La révélation Juliette Armanet

Juliette Armanet quelques heures avant son concert © Pascal Bastien

Moment précieux avec l’étoile montante de la scène française, Juliette Armanet auréolée deux jours plus tôt d’une Victoire de la musique, à l’occasion de son passage à Strasbourg pour le RFM Music Live.

Pendant ses balances, épuisée de la surmédiatisation post-récompense, Juliette Armanet apprivoise son piano, cet ami qui ne la quitte pas depuis l’enfance et sur lequel elle entonne les quatre titres qu’elle chantera ce soir-là. Dolce Vita de Christophe viendra délicieusement perturber cet enchaînement.

Le Magic Mirror sera le théâtre intimiste de sa brève intervention dans le cadre de Strasbourg Mon Amour, dont elle est l’invitée ovni. L’Amour, il en est question dans Petite Amie, élu Album révélation de l’année : « Ce qui m’intéressait dans ce disque, c’était d’explorer tous les états amoureux. Une espèce de palette de couleurs sentimentales à décrypter. » En marchant vers l’hôtel, on découvre son attrait pour Strasbourg, qu’elle connaît déjà bien. Mais une fois installées autour d’un déjeuner à l’heure du tea-time, impossible de ne pas aborder sa récente distinction : « Je suis une vieille révélation ! J’aime bien ce mot, parce qu’il a une aura un peu mystique et raconte quelque chose d’assez beau. Comme lorsqu’on tire une image en photographie, quelque chose apparaît. Mais cela évoque aussi le fait de se révéler à soi-même… »

Comme dans sa chanson Cavalier Seule, à l’instar de Christine and The Queens ou plus récemment d’Eddy de Pretto, l’ancienne journaliste sert d’étendard à la génération 3e sexe : « Nous nous permettons d’inventer notre propre identité. Je ne renonce pas aux atouts de la féminité, mais je ne m’interdis rien en amour. Il y a un truc d’ouverture symptomatique à notre génération. Je ne veux pas être considérée comme une femme qui fait de la musique, mais simplement comme une personne qui en fait, sans notion de féminité ou masculinité. »
Un.e vrai.e artiste.

© Pascal Bastien

Propos recueillis le 13 février à l’hôtel Boma, à l’occasion du RFM Music Live dans le cadre de Strasbourg Mon Amour

Par Caroline Lévy – Photo Pascal Bastien

Le by Caroline Lévy dans la catégorie Concert, CULTURE, Rencontre

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