François Leclerc, photo-graphi(st)e

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François Leclerc, Runes, Série « Silences », 60×42 cm

Il apparaît que la peinture, le graphisme est la photographie ne sont parfois séparés que d’une fine pellicule. La preuve en images avec le travail du photographe François Leclerc.

On perçoit des références picturales et graphiques dans votre travail, ces deux domaines font-ils partie de votre parcours ? Si oui, comment en êtes-vous arrivé à la photographie ?
J’ai fait de la peinture dans les années 70, de l’aquarelle, de la gouache, de l’encre de Chine… Je dessinais plutôt des choses surréalistes, avec pour référence Max Ernst. Et je me suis acheté un appareil photo pour faire un book de mes images. Après je m’en suis servi parce que j’avais besoin parfois de détails pour les reproduire dans mes peintures. Et puis finalement, de proche en proche, j’ai fait de moins en moins de peinture et de plus en plus de photographie.

Sur la photo intitulée Runes (ci-dessus), les branches de maïs se transforment en modules graphiques comme « aquarellés ». La peinture s’invite dans photos. Finalement, vous alliez vos deux passions ?
Je dis toujours que je suis un peintre paresseux, parce que c’est pas une manière tout à fait classique de faire de la photo. Quoique dans l’histoire de la photographie, au XIXe, il y a déjà des gens qui ont fait des photos dans le sens peinture, des pictorialistes. On les a appelés comme-ça par la suite. Au départ, je n’avais aucune culture particulière de photographie. Je suis plus « graphie » que « photo ».

Au niveau du traitement de l’image, est-ce que vous effectuez des retouches ?
Très très peu. Parfois il y a des petites défauts, alors je les enlève. J’attache surtout de l’importance à la composition. Quand je photographie une ligne horizontale, il n’est pas sûr qu’en tenant l’appareil je serai parfaitement horizontal. Donc je redresse la ligne pour rectifier la composition. Je travaille également les contrastes.

Vous utilisez également le trompe-l’œil (avec la citerne et le grès pris de près, formant des paysages).
C’est l’imagination qui est présente au moment où je prends la photo. C’est un peu visionnaire. Évidemment que, si on voyait ce qu’il y a autour, on rêverait beaucoup moins ! La photo ce n’est plus la réalité. Elle est extraite de son contexte, donc à ce moment-là, on peut vous faire croire ce que l’on veut.

Comment qualifieriez-vous votre travail ?
J’ai lu une phrase de Marcel Duchamp qui disait : « C’est le regardeur qui fait le tableau ». Vous voyez, c’est un peu ça qu’on pourrait dire par rapport à ce que je fais.

Propos recueillis par Valentine Schroeter, François Leclerc, photographe – www.francoisleclerc.odexpo.com
Exposition permanente chez Pêle-Mêle
9 rue des Veaux à Strasbourg – www.pelemele.eu

François Leclerc, série "Silences", 60x42

François Leclerc, série « Silences », 60×42

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François Leclerc, série « Silences », 60×42

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François Leclerc, Vol d’étourneaux, 60×42

Zep, l’intuition rock

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Zep par Pascal Bastien

Zep nous a livré les clés de son nouvel opus, Une histoire d’hommes. Le dessinateur nous parle de rock, mais aussi de regrets avec un naturel désarmant.

Dans votre nouvelle bande dessinée Une histoire d’hommes, parue aux éditions Rue de Sèvres, on a le sentiment d’un ouvrage qui relate des amitiés perdues, de la nostalgie qui s’installe… Est-ce que vous exprimez vos propres regrets ?
Le thème des regrets est récurrent dans le livre : qu’est-ce que c’est de grandir, ou de ne pas pouvoir grandir à cause d’un rêve brisé ? Il est clair que des groupes qui se forment et qui se brisent, moi j’en ai fait beaucoup, mais c’est beaucoup plus dur quand au sein du groupe il y en a un qui poursuit le rêve, parce qu’il renvoie forcément aux autres leur échec et leur abandon. J’avoue que je ne l’ai jamais vécu, parce que je n’ai jamais joué dans un groupe avec quelqu’un comme le personnage de Sandro, mais je réfléchissais à ce thème-là, et pour moi c’était le thème de fond. Le rock, l’ambition autour de la musique c’est vraiment le prétexte, mais le vrai thème c’est effectivement comment grandir, comment dépasser ses regrets, comment devenir un homme. Le personnage vivant c’est mon personnage de départ dans l’histoire qui est resté bloqué dans une  de cynisme, il n’avance plus, sa vie s’est arrêtée à la rupture de son groupe, et lui il est étouffé par ses regrets justement.

