Ma non-rencontre avec Soko

Soko s’apprête à sortir son premier album chez Because.

Je me souviens d’avoir croisé cette jeune artiste surdouée aux Eurockéennes de Belfort en 2009.

La reconnaissant en tout début d’après-midi dans l’espace presse du festival, je m’étais empressé de la solliciter pour une interview filmée. Il s’en est suivi cet échange assez étonnant :

 

 

 


Une interview ? Mais pourquoi ?
Parce que vous êtes une artiste, et que j’aurai quelques questions à vous poser…
Mais je n’ai rien à vendre…
Vous savez, une interview n’est pas forcément l’occasion de vendre quoi que ce soit.
Je préfère vous dire non, parce que je cherche à garder un peu d’anonymat, je suis là tout à fait incognito, vous voyez…
Ouh, la question de l’anonymat va se poser de manière concrète : avec la vision de vos clips par des millions d’internautes, vous risquez vite d’être bousculée.
Ah oui, mais je préfère vous dire non.
Ça n’est pas du tout un problème, je ne vais pas vous embêter plus que cela…
[après un temps d’hésitation] Mais ça ne se fait pas ?

Mais ça ne se fait pas de refuser ainsi une interview, n’est-ce pas ?
Et pourtant, vous venez de le faire quand même, et en même temps interview ou pas, c’est votre choix.
Alors non, effectivement, je ne préfère pas…

Quelques heures après, je regarde d’un œil distrait la prestation des Babyshambles sous le chapiteau, quand je