Other Lives : La musique reste un mystère

Quel plaisir que de voir débarquer un groupe comme les Other Lives à La Laiterie en début d’après-midi, un samedi ensoleillé à Strasbourg. Les différents membres sont avenants, tentent le “bonjour” en français ; de même pour le management qui s’excuse d’emblée de son retard, et s’enquiert : « Vous n’avez pas trop attendu, j’espère ? Nous serons à vous dans quelques petites minutes. » Pour une raison qui m’échappe, ce groupe de Stillwater, Oklahoma, n’a pas encore accédé à la notoriété qu’il mériterait chez nous en France. Et pourtant, sa tournée en première partie de Radiohead aux Etats-Unis est bien la preuve qu’il va falloir compter sur ces cinq-là dans les années qui viennent.

Justement, l’occasion est trop belle, dès ce soir, de découvrir ce que donne sur scène la pop magnifiée de Jesse Tabish, un songwriter surdoué et surtout très éclairé musicalement. On retrouve dans sa manière amusée d’aborder l’interview l’enthousiasme de Wayne Coyne des Flaming Lips. Rien d’étonnant à cela, les deux groupes viennent de l’Oklahoma. « Nous nous connaissons, et même si on ne passe pas notre temps au téléphone à papoter, il se montre très attentif à ce que nous faisons. Ce que j’aime chez les Lips, c’est qu’ils ont pu, tout en restant en Oklahoma, trouver la manière de développer leurs propres idées. C’est très encourageant pour nous. »

Il rit franchement quand je lui rappelle gentiment que ses élèves musiciens préfèrent jouer que de l’écouter échafauder de grandes théories musicales. Que leur enseigne-t-il précisément ? « J’enseigne à mes élèves l’idée qu’en quelques accords ils peuvent aussi bien s’attaquer à Beethoven, qu’à du blues ou du punk. » En sortent-ils libérés pour autant ? Il hésite, mais visiblement convaincu : « Oui, je pense qu’ils se sentent libérés, soulagés… » Et de souligner avec émotion le mystère qui entoure la musique de manière universelle. « D’où viennent les notes ? Nul ne le sait. La musique restera à jamais un grand mystère, et c’est ce qui fait sa beauté. » Oui, un mystère dont on trouvera peut-être l’une des clés dans Tamer Animals, album luxuriant sorti à l’automne, digne des productions américaines les plus hallucinées, de Van Dyke Parks à Tim Buckley ; un mystère qu’on cherchera à entretenir aux côtés de Jesse Tabish et sa joyeuse bande.

En concert le 24 mars à La Laiterie, à Strasbourg

Le by Emmanuel Abela dans la catégorie CULTURE, Musique, Rencontre

En réponse à Other Lives : La musique reste un mystère

  1. jacques

    Le parti pris sonore n’était malheureusement pas très heureux…du coup, ils se sont fait voler la vedette par François et ses Atlas Mountains.

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