objets que l’on retrouvera plus tard. Ce prologue donne des codes aux spectateurs. Ce qui m’intéresse, c’est cette distance préalable, et le signalement progressif des personnages par le biais d’objets. Le costume, dans son évolution, implique que l’acteur est absorbé par le personnage.

Quelles sont vos références, par rapport à ce thème de la marge ?
J’ai pensé beaucoup à Ken Loach, même s’il ne s’agit que d’une citation. Le début de la pièce se déroule dans la banlieue d’Edimbourg, et Lee se trouve dans une famille complètement disloquée, où personne n’est tout à fait à sa place. La question de l’adolescence, c’est cela aussi : comment fait-on pour exister ?

Lune jaune, la ballade de Leila et Lee, théâtre
Du 03 au 08 avril 
au TAPS Scala 

 

Par Antoine Ponza – Photo : ©André Muller

Le by Alexandre Zebdi dans la catégorie CULTURE, spectacle, Théâtre

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