Patrick, le prénom

Me dire que j’allais rencontrer le mâle aimé de toute une génération, certes un peu passée, me mettait en joie ! Une génération admettons-le plus T que Y, dans laquelle je me souviens enfant avoir été élevée au petit lait Brubru !

Parce qu’avant de se faire un nom, Patrick Bruel doit sa notoriété quasi omniprésente dans les 90’s à celle d’un prénom crié, parfois même pleuré, par des milliers de nymphettes : Patriiiiiiiiick, nos cordes vocales s’en souviennent encore !

Ironie du sort, volonté mal assumée ou simple coïncidence, l’ex-numéro 1 de Poker présentait à Strasbourg son dernier film Le Prénom, une adaptation de la pièce de théâtre éponyme dans laquelle il jouait déjà le rôle phare. Oui parce que Patrick Bruel, tel le couteau suisse des temps modernes est sur tous les fronts et cumule les mandats ! Au chevet de Johnny lorsque que les médias commençaient déjà à se pencher sur sa fiche nécrologique, il est aussi connu comme le joueur de poker invétéré et actionnaire de Winamax, le site de poker en ligne où tu win un max (pardon elle était facile) ; sans compter ses activés annexes d’acteur et de chanteur (et non pas qu’aux Enfoirés je vous entends d’ici) !

Pardonnez mon égarement, j’essaie de tourner autour du pot pour dissimuler mon émotion du moment. Je sortais alors d’un pot de départ arrosé d’une stagiaire, précédé d’un fond d’œil quelques heures plus tôt chez mon ophtalmo, qui avait largement altéré ma vision ! Allais-je reconnaître la célébrité ou le confondre maladroitement avec un autre membre de l’équipe du film ?

 

Rien de tout cela. Je retrouvais un Patrick Bruel plutôt pas loquace, affichant une paire de Stan Smith étrangement immaculée, d’une blancheur presque coupable. L‘acteur affichait alors un niveau d’épuisement extrême, qu’il n’arrivera pas à masquer derrière ses lunettes de soleil ostensiblement accrochées à son col V.  La conférence de presse débute dans une ambiance bon enfant, l’équipe du film complice – 250 représentations au théâtre + un film, forcément ça rapproche ! – est presque plus nombreuse que les journalistes présents… mais qu’importe, la star est là, éteinte certes, mais bien là ! Au fil des questions il se réveille enfin, s’affirme, contredit même et reprend certaines questions un peu trop alambiquées à son goût.

Lorsque j’évoque Le Prénom comme un titre qui aurait pu être utilisé pour son propre biopic, il rejette fermement cette idée à laquelle il n’a pas pensé en acceptant le scénario. Mouais. On n’y croit pas trop. S’enchaînera alors une longue tirade sur le rapport au prénom et  l’importance du choix, comme véritable passeport d’identité. Cadeau ou fardeau ?  On apprendra d’ailleurs que sa mère a changé de prénom en s’installant en France, en portant son choix sur Nathalie, en hommage à la chanson de Bécaud. Quand on sait qu’il a lui même changé de patronyme (officiellement Benguigui) pour Bruel, la question de l’identité et du poids du nom prend alors tout son sens.

À l’issu de cet échange, c’est l’heure de l’image. Il me faut immortaliser la venue de la star à Strasbourg, qu’importe mon petit appareil compact bas de gamme ! De bien meilleure constitution qu’à son arrivée, il souhaite se prêter volontiers au jeu et ne semble pas trop surpris par mon manque de matériel. Nous cherchons quelques minutes un endroit assez lumineux pour la prise de vue express. Il me propose alors de nous prendre nous-même en photo, tels des ados en soirée… Euh, comment dire Patrick, c’est une demande d’image à usage professionnel, je ne compte pas la poster en photo de profil sur Facebook telle une groupie ex-fan des 90’s ! Et là, c’est le drame. Patrick se saisit d’une guitare égarée et m’ordonne presque de prendre cette photo, très fier de lui. J’obéis honteuse. Mais par respect pour vous, chers lecteurs, je ne la publierai pas.

Une rencontre sympathique avec un mythe, pas assez désuet pour perdre de sa superbe. Un film frais et divertissant adapté du théâtre et qui, contre toute attente fonctionne bien à l’écran. Un huit-clos déjanté traitant d’un sujet universel, auquel on est obligé de s’identifier. Bref, une comédie à voir.

Le Prénom, actuellement dans les salles.

Bande-annonce Le Prénom

Le by Caroline Lévy dans la catégorie Cinéma, CULTURE, Rencontre

Ajouter un commentaire