ZUT19_WEB_Zep_Histoire_d'hommes_rock_2Dans la BD, le chanteur qui porte le groupe au départ se retrouve sur le carreau. N’y a-t-il pas aussi une critique latente qui dit qu’il ne suffit pas forcément d’être créatif pour réussir ?
Non, pour moi personne n’a réussi quoi que ce soit, il y en a un qui a poursuivi le rêve mais on sent dès le départ qu’il est beaucoup plus porteur, c’est lui que les gens applaudissent, les autres sont un peu plus interchangeables. Mais sa vie a aussi des fêlures, il porte ses secrets qu’il n’arrive pas à dépasser, sa vie familiale est brisée, il y a un secret donc c’est en train de briser son couple aussi… Il y a énormément de choses qui sont pesantes dans sa vie. Son rêve de star qu’il avait quand il avait 20 ans n’est plus du tout le même à 45 ans et il n’a pas les armes pour y faire face. Il a besoin de retrouver son copain Yvan pour faire face à cette situation. Pour moi il n’y a pas un gagnant et un loser, mais à un moment ils échangent effectivement leurs vies, et c’est là qu’on se rend compte que cela tient à peu de choses. Le succès c’est un plus mais la vie vraiment incarnée du personnage ne se joue pas là.

Les personnages semblent regretter le passé et ne pas apprécier l’instant présent. L’insatisfaction n’est-elle pas en fait l’essence même du rock ?
Au départ, ce rêve rock, il est là, et il pousse les gens à se dépasser, à aller dans quelque chose de rapide et d’une certaine sauvagerie même. Mais en fait, le rock c’est infantile, c’est le fait de dire qu’on n’est pas contents, « I can’t get no satisfaction », so what ? Mais vous voulez quoi ? Et là on se rend compte qu’il n’y a plus personne. Les rockeurs il y en a peu qui vieillissent. Le Bob Dylan de 65 il n’existe plus, on peut le déplorer mais c’est comme-ça. Mais il y a aussi des gens qui jouent le cirque du vieux, les Stones continuent à jouer les morceaux qui ont fait leur succès il y a 50 ans, et c’est aussi génial, mais à l’époque où il le faisaient c’était la révolution. Aujourd’hui c’est le cirque.

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Vous sortez de l’univers de Titeuf pour construire une forme de récit, est-ce que c’est une voie que vous souhaitez poursuivre concrètement ?
J’ai déjà écrit des scénarios, pas avec ces personnages-là mais dans cette veine-là. J’ai envie de poursuivre, mais après il faut que le livre soit prêt. J’ai plein d’ébauches de livres dans mes carnets. Je dois les relire, et de temps en temps, je sens que quelque chose qui a été noté il y a deux ans arrive à maturation.

Quelles serait la figure rock que vous dessineriez spontanément dans vos prochains ouvrages ?
Je ne ferais pas une biopic d’une star que j’aime parce que ça me paralyserait, parce que j’ai un côté fan. Je suis plus attiré par des gens qu’on a perdus, ceux qui ont disparus. Dans le rock, il y a des histoire mystérieuses absolument géniales. Vous savez qu’il y a des gens qui continuent à chercher Elvis depuis 40 ans ? Moi je trouve ça absolument fascinant. Il est vrai que les personnages rock ont eu une influence qui les a dépassés de loin : quand vous écoutez une interview de ces rock-stars de l’époque, elle étaient très jeunes, elles n’avaient pas forcément grand-chose à dire et le peu qu’elles ont dit est devenu une pierre philosophale pour une grande partie des jeunes de leur époque.

