Discorde raide

©Samuel Rubio

Le metteur en scène Nicolas Stemann, confronte au TNS à Strasbourg, le chef-d’oeuvre de Lessing, éloge de la tolérance religieuse, aux oeuvres d’Elfriede Jelinek. Mis côte à côte, entremêlés, les textes des deux auteurs se conjuguent et s’opposent, mettant en lumière les paradoxes de notre époque.

Pièce créée l’an passé à Lausanne, Nathan !?, telle que l’annonce sa ponctuation réflexive, interroge un conflit multimillénaire. Et complètement d’actualité, puisque son metteur en scène, l’allemand Nicolas Stemann, y aborde les violents paradoxes de la religion, en confrontant les textes de deux auteurs radicalement opposés. « Se gausser de ses chaînes n’est pas un gage de liberté. […] La pire superstition est de tenir la sienne pour la plus supportable », nous apprend un templier pacifique dans la pièce Nathan le Sagede Gotthold Ephraim Lessing. Après l’attentat à Charlie Hebdo, Elfriede Jelinek scande dans Rage, à la place d’un terroriste : « Tant que nous vivrons, nous ne tuerons jamais d’enfants. Mais ces enfants-là, nous les tuons parce qu’ils n’en sont plus. […] Nous les hommes, nous triomphons de toi en vertu, toi, grand Dieu, quand tu es un autre Dieu. » Utopie tolérante des Lumières d’un côté, désespoir contemporain de l’autre ; lequel mènera à la paix ?

NATHAN !?, pièce de théâtre, les 8, 9, 10,11,12,13,14,15,16 et 17 novembre
TNS, à Strasbourg.

Par Antoine Ponza – Photo : Samuel Rubio

Le by Alexandre Zebdi dans la catégorie CULTURE, spectacle, STRASBOURG, Théâtre

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