Mr Oizo et Eric Judor : le ping-pong

Wrong Cops, le nouveau film de Quentin Dupieux aka Mr Oizo, sorte de spin-off de Wrong, est à l’affiche dans deux semaines. Un film déjanté autour d’une bande de flics malsains, ripoux et répugnants où chaque membre est dépeint par ses obsessions et petits secrets. Dans le rôle de Rough : Eric Judor, le seul acteur français de la troupe qui brille par sa naïveté se transformant en humour corrosif. A l’occasion de l’avant-première du film le 7 février dernier aux cinémas Star, nous avons rencontré le duo : une discussion détendue, et surtout très drôle. Morceaux choisis d’une rencontre à retrouver dans la prochaine édition de Zut ! Strasbourg, avec beaucoup de rires entre parenthèses.

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L’agent Rough (Eric Judor) travaille sur une composition électronique. Surprise : c’est Stunt, le hit de Mr Oizo aka Quentin Dupieux, le réalisateur du film.

Zut ! : Quentin, il paraît que vous n’aimez pas parler de vos films ?
Quentin Dupieux : Je suis hyper à l’aise pour parler de mes films, je n’aime pas parler de moi en fait. Il y a un mec qui m’a fait chier récemment avec qui j’ai parlé de films et de cinéma pendant 1h45 et qui en fait, voulait faire une rubrique sur moi. Je peux parler de tout ce que tu veux sauf de ma vie, les questions du type : et toi, tu manges quoi ? C’est pas trop mon truc…
Eric Judor : Alors que moi, c’est tout l’inverse… 

Zut ! : On commence à beaucoup croiser Eric dans vos films, n’est-il pas devenu votre acteur fétiche ?
E.J. : Tu veux dire une sorte de muse ? (Rires) Je suis un peu ta Cotillard de Chanel, tu vois ? (Rires)
Q.D. : Totalement fétiche !
Zut ! : Pourquoi ?
E.J. : Le talent, à l’état pur. Je suis un pur sang quoi ! (Rires)

Zut ! : A l’inverse, Eric, qu’est-ce que vous trouvez d’attachant chez Quentin ?
Q.D. :
Je ne suis pas attachant du tout… (Rires)
E.J. : Attachant, c’est le terme qui lui va le moins. (Rires) C’est pas un mec sur lequel tu dis : « Oh Quentin, il est trop mignon ». Vraiment, c’est la même raison qui fait qu’on a fait Steak avec Ramzy au moment de notre grande gloire… (Rires) Pour que les gens nous brûlent sur la place publique. (Rires) C’est toujours la même raison : je sais que je fais partie d’une œuvre, il est en train de créer un truc que je vois très peu ailleurs. Y’a 18 films qui sortent par semaine et il y en a 16 qui se ressemblent. Quand on entre dans une salle de cinéma pour regarder un film de Quentin, on entre dans un univers, on est ailleurs. C’est le frisson que j’avais moi au début quand j’allais au cinéma, c’est d’être transporté, de rêver un peu !

Zut ! : Quentin, vous dîtes que vous ne prenez pas du tout au sérieux votre musique et que la musique électronique est, en somme un milieu où les producteurs et les DJs n’ont aucune raison de se la raconter, alors pourquoi cela vous amuse t-il de passer des disques de temps en temps ?
Q.D. :
C’est très simple, c’est une fête. Soit les gens s’amusent, soit les gens ne s’amusent pas. Pour avoir vécu les deux, c’est mieux quand les gens s’amusent. Du coup, ça m’amuse.
E.J. : T’es un peu Krusty le clown en fait. Le Ronald McDonald des fêtes, quoi, mais en techno. (Rires)

Propos recueillis par Julien Pleis et Cécile Becker le 7 février à l’hôtel Les Haras, à Strasbourg, à l’occasion de l’avant-première de Wrong Cops aux cinémas Star, à l’affiche le 19 mars 2014.

Le by Cécile Becker dans la catégorie Cinéma, CULTURE, Musique, Rencontre, STRASBOURG

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