Sans révéler l’issue de votre BD, l’une des cases révèle la dimension visionnaire de l’artiste. Il ne cherche pas à savoir, mais il sait malgré lui.
Sans être un artiste, je pense que le corps a l’empreinte de plein de choses que notre cerveau ne sait pas. On développe des maladies parce que notre corps nous dit un truc qu’on n’arrive pas à comprendre. C’est quelque chose qui est un peu surnaturel mais je pense que par moment on peut avoir une intuition, l’empreinte de quelque chose que le corps va nous dire de manière insistante, mais nous on n’a pas du tout les clés pour le comprendre.

Propos recueillis par Emmanuel Abela et Valentine Schroeter le 18 septembre à l’Aubette,
dans le cadre des Bibliothèques Idéales
Photo : Pascal Bastien

Une histoire d’hommes, Rue de Sèvres

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Amorostasia : la chronique des sentiments

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L’impalpable qui sommeille en chacun serait-il nécessaire au bon fonctionnement du monde ?
Vaste question. Dans la bande dessinée Amorostasia, le strasbourgeois Cyril Bonin dessine un univers où s’aimer est interdit et interroge le rôle des sentiments dans notre société. Rencontre.

Dans votre tout dernier ouvrage, Amorostasia paru aux éditions Futuropolis, les amoureux sont statufiés…
Je regrettais qu’on ne puisse pas retenir les moments heureux de la vie, et à partir de cette idée-là j’ai imaginé une épidémie qui se répandrait et qui toucherait uniquement les personnes heureuses. Or le bonheur, c’est assez vaste ! Donc en y réfléchissant un peu plus, j’ai décidé de concentrer l’histoire autour d’une des formes du bonheur qui est le sentiment amoureux.


Vous racontez l’histoire du point de vue d’un personnage principal féminin.
J’ai toujours bien aimé avoir des personnages féminins assez forts dans les différents albums que j’ai pu réaliser. Du coup on découvre l’histoire à travers ses yeux, on s’identifie à elle et on est plus directement touché que si c’était un homme qui regardait de l’extérieur. Il y a deux parties : une partie où on voit les différents évènements de l’extérieur, par les yeux de la journaliste qui couvre les évènements et petit à petit on rentre plus dans l’intimité du personnage quand elle est personnellement concernée par l’épidémie. Elle se rend compte que non seulement elle peut douter des sentiments de son compagnon mais également de ses propres sentiments. C’est l’un des aspects que j’avais envie d’aborder : dans une relation amoureuse, il y a toujours le doute, on n’est jamais sûrs que les sentiments sont partagés. Avec cette épidémie, le doute n’est plus possible.

ZUT_WEB_AmorostasiaVous traitez donc de l’amour intergénérationnel, de la discrimination et du rôle des femmes dans la société : c’est assez complet comme BD !
Oui, finalement il est vrai que c’est assez complet. À la fois, ça ne s’est pas posé pour moi de manière aussi claire tout de suite, c’est-à-dire qu’au fur et à mesure que j’ai écrit, les différents thèmes sont apparus. Mais je ne me suis pas dit dès le départ que j’allais explorer de fond en comble le sentiment amoureux, parler de la place des femmes dans la société, ça s’est dessiné au fur et à mesure. D’ailleurs j’ai écrit une dizaine de versions avec des angles très différents.

Et pourquoi avoir choisi cette version, où finalement tout le monde peut s’identifier aux personnages ?
À force de travailler sur le sujet, je me suis rendu compte des différentes problématiques que ça pouvait soulever, et donc j’ai fait des choix. J’ai élagué certaines choses pour aller à l’essentiel. Il y a eu des scénarios avec plus d’aventure, des courses poursuites… Mais en écrivant, tous ces aspects ont disparu pour se concentrer sur le sentiment amoureux, sur les sentiments en général, et sur un aspect plutôt introspectif. Il est vrai qu’il est plus difficile de parler d’amour quand on court dans tous les sens ! Et à la fois, la difficulté c’était qu’à mon sens, plus on parle d’amour, plus on risque de tuer le sentiment. Avec les sentiments; si on théorise trop, on refroidit le sujet. J’avais un peu peur que ça ressemble à une réflexion sur l’amour, un peu universitaire, et qu’on ait finalement peu d’émotions à la lecture de l’ouvrage. L’écriture de mes albums, c’est une aventure différente à chaque fois. Pour celle-là, il y a eu des changements jusqu’au bout, c’est une histoire qui a évolué.

