Diamonds in the sky

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«… Elles sont là, faisant le mystère éclatant,
Chacune feu d’un gouffre, et toutes constatant
Les énigmes par les lumières.
Andromède étincelle, Orion resplendit ;
L’essaim prodigieux des Pléiades grandit ;
Arcturus, oiseau d’or, scintille dans son nid ;
Le Scorpion hideux fait cabrer au zénith
Le poitrail bleu du Sagittaire.
L’aéroscaphe voit, comme en face de lui,
Là-haut, Aldébaran par Céphée ébloui,
Persée, escarboucle des cimes,
Le chariot polaire aux flamboyants essieux,
Et, plus loin, la lueur lactée, sombres cieux,
La fourmilière des abîmes ! …»

Extrait de Plein Ciel, Victor Hugo, La légende des siècles

Il est fort Victor ! Avec une douzaine de rimes et quelques métaphores, il déclenche une irrépressible envie de se balader au clair de lune, le nez pointé vers l’azur noirci et de décortiquer les schémas scintillants dessiné par les constellations argentées
Justement, en cette calme saison estivale, où les villes sont désertées par les vacanciers et durant laquelle le rythme globale des activités tourne au ralenti, pourquoi ne pas chercher la lumière nocturne au delà des néons, lampadaires et autres stroboscopes ?

Si les 9, 10 et 11 août étaient internationalement consacrées « Nuits des Étoiles », c’est bien parce que la période juillet-aout est moment le plus propice pour voir poindre les spectaculaires et délicates étoiles filantes ! Bon, pas de chance, cette année la météo était plutôt maussade et l’événement n’a pas forcement tenu toutes ses promesses… Mais rassurez vous, les réjouissances ne sont pas finies, il reste encore une bonne dizaine de jours pour observer avec enthousiasme ce qu’il se passe « là haut ».

Carte céleste de l’hémisphère nord.

Carte céleste de l’hémisphère nord.

Ce qu’il se passe précisément, c’est que note bonne vieille planète orbite actuellement dans le sillage de la comète Swift-Tuttle. A chaque passage, Celle-ci laisse échapper derrière elle une trainé de poussières cométaires – les Perséides – qui, en pénétrant dans l’atmosphère terrestre se consument et forment une pluie d’étoiles filantes.

Mise au point pour les plus gaulois, qui craignent que « le ciel leur tombe sur la tête » : la taille des débris en question est comprise entre celle d’un grain de sable et celle d’un petit pois. d’ailleurs ces miettes cosmiques brulent intégralement à une altitude d’environ 90km. Quand à la plus conséquente Swift-Tuttle, elle ne viendra pas se fracasser dans votre jardin avant au moins mille ans, tout va bien…

Pour ce qui est de l’observation à proprement parler, la mise en œuvre n’est pas très compliquée. on peut profiter de nuits mémorables et se créer de jolis souvenirs avec pratiquement rien ! Le plus important consiste a faire un choix judicieux du site. Pour des conditions optimales, il vaut mieux s’échapper vers les campagnes et les montagnes. Privilégiez si possible les sites d’altitude et les zones dégagées (mais n’allez pas vous perdre non plus). Dans les Vosges, certains sites sont le paradis des astronomes amateurs (comme le Champ du Feu ou l’Observatoire Astronomique d’Osenbach) et la Forêt Noire n’est pas en reste. Les zones urbaines ou périurbaines sont trop sujettes aux pollutions lumineuses car les éclairages publiques ont le vilain défaut d’éclairer également la voûte céleste. Ainsi les étoiles discrètes et pâles, la Voie lactée, ainsi que les objets du ciel profond tels les nébuleuses disparaissent à l’approche des villes.

Une fois installés, laissez vos yeux s’habituer doucement à l’obscurité et appréhendez les premiers charmes de la voûte cosmique. Les étoiles filantes ne devraient pas tarder à montrer les bout de leurs sillons lumineux : selon les nuits, la fréquence des passages peut aller de 7 à 90 par heure ! Pour augmenter les chances d’en voir, le mieux est de s’allonger pour embrasser du regard la plus grande portion de ciel possible.

La seconde phase de l’exploration du firmament consiste à détailler les objets « fixes » et plus éloignés de notre petite Terre. Cela passe aussi par un léger investissement en matériel, sans pour autant investir dans un attirail high tech hors de prix. Se procurer une carte du ciel nocturne permet de se faciliter grandement la vie et d’en finir avec les approximations et doutes quant a la forme de telle ou telle formation astrale. On en trouve par exemple chez Nature & Découverte. il est également possible de télécharger des cartes du ciel à fabriquer sur le net, et il existe aussi des applications pour iPhone et autres. Ça y est, vous avez la carte du ciel, il ne reste plus qu’à l’orienter correctement, pensez donc à vous équiper d’une boussole.

Vous pouvez enfin dégainer vos instruments optiques ! Avec de simples jumelles (d’un diamètre d’au moins 50 mm de préférence), le ciel prend déjà une toute autre dimension. Cela est dû au grand champ de vision que ces instruments peuvent offrir. Les objets comme les galaxies ou les amas apparaissent dans leur contexte.Une fois les binocles sur les yeux, dirigez votre regard vers l’amas des Pléiades par exemple, la nébuleuse d’Orion, ou encore vers la Voie lactée. émerveillement garanti !
la nuit du 24 est à noter : Jupiter brille en seconde parte de nuit dans les Gémeaux et trois de ses satellites : Europe, Ganymède et Callisto vont se lancer dans un lent ballet avant de dessiner un alignement parfait vers 5 heures du matin.

Pour les geeks et fans des années 80 vous pourrez aussi retracer toutes les constellations du moment et retrouver les héros et méchants de la série « les Chevaliers du Zodiaque ». Seront au rendez vous, Pégase, Scorpion, Cygne, etc. [ne cherchez pas Phénix, c’est une formation de l’hémisphère sud, ndlr]

Seiya, de la constellation de Pégase - les Chevaliers du Zodiaque

Seiya, de la constellation de Pégase – les Chevaliers du Zodiaque

P.S. : n’oubliez pas de faire un vœu si vous apercevez une étoile filante, juste au cas où ça marcherait, on ne sait jamais…

Par Julien Pleis

Le by Zut alors dans la catégorie Green, LIFESTYLE, Vie quotidienne

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