MOJO, l’édition française !

En cette belle année anglaise, si tu ne vas pas à Londres, Londres vient à toi ! La revue Mojo publie son édition française : un événement aux résonances encore insoupçonnées !

L’anecdote mérite d’être racontée : comme à chaque début de mois, je me précipite chez mon buraliste en quête de ce que je considère comme la meilleure revue musicale anglaise : Mojo. Et là, devant le numéro d’avril, je me fais la réflexion que je comprends de mieux en mieux l’anglais. Il me faut quelques secondes avant de me rendre compte que ce que je tiens en main n’est autre que le numéro 1 de l’édition française. Au sommaire, Jack White, Johnny Cash, Graham Coxon, etc., les mêmes rubriques (le Mojo Filter devient le Filtre Mojo, All Back To My Place devient Comme à la maison, What Goes On se transforme en Planète Mojo, Mojo Rising reste Mojo Rising etc.). Tout comme pour sa grande sœur britannique, le numéro s’accompagne d’un CD thématique offert, ici en l’occurrence une sélection du label de Jack White, Third Man Records.

La ligne exprime la même exigence, la même passion pour la musique. Alors, faut-il maintenir l’achat de l’édition anglaise ? Pour quelle raison ? Une pointe de snobisme qu’on ne niera guère ? Pour la V.O. ? Quand on lui pose la question, Belkacem Bahlouli, le directeur de publication de cette édition française, nous répond dans un mail très réactif : « Notre ambition ? Vous obliger à acheter les deux ! 😉 Pas pour le cash, mais parce que nous aurons réussi ce pari. » Et il a entièrement raison. Le numéro anglais du mois de mai se distingue en ceci qu’il comprend en plus des articles sur les Small Faces du sémillant Steve Marriott, Felt et Peter Hammill (excusez du peu !), et une foultitude de petites choses si propres à la culture anglaise.

Quoi qu’il en soit, cette édition comble un vide dans la presse musicale française : ce temps où l’on parlait rock dans Rock&Folk par exemple, en toute intelligence, loin de toute frime. Un vide que ne comblent aujourd’hui ni Magic! ni les Inrockuptibles, parmi les avisés de nos magazines hexagonaux. La sortie du Mojo France est un événement, parce qu’il nous ré-inscrit sur la carte du monde de la musique populaire. Les mômes pourront se familiariser avec une culture qu’ils ne découvrent que par bribes à la télévision, à la radio et dans certains de nos journaux. Zut ! salue donc comme il se doit la naissance de ce nouveau support.

Notre excitation est partagée outre-Manche par les initiateurs mêmes de cette belle aventure éditoriale : en effet, Phil Alexander, fondateur de Mojo il y a 20 ans, rêvait en parfait bilingue de voir naître cette édition dans sa langue maternelle… le français !

(ci-dessous, quelques titres suggérés par la lecture de ce numéro 1)

Le by Emmanuel Abela dans la catégorie CULTURE, Musique, Revues

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