C’est votre troisième BD chez Futuropolis, une maison d’édition qui fait évoluer la bande dessinée.
C’est un éditeur avec qui je me sens bien. J’aime beaucoup la relation que j’entretiens avec mon directeur artistique, Sébastien Breding. C’est quelqu’un qui relit vraiment à fond les projets, qui fait des remarques autant sur les textes que sur les dessins, donc il y a une forme d’échange avec lui qui va dans le bon sens, qui nourrit l’histoire. Après, la ligne éditoriale de Futuropolis est assez exigeante, assez engagée sans être pour autant élitiste. Je me reconnais dans cette ligne éditoriale. Moi ce que je recherche, c’est une réflexion sur le monde qui nous entoure. Ici sur les sentiments amoureux.

ZUT_WEB_Amorostasia 3Vous avez longtemps travaillé en binôme, et maintenant vous privilégiez le travail en solo. Était-ce une envie ?
J’avais depuis longtemps envie de travailler seul. Quand je travaillais avec des scénaristes, je rongeais mon frein, j’avais toujours envie de mettre mon grain de sel. Dans la série Fog, on échangeait beaucoup avec le scénariste Roger Seiter avant de démarrer une histoire, ce qui me permettait de mettre de côté mes propres envies. Mais petit à petit, ces envies se sont affirmées. Et puis je me suis jeté à l’eau, j’ai commencé à écrire. Le travail en équipe favorise la rencontre humaine, mais j’avoue avoir davantage de plaisir à travailler seul, notamment parce qu’au moment de l’écriture il faut vraiment que je m’immerge dans l’histoire pour pouvoir créer la mise en situation et trouver le ton juste. Je prends aussi plaisir à manier la langue, les mots. Je suis très attaché aux dialogues. Les mots suffisent, et parfois même dépassent l’image, puisqu’ils permettent au lecteur de se faire sa propre vision. Il y a vraiment une réelle puissance des mots. L’art de la bande dessinée, c’est de jouer avec les deux et de faire naître une complémentarité entre les deux.

Est-ce que vous auriez envie d’aller plus loin dans la BD ? Quel serait votre projet ultime, votre fantasme ?
J’ai deux idées : la première serait de faire un album avec une série d’histoires qui se passeraient sur des terrasses de café, on survolerait les tables, on capterait différentes bribes de discussions sur la vie personnelle des clients… L’autre idée, ce serait de raconter une histoire où tout de passe bien. Il n’y aurait pas de méchant, tout le monde serait heureux…

Ça ne risque pas d’être un peu ennuyeux ?
C’est l’écueil justement. Mais je pense qu’il faut trouver le bon angle, il faut qu’il y ait des choses à méditer, il faut susciter l’intérêt, qu’il y ait une sorte de suspens. Mais ce n’est pas si évident que ça. Hitchcock racontait qu’un de ses scénaristes avait souvent de bonnes idées dans la nuit, mais qu’il les oubliait. Une nuit, il a noté sur un carnet les idées qui lui venaient après un rêve. Le lendemain matin, il a lu sur ses notes : « Un homme rencontre une femme ». Ça paraît tout bête comme-ça, mais dans son rêve, ça devait être tellement bien qu’il avait envie de le noter. C’est ce que j’aimerais arriver à faire, une histoire qu’on pourrait résumer par « un homme rencontre une femme » mais qui serait suffisamment intéressante pour qu’on ait envie de la lire.

Pour finir, quel est pour vous le rôle des sentiments dans la société ?
Il y a un rôle évident de lien social. Il y a les sentiments au sens large, après l’amour en lui-même est quelque chose que tout le monde cherche, ça influence notre comportement. Même si le sentiment amoureux n’est que de la chimie, on a quand même besoin d’une sorte de décorum, le prince charmant tout ça. L’amour, c’est ce qui fait que la mayonnaise prend.

