Psalm a secret song

Psalm a secret song

Psalm a secret song

L’obscurité est presque totale. Une voix chaude avec une pointe d’accent italien délivre des mots que l’on devine choisis avec beaucoup de soin tandis qu’une guitare électrique égraine les notes d’une mélodie qui nous échappe comme un souvenir enfoui. La voix et la guitare se croisent, puis se rejoignent. On aimerait qu’elles restent en phase le plus longtemps possible exactement comme quand il nous arrive de rouler à la même allure qu’un train qui finira fatalement par nous distancer. Après ce prélude magnifique, on n’ose rêver que la danse nous mènera encore plus loin. Pourtant la peur d’être déçu s’évanouit très vite. Au sol, quatre danseuses en sous-vêtements noirs sont allongées sur autant de tapis. On suit leurs mouvements plus ou moins simultanés comme si on avait l’œil rivé à un kaléidoscope géant. Quand la guitare s’emballe, que le son se fait plus strident, les quatre danseuses se mettent à tourner en courant de plus en plus vite. Elles se croisent, se dépassent, dans une course hypnotique parfaitement réglée. Leurs corps qui viennent se fracasser contre le mur, sont comme des morceaux de bois pris dans le ressac. Tout en faisant le plein d’images, on comprend que quelque chose d’une profondeur insoupçonnée est en train de se jouer sous nos yeux. La légèreté des courses, l’apparente facilité des mouvements, la beauté des mots qui ponctuent le spectacle, tout ça a un sens qui nous échappe. Submergé par tant de beauté, on devine que l’on gardera une trace profonde du mystère auquel on vient d’assister. En quittant la salle, on se sent terriblement maladroit, incapable de partager l’émotion qui nous a envahis et qui ne nous quitte pas.

Psalm a Secret Song de la chorégraphe Valeria Apicella (Cie 3.14) à la Filature de Mulhouse le vendredi 11 mai 2012 (et peut-être bientôt à Strasbourg ?).

Le by Philippe Schweyer dans la catégorie CULTURE, Danse

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