Peter von Poehl, grand art pop

ZUT_WEB_PeterVonPoehl_72Peter Von Poehl a tourné pendant deux ans, expérimentant chacun des morceaux qui constituent son nouvel album, Big Issues Printed Small, mais il n’a mis qu’une journée à enregistrer ce qui s’apparente à une symphonie de poche. Sortie prévue : 11 mars. Review, là de suite !

Il aura fallu du temps pour que le public se familiarise avec l’univers de cet étrange auteur-compositeur venu du Nord, de Suède pour être plus précis, et pourtant ça fait bien longtemps qu’on le croise par ici : tout d’abord au sein d’AS Dragon, le backing-band d’un certain Bertrand Burgalat, puis derrière quelques compositions pour Alain Chamfort, Lio, Vincent Delerm et même Birdy Nam Nam.

Son premier album solo Going To Where The Tea-Trees Are en 2006 avait attiré l’attention sur sa pop à la fois lumineuse et mélancolique. C’est d’ailleurs de cet album qu’est tiré le magnifique The Bell Tolls Five qui en a ému plus d’un au moment de la scène finale de La Guerre est déclarée de Valérie Donzelli.

Il serait sans doute regrettable de ne résumer Peter von Poehl qu’à cette seule composition-là tant son écriture est variée, s’inscrivant dans la grande tradition du songwriting. En témoigne son nouvel album, Big Issues Printed Small qui sort le 11 mars, pour lequel le Suédois a cherché à créer un “orchestre lo-fi”.

À Zut !, nous avons eu la chance de l’écouter, et on peut vous affirmer que c’est du grand art pop, orchestré avec la complicité de Martin Hederos à la manière des arrangeurs historiques, Van Dyke Parks ou Burt Bacharach. On le sait, la modestie de cet artiste hors norme ne le conduit pas à rivaliser avec certains de ses modèles, Scott Walker par exemple, et pourtant c’est ciselé, luxuriant, comme aux plus belles heures des années 60.

Avec une voix qui se révèle dans toutes ses nuances – s’autorise-t-on une comparaison improbable avec le Phil Collins des premiers albums solo ? –, plus mûre, plus personnelle, plus en phase avec l’orchestration, il atteint un niveau qui le rend encore plus attachant. Nous entendons pêle-mêle les Zombies, certains titres de McCartney en solo, mais avec cette distance qu’on retrouve parfois chez Robert Wyatt par exemple.

Serions-nous trop enthousiastes ? Nul doute que vous nous donnerez raison à l’écoute de petit bijou d’intimité et de candeur qui risque fort d’égayer votre printemps…

Big Issues Printed Small, Differ-Ant, sortie le 11 mars

Le by Emmanuel Abela dans la catégorie CULTURE, Musique

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