Propos recueillis par Valentine Schroeter
Amorostasia de Cyril Bonin éditions Futuropolis

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Dans l’entre-deux avec Julie Meyer

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IMG_1183Capturer le temps qui passe, c’est l’exploit que réalise la photographe alsacienne Julie Meyer dans chacun de ses clichés. Avec ce coup de projecteur sur ce qui nous échappe, elle remet en question notre perception de l’instant.

Après une enfance marquée par de nombreux voyages, Julie Meyer, photographe diplômée de l’École Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg (actuelle HEAR), continue son exploration du monde et l’illustre par des clichés de bordures de routes, de gares ou encore de stations de métro. « Je n’interviens pas sur le territoire lui-même, c’est vraiment le cadrage et le point de vue qui me sont propres. Je ne déplace pas les objets, j’essaye d’être proche du réel ». Chantiers de construction, panneaux publicitaires, objets du quotidien abandonnés…

IMG_1144Les prises de vues de Julie Meyer témoignent des traces indélébiles laissées par l’homme dans la nature, et apparaissent comme une étude des rapports entre l’être humain et son environnement immédiat. Pourtant, dans ses photos, l’homme n’existe pas physiquement, mais uniquement par ce qu’il laisse derrière lui : ses biens matériels et ses souvenirs. Le souvenir et le temps qui passe forment d’ailleurs le fil rouge de l’œuvre de la photographe : « Je m’intéresse beaucoup aux intervalles dans le temps et dans les territoires. Ce qui est central dans ma pratique c’est la ruine, non pas forcément un bâtiment qui se dégrade, mais aussi le temps qui a échappé à la perception et c’est ce temps-là que j’essaye d’enregistrer avec la caméra ou l’appareil photo ».

Au fil de ses déplacements, Julie Meyer crée des œuvres dans un temps donné et un territoire changeant. Pourtant, si illustrer le cheminement par des images fixes semble paradoxal, là est la particularité de cette jeune femme qui utilise la photographie comme un art de l’entre-deux. Son attrait pour ce qui se situe dans l’intervalle, qu’il soit d’ordre temporel ou spatial, elle le conceptualise à l’occasion d’une exposition au Syndicat Potentiel de Strasbourg : l’artiste y présentera quelques uns de ses clichés dans un bac de révélateur, pour rendre compte de la fragilité du tirage, qui va à terme s’assombrir pour finalement disparaître. L’œuvre de Julie Meyer, accusation du caractère destructeur de l’homme ou narration imagée du temps qui s’écoule, nous interpelle par des clichés ancrés dans le quotidien qui mettent en évidence ce que l’on ne voit pas, ou ce que l’on refuse peut-être de voir.

Par Valentine Schroeter

INTERSTATE, exposition de Julie Meyer du 10 octobre au 2 novembre au Syndicat Potentiel à Strasbourg, dans le cadre des Journées de l’Architecture.

INFRA ORDINAIRE, exposition et vidéo-projection (Exploration et Cartographie des marges, France/Etats-Unis) à partir du 18 octobre à l’Artothèque de Strasbourg.

 

D’amour, de fantaisie et d’humour

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Sorti en 1953, Pain, amour et fantaisie est un pur bonheur, une comédie populaire de haute tenue réalisée par Luigi Comencini, un des grands noms de cette fameuse comédie à l’italienne qui prospéra pendant une vingtaine d’années. Le film est une merveille d’érotisme (Gina Lollobrigida !), de grâce (Gina Lollobrigida !) et aussi d’humour. Vittorio de Sica dans le rôle d’un maréchal des logis affecté dans un petit village des Abruzzes qui court plusieurs lièvres dont Fantassine la piquante (Gina Lollobrigida !) est aussi séduisant que drôle. Ce film aura tellement de succès que Comencini tournera l’année suivante Pain, amour et Jalousie avec… Gina Lollobrigida !

Par Philippe Schweyer
Pain, Amour et Fantaisie, de Luigi Comencini / Carlotta

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