Diamonds in the sky

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«… Elles sont là, faisant le mystère éclatant,
Chacune feu d’un gouffre, et toutes constatant
Les énigmes par les lumières.
Andromède étincelle, Orion resplendit ;
L’essaim prodigieux des Pléiades grandit ;
Arcturus, oiseau d’or, scintille dans son nid ;
Le Scorpion hideux fait cabrer au zénith
Le poitrail bleu du Sagittaire.
L’aéroscaphe voit, comme en face de lui,
Là-haut, Aldébaran par Céphée ébloui,
Persée, escarboucle des cimes,
Le chariot polaire aux flamboyants essieux,
Et, plus loin, la lueur lactée, sombres cieux,
La fourmilière des abîmes ! …»

Extrait de Plein Ciel, Victor Hugo, La légende des siècles

Il est fort Victor ! Avec une douzaine de rimes et quelques métaphores, il déclenche une irrépressible envie de se balader au clair de lune, le nez pointé vers l’azur noirci et de décortiquer les schémas scintillants dessiné par les constellations argentées
Justement, en cette calme saison estivale, où les villes sont désertées par les vacanciers et durant laquelle le rythme globale des activités tourne au ralenti, pourquoi ne pas chercher la lumière nocturne au delà des néons, lampadaires et autres stroboscopes ?

Si les 9, 10 et 11 août étaient internationalement consacrées « Nuits des Étoiles », c’est bien parce que la période juillet-aout est moment le plus propice pour voir poindre les spectaculaires et délicates étoiles filantes ! Bon, pas de chance, cette année la météo était plutôt maussade et l’événement n’a pas forcement tenu toutes ses promesses… Mais rassurez vous, les réjouissances ne sont pas finies, il reste encore une bonne dizaine de jours pour observer avec enthousiasme ce qu’il se passe « là haut ».

Carte céleste de l’hémisphère nord.

Carte céleste de l’hémisphère nord.

Ce qu’il se passe précisément, c’est que note bonne vieille planète orbite actuellement dans le sillage de la comète Swift-Tuttle. A chaque passage, Celle-ci laisse échapper derrière elle une trainé de poussières cométaires – les Perséides – qui, en pénétrant dans l’atmosphère terrestre se consument et forment une pluie d’étoiles filantes.

Mise au point pour les plus gaulois, qui craignent que « le ciel leur tombe sur la tête » : la taille des débris en question est comprise entre celle d’un grain de sable et celle d’un petit pois. d’ailleurs ces miettes cosmiques brulent intégralement à une altitude d’environ 90km. Quand à la plus conséquente Swift-Tuttle, elle ne viendra pas se fracasser dans votre jardin avant au moins mille ans, tout va bien…

Pour ce qui est de l’observation à proprement parler, la mise en œuvre n’est pas très compliquée. on peut profiter de nuits mémorables et se créer de jolis souvenirs avec pratiquement rien ! Le plus important consiste a faire un choix judicieux du site. Pour des conditions optimales, il vaut mieux s’échapper vers les campagnes et les montagnes. Privilégiez si possible les sites d’altitude et les zones dégagées (mais n’allez pas vous perdre non plus). Dans les Vosges, certains sites sont le paradis des astronomes amateurs (comme le Champ du Feu ou l’Observatoire Astronomique d’Osenbach) et la Forêt Noire n’est pas en reste. Les zones urbaines ou périurbaines sont trop sujettes aux pollutions lumineuses car les éclairages publiques ont le vilain défaut d’éclairer également la voûte céleste. Ainsi les étoiles discrètes et pâles, la Voie lactée, ainsi que les objets du ciel profond tels les nébuleuses disparaissent à l’approche des villes.

Une fois installés, laissez vos yeux s’habituer doucement à l’obscurité et appréhendez les premiers charmes de la voûte cosmique. Les étoiles filantes ne devraient pas tarder à montrer les bout de leurs sillons lumineux : selon les nuits, la fréquence des passages peut aller de 7 à 90 par heure ! Pour augmenter les chances d’en voir, le mieux est de s’allonger pour embrasser du regard la plus grande portion de ciel possible.

La seconde phase de l’exploration du firmament consiste à détailler les objets « fixes » et plus éloignés de notre petite Terre. Cela passe aussi par un léger investissement en matériel, sans pour autant investir dans un attirail high tech hors de prix. Se procurer une carte du ciel nocturne permet de se faciliter grandement la vie et d’en finir avec les approximations et doutes quant a la forme de telle ou telle formation astrale. On en trouve par exemple chez Nature & Découverte. il est également possible de télécharger des cartes du ciel à fabriquer sur le net, et il existe aussi des applications pour iPhone et autres. Ça y est, vous avez la carte du ciel, il ne reste plus qu’à l’orienter correctement, pensez donc à vous équiper d’une boussole.

Vous pouvez enfin dégainer vos instruments optiques ! Avec de simples jumelles (d’un diamètre d’au moins 50 mm de préférence), le ciel prend déjà une toute autre dimension. Cela est dû au grand champ de vision que ces instruments peuvent offrir. Les objets comme les galaxies ou les amas apparaissent dans leur contexte.Une fois les binocles sur les yeux, dirigez votre regard vers l’amas des Pléiades par exemple, la nébuleuse d’Orion, ou encore vers la Voie lactée. émerveillement garanti !
la nuit du 24 est à noter : Jupiter brille en seconde parte de nuit dans les Gémeaux et trois de ses satellites : Europe, Ganymède et Callisto vont se lancer dans un lent ballet avant de dessiner un alignement parfait vers 5 heures du matin.

Pour les geeks et fans des années 80 vous pourrez aussi retracer toutes les constellations du moment et retrouver les héros et méchants de la série « les Chevaliers du Zodiaque ». Seront au rendez vous, Pégase, Scorpion, Cygne, etc. [ne cherchez pas Phénix, c’est une formation de l’hémisphère sud, ndlr]

Seiya, de la constellation de Pégase - les Chevaliers du Zodiaque

Seiya, de la constellation de Pégase – les Chevaliers du Zodiaque

P.S. : n’oubliez pas de faire un vœu si vous apercevez une étoile filante, juste au cas où ça marcherait, on ne sait jamais…

Par Julien Pleis

Effacer la frontière

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Au-delà de l’aspect « collection » comme nous l’avons vu précédemment, l’enfilade de ponts sur le Rhin est le témoin d’une dynamique de rapprochement, la volonté de fusion des deux villes en une seule.

Tirer vers soi la rive d’en face. Vouloir s’accrocher est une idée positive et porteuse de projets. De nombreuses villes médiévales se sont édifiées le long d’un cours d’eau important. Sur les berges d’une voie navigable. Et puis, la ville prospère grandit et s’étend par delà l’eau grâce à la construction de ponts, unificateurs. C’est un développement récurrent dans l’histoire de l’urbanisme.

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Paris intra-muros comprend un grand nombre de ponts sur la Seine. Certains s’inscrivant dans l’histoire de la ville, d’autres très récents, témoin d’une dynamique urbaine forte.

Cette volonté de créer des liens importants de part et d’autre de l’eau, à priori un obstacle, se retrouve dans le projet “Métropole des Deux-Rives”, porté par le cabinet d’architecte Reichen & Robert et le paysagiste Alfred Peter, depuis mars 2010, à Strasbourg.

Sans passer en revue l’ensemble de l’histoire entre Strasbourg et Kehl, il est très intéressant de se rappeler qu’il a déjà existé un tramway entre les deux villes. La toute première ligne du réseau de tramway de la CTS fut d’ailleurs la “Ligne 1 – Kehl” en 1878, jusqu’au Pont du Rhin. Et comme aujourd’hui, c’est après de longs litiges financiers et politiques, qu’en 1896, la ligne traverse le fleuve pour arriver à Kehl. Elle disparaît à la suite de la seconde guerre mondiale.

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Carte postale témoignant de la liaison Strasbourg-Kehl.

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Carte postale « En route pour Kehl »

La volonté d’aller toujours plus à l’Est se retrouve à plusieurs reprises lors de concours d’idées. La consultation internationale sur l’aménagement du secteur Rhénan et de l’axe Est-Ouest en 1991 retient deux propositions ex-aequo. L’agence de Stuttgart STEG et l’agence franco-allemande SEURA, composée de Philippe Panerai et de David Mangin. Cette dernière propose de créer une gare TGV-ICE sur un pont au dessus du Rhin. Une gare dans le pont avec une entrée en France et une en Allemagne. Un projet innovant qui ne verra pas le jour.

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Projet SEURA (Panerai + Mangin) 1991, un Pont-gare sur le Rhin

L’union très symbolique entre la France et l’Allemagne se concrétise donc, toujours plus. Et la mise en place d’infrastructures très structurantes, comme ce nouveau pont du tramway, dégage une telle énergie que les projets d’aménagement ne se conçoivent plus de façon mono-nationale, mais comme s’occupant d’un véritable territoire uni, bi-national. Un témoignage fort de cette dynamique est le concours d’aménagement des Deux-Rives, qui s’est achevé le 17 janvier dernier. Le jury franco-allemand, présidé par Henri Bava a récompensé les architectes Finn Geipel et Giulia Andi, formant l’agence LIN Architects Urbanists, située à Berlin et à Paris, pour leur projet “Cour des Douanes – Zollhofareal”, qui s’appuie sur la mise en place du nouveau pont pour dessiner le futur de la zone transfrontalière.

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Masterplan du projet Lauréat de LIN Architects

Et tel un effet ‘domino’, nous imaginons que cette dynamique ne va pas s’arrêter aux rives du Rhin, mais continuer et se diffuser, s’ancrer dans le grand territoire de l’Eurodistrict. Une telle coopération transfrontalière est très difficile à mettre en place en réalité. Les différences de culture, les lacunes juridiques, les difficultés de dialogue pèsent souvent lourdement dans la balance. Et cela prend beaucoup de temps. Ce lien se construit très finement, et chaque étape est une victoire. De nombreux autres couples de villes, de part et d’autre d’une frontière, cherchent à mettre en place une politique commune, un thème de développement commun. Mais la réalité du terrain montre parfois que les conseils municipaux, chacun de leur côtés, préfèrent les solutions égocentrées. Certes plus simples à mettre en oeuvre mais peu porteuses en innovation, en souffle d’énergie et d’envie pour l’avenir. Le couple Strasbourg-Kehl est peut-être à mette en exemple, au moins en matière de développement urbain et de vision d’avenir.

Par Pauline Doizenet

Lire aussi :

Ponts sur le Rhin : accumulation artistique ? Collection compulsive ?

Tahar Rahim, l’incandescent

Le by Cécile Becker dans la catégorie Cinéma, CULTURE, Rencontre | Laisser un commentaire  
© Christophe Urbain

Tahar Rahim par Christophe Urbain

ZUT ! : Tu viens présenter Grand Central à Strasbourg, ville où tu as des attaches, qu’est-ce que ça représente pour toi d’être ici ?
Tahar Rahim : En général, on a deux villes dans sa vie. J’ai toujours cru que ça allait être Belfort, ville où j’ai grandi, et Paris, ville où je grandis. Mais une partie de ma famille a bougé à Strasbourg depuis un long moment maintenant. La maison-mère est devenue Strasbourg, qui est de fait devenue ma troisième ville. Présenter ce film ici, c’est comme être à la maison et montrer ce film à ma famille, je suis très content.

Tu as accepté de tourner dans Grand Central sans lire le scénario. C’est plutôt rare. Pourquoi ?
Normalement, je lis les scénarios. Ce n’est pas usuel d’avoir fait ça. J’ai d’abord beaucoup aimé Belle Epine, le précédent film de Rebecca. Avec elle, il s’est passé quelque chose de très intéressant, comme une espèce séduction entre une réalisatrice et un acteur, de cinéaste à comédien. Me découvrir sous une autre couleur me plaisait beaucoup avec un sujet inédit en toile de fonds : une centrale nucléaire, et aussi, une histoire d’amour, qui est quelque chose que j’aime jouer. L’histoire et les personnages m’ont séduit, j’avais donc suffisamment confiance, suffisamment d’éléments, pour me lancer dans l’aventure sans lire le scénario.

Rebecca Zlotowski fait une analogie entre la centrale nucléaire, la contamination, les doses radioactives auxquelles ton personnage, Gary, est confronté et l’amour, est-ce que ce rapprochement te plaît ?
Je pense que c’est le moyen le plus parfait de raconter une histoire d’amour dans une centrale nucléaire. Comment la raconter autrement que par cette passion amoureuse qui est finalement indolore, incolore qui te consume de l’intérieur, exactement comme cette dose radioactive qui vient de la centrale… Il y a tout un jeu entre la centrale et l’amour que Gary porte à Karole, les deux sont extrêmement liés : il va continuer à se brûler pour elle et, à cause d’elle, d’une certaine manière, il va se brûler dans la centrale.

Il y a beaucoup de tensions dans ce film et Gary, se laisse souvent submerger par ces tensions, c’est un jeu très viscéral. Au-delà du fait que la direction d’acteurs est très précise, comment joue t-on avec ses limites ?
Ça vient des tripes. Si on fait face à de tels dangers, si on s’expose à un lieu comme celui-ci et aux risques que cela comporte, ça doit être viscéral. Si ça ne l’est pas, je n’y crois pas. D’autant plus que mon personnage est un apprenti, comme le spectateur, il oscille entre le mystère qui existe autour des centrales et la réalité du terrain. Je suis tout le temps sur la corde raide, le rythme est comme celui des battements d’un cœur. Rebecca a très bien dirigé les acteurs, mais être acteur marionnette, c’est pas mon truc, j’ai besoin de faire des propositions, qu’on accepte ou qu’on refuse. Il y avait avec elle un équilibre très sain entre mes envies, et les moments où je ne savais pas quoi faire et où elle me donnait des clés.

Selon moi, Grand Central joue avec les peurs : peur de l’inconnu, peur de la mort, peur du nucléaire aussi…
Il s’agit surtout de la peur de l’amour, la peur de se lâcher. Je joue une espèce de cowboy qui arrive dans une nouvelle ville à conquérir. Problème : il tombe amoureux d’une fille qui est avec un type, un collègue. A la fin, il finit par comprendre que s’il n’y avait pas Karole il serait déjà parti. Il a cerné ce nouveau monde auquel il est confronté : c’est un groupe qui s’invente une vie, un groupe qui tourne en rond. Au fond, il voudrait y échapper, mais il va au bout pour elle, il essaye tout, pour elle, il tente tout pour l’avoir. Il va au-delà de ses propres limites. Il est surtout question de ça. La peur de la mort rôde, même si la mort n’est pas immédiate dans ce genre de milieu…

Il s’agit d’amour, mais surtout de passion brûlante. L’on finit par retomber dans ce questionnement essentiel : la passion est-elle amour ?
Je pense qu’une relation amoureuse passe forcément par le passionnel : on dit qu’on TOMBE amoureux. Tomber ce n’est pas anodin. Ce n’est pas comme une famille, ou des amis qu’on choisit, l’amour c’est l’impalpable qui te prend de l’intérieur et qui finit par te diriger. Tu perds le contrôle, beaucoup de choses t’échappent. Et c’est ça le vrai truc : un truc qui te prend, te brûle, qui te fait ressentir des choses inédites. Il y a cet adage tout con, tout bête : « Le cœur a ses raisons que ses raisons blablabla », mais c’est vrai ! Ça peut te rendre aveugle : le monde que tu vois à 180 degrés, peut se réduire à 10 degrés c’est à dire la largeur des épaules de la personne qui est en face de toi. (Rires). Je pense que pour aimer sainement et se libérer de ce rapport dominant dominé qui dure longtemps dans un couple, il faut sortir de la passion. Il faut évidemment être passionné, mais pas trop longtemps.

Tu dis que pour accepter un rôle il faut que tu apprennes, alors qu’est-ce que ce film t’a apporté ?
Ça m’a appris à mieux exprimer la sensibilité féminine qui m’habite et qui habite chaque homme. A avoir moins d’à priori sur ce qu’est une déclaration d’amour. J’ai encore fait un pas de plus dans mon apprentissage d’acteur, notamment pour me mettre dans la peau d’un personnage.

Gary est un rôle sur le fil, comme beaucoup de rôles que tu acceptes. Est-ce une manière de te mettre en danger ?
Peut-être. Ces gens qui sont sur le fil, en marge de la société, qu’on pourrait dire perdus : ce sont eux qui nous ramènent le plus à notre propre personne et nous touchent le plus. Eux osent se brûler et aller au bout des choses. C’est des cours de récréation pour moi. A travers ces personnages là, je peux exercer mon travail à des hauteurs que je ne peux pas explorer avec d’autres personnages. J’aime ça, les films où je peux sentir que je peux péter, je montre des sentiments que je ne trouve pas ailleurs. Tu as là, la possibilité de toucher les zones sombres qui sont en toi.

Pourquoi te tournes-tu presque systématiquement vers le cinéma d’auteur ?
Je m’efforce d’essayer de jongler, sauf que les films un peu plus grand public dans lesquels j’ai joué n’ont pas trop marché. (Rires). Je ne jouerai jamais dans un film bête, j’espère. Peut-être que c’est toi qui fait l’amalgame entre un film commercial et un film bête ? (Rires). Mon envie artistique, ma sensibilité d’acteur me guide vers un cinéma que j’ai moi-même envie de voir. J’ai aujourd’hui tendance à m’élargir vers quelque chose de plus proche du public en masse, mais je veux faire des choses intelligentes et fortes. Gibraltar, un film que je viens de faire, est un bon film fait pour le grand public puisqu’il traite de la vraie histoire de Marc Fievet. On y parle des douanes françaises, on n’a jamais fait ça : il n’y a jamais eu de film qui raconte réellement comment ça se passe. Je veux continuer à faire ce genre de choses. Je n’abandonnerai pas l’un pour l’autre.

Tu parles souvent de cinéma, et de réalisateurs notamment, avec beaucoup de passion et d’admiration, est-ce que la réalisation t’attire ?
Bien sûr, ça attire tous les acteurs je pense. Moi ouais, peut-être qu’un jour j’essaierai. Ce qui me botte en ce moment c’est l’écriture. Des scénarios plus que des livres. J’ai le sentiment que c’est beaucoup plus difficile d’écrire un livre qu’un scénario, et puis je connais les scénarios.

La musique de Grand Central a été composée par Rob de Phoenix avec Colin Stetson, ce qui me permet d’abord de te demander 1 : si tu aimes Phoenix ? 2 : qu’écoutes-tu en ce moment ?
Phoenix, bien sûr, j’adore, tu rigoles ? C’est génial ce qu’ils font. Mais sinon, j’ai redécouvert Yazoo à travers ma sœur. (Il sort son iPhone). J’écoute Apollo Brown, du hip-hop underground, un peu street, ambiant. Sinon, j’ai toujours du Michael Jackson qui traîne quelque part, du Prince aussi, c’est vraiment génial. J’écoute Florence and The Machine, son album est super, et sa reprise du morceau de Drake et Rihanna est incroyable, il faut que tu écoutes. Bien sûr, il y a Daft Punk, mais je suis plus Get Lucky, j’ai un peu de mal avec le reste de l’album, et Robin Thicke, bien sûr. C’est l’été !

Grand Central, sortie nationale le 28 août 2013
Gibraltar, sortie nationale le 11 septembre 2013

Retrouvez l’Instant Flash de Tahar Rahim dans le prochain Zut ! Strasbourg à sortir cet automne

Clichés & chaud(e)s lapin(e)s

Le by Cécile Becker dans la catégorie Prêt-à-porter, Shopping, TENDANCES | 3 commentaires
Dans la collection Pigalle, les Sex Marcel affichent la couleur.

Dans la collection Pigalle, les Sex Marcel affichent la couleur.

Encore un article sur une marque parisienne, oui mais non. Si Paris Nord nous dit quelque chose du vrai Paris, celui qui vaut le détour, porter cette toute nouvelle marque ce n’est pas parler typo et code couleur attablé au Flore avec toute la condescendance qui s’impose. S’afficher Paris Nord c’est boire des bières entre copains quelque part à Belleville en se racontant des blagues ou son dernier plan cul, tout cela en élevant l’auto-dérision en leitmotiv. Non, Paris Nord n’est pas réservée aux Parisiens. Paris Nord est designée pour les gens drôles qui « n’ont ni froid aux yeux, ni aux fesses ». Paris Nord, pour faire simple, c’est la vie, la vraie. Et surtout : c’est foutrement cool. Interview des « fauteurs de trouble » qui se cachent derrière ce grabuge : Mario et Nastassja.

ZUT !
: Paris Nord, qui es-tu ?
M+N. : Nous sommes deux à l’origine de Paris Nord : Mario & Nastassja. On s’est vite rendu compte qu’en plus d’être un couple on était un super binôme, très complémentaire. Du coup le désir d’avoir quelque chose à nous, qui nous ressemble, et qui nous permette de nous exprimer s’est concrétisé.

D’où vous est venue l’idée de lancer cette marque ?
Nos intérêts pour la mode, le street art, les bonnes idées et les bonnes blagues, ont fait que créer une marque de streat wear nous semblait assez logique, et naturellement on est venu à proclamer Paris Nord comme notre plateforme d’expression. Paris Nord, parce que de plus en plus, les jeunes parisiens se revendiquent d’être de Paris Nord. Parce que c’est l’anti Rive Gauche, parce que c’est là où le vrai Paris vit et sévit. Et c’est une source d’inspiration infatigable. Parce qu’on y vit et parce que cela nous ressemble : Paris Nord est brute, jeune, provocatrice, multiculturelle comme nous. On aimerait faire reconnaitre la culture du nord de Paris, parce qu’aujourd’hui, tout ou presque s’y passe. Actuellement l’esprit Rive Gauche c’est la nostalgie d’une époque : c’est chic, bourgeois, sérieux. Tout ce qu’on n’est pas. Outre les zones géographiques, c’est vraiment plus l’état d’esprit qui y règne, et les valeurs inculquées dans ses quartiers. On est fiers d’être de Paris Nord et nous ne sommes pas les seuls.

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Le nom de votre marque pourrait laisser penser que vos vêtements sont réservés à ceux qui vivent cette ville et ses clichés, un argument pour nous convaincre que vos collections ne sont pas réservés qu’aux Parisiens ?
Bien sûr, on joue sur la reconnaissance, l’appartenance de Paris Nord. Mais nos capsules Sex Marcel et Fuckin Tourist sont travaillées de manière à ce qu’elles parlent tout autant à un Japonais qu’à un Strasbourgeois du moment qu’ils se reconnaissent dans les phrases provoc inscrites sur les débardeurs Sex Marcel ou dans les images décalées et internationales des t-shirts Fuckin Tourist. Et puis Paris Nord, c’est aussi et surtout une gare, une portée d’entrée dans ce Paris dont on est fier…

Le propos de Paris Nord est de sortir des collections en lien avec les quartiers nord de Paris. Votre première collection se concentre sur Pigalle et Montmartre, deux quartiers populaires, est-ce important pour vous de rester proche des clichés et croyances populaires ?
Globalement tout Paris Nord est populaire (même si Montmartre n’est pas si populaire que ça.). Notre culture l’est aussi. On reste attaché aux stéréotypes des quartiers car ils ont une aura internationale d’autant plus qu’ils sont vrais. C’est grâce à ça qu’on arrivera à faire sourire et à faire réagir.

Une collection, deux séries Sex Marcel et Fuckin Tourist, quelques mots pour les présenter ?
Sex Marcel est une série de débardeurs où sont inscrits des messages érotiques, provocateurs ou poétiques qui parlent à des personnes qui n’ont pas froid aux yeux, et ni aux fesses. Fuckin Tourist est une capsule de teeshirts qui tourne en dérision le tourisme et joue sur la confusion entre des monuments et des villes avec une esthétique carte postale. C’est le tee shirt souvenir d’un mec en plein jet lag.

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La capsule Fuckin Tourist, signée Paris Nord.

Derrière ces vêtements, il y a beaucoup d’humour et d’auto-dérision, porter « Paris Nord », c’est affirmer quoi de soi ?
C’est affirmer qu’il ne faut surtout pas se prendre au sérieux avec ses fringues.

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Les broderies décalées de Brode, Pute

Brode, Pute, les bijoux Félicie Aussi et bien d’autres… On a l’impression qu’affirmer quelque part un côté « vulgaire » est un atout. Sex Marcel s’inscrit dans cette mouvance, d’où vient cette tendance selon toi ?
On ne considère pas Sex Marcel comme vulgaire. Nous n’utilisons jamais « bite », « salope » ou « une tisane ou une bonne pipe ? », on essaye d’être tout aussi provocateur tout en gardant des mots plus beaux. Cela peut certes choquer, mais c’est aussi une réaction que l’on peut chercher, comme ces marques là j’imagine.

Alors, est-ce que la beaufitude est le nouveau cool ?
Ça a toujours été le cool de quelqu’un, non ? Le beauf d’hier est le cool d’aujourd’hui et vice et versa : la coupe mulet, la veste de jogging du club de foot de Joinville le Pont, le point de croix, le jean ultra taille haute…

Vous pouvez trouver des t-shirts Paris Nord à la boutique Colette, 213, rue Saint-Honoré à Paris mais aussi sur leur e-shop, et au Bouclard, 15 rue Charlot.

Suivre la marque Paris Nord sur Facebook et connaître ses points de vente all around the world
Le site de Paris Nord

Les contacter : bonjour@welcometoparisnord.com (cliquez sur les pointillés pour laisser apparaître l’adresse mail, ces petits points nous protègent des méchants spams)

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Les bijoux de Félicie Aussi

C’est dans la Vallée, la nouvelle édition en octobre 2013 !

Le by Emmanuel Abela dans la catégorie CULTURE, Musique | 1 commentaire

ZUT_WEB_RodolpheBurgerL’événement est de taille : C’est dans la Vallée connaîtra sa nouvelle édition en octobre 2013, le temps d’un long week-end, du 18 au 20 octobre

Tous les festivaliers se l’accordent : à Sainte-Marie-aux-Mines, C’est dans la Vallée est un festival à visage humain qui se caractérise non seulement par sa programmation singulière, pluridisciplinaire et ouverte, mais aussi par une étonnante cordialité dans l’échange, y compris avec les artistes. Pour le retour du festival en octobre, Rodolphe Burger nous concocte une édition d’exception qui se construit notamment autour de deux soirées mémorables, avec notamment la présence de figures auxquelles le public est très attaché : Stephan Eicher, Rachid Taha, Christophe ou Mick Jones, l’ex-guitariste de Clash.

On reconnaît là la capacité du festival à fédérer les plus grands autour d’événements communs, comme ça a été le cas par le passé avec la présence d’Alain Bashung, Jacques Higelin, Dominique A, les Tindersticks ou Jeanne Balibar. On reconnaît là également cette manière unique de faire s’entremêler délicieusement les histoires d’immenses artistes avec celles des spectateurs dans un cadre favorable à la rencontre et à l’émulation artistique.

La note d’intention du Directeur Artistique, Rodolphe Burger :

« Le Festival C’est dans la Vallée, qui a fêté en 2010 son 10e anniversaire, va prendre un nouveau départ en octobre 2013. Cette nouvelle édition sera à la hauteur de la réputation d’un festival qui constitue un événement unique, autant par la diversité de son offre artistique que par son caractère exclusif.

 Pour que cette édition fasse événement, nous avons choisi de renforcer encore la dimension créative de la programmation. C’est pourquoi nous avons décidé d’organiser deux soirées exceptionnelles au Théâtre : la soirée du vendredi rassemblera autour du projet Psychopharmaka des artistes français et suisses ; Anna Aaron (de Bâle) et le Bernois d’origine Stephan Eicher, Alberto Malo de Lausanne, les Hell’s Kitchen de Genève, me rejoindront avec Olivier Cadiot et Julien Perraudeau pour un concert exceptionnel qui fera de Sainte-Marie-aux-Mines, et pour un soir, la “capitale des Trois Frontières ”. La soirée du samedi, quant à elle, devrait faire date, autant qu’un mémorable bal à Avignon en 2011 : un grand bal rock sera donné au Théâtre en compagnie des artistes Christophe, Mick Jones (ex-guitariste de The Clash), Rachid Taha, notamment. Cet orchestre de rêve se constituera à l’issue d’une résidence de création au studio Klein Leberau.

 Nous réservons bien d’autres surprises aux habitants de la Vallée, et à tous ceux qui, artistes ou public, venus quelquefois de très loin, ont hâte de s’y retrouver. Mais ces deux soirées, dont nous dévoilerons le programme au plus vite, donnent le ton d’une édition que nous souhaitons encore plus festive et mémorable que les précédentes. »

C’est dans la Vallée 2013, du 18 au 20 octobre à Sainte-Marie-aux-Mines
Photo :
Julien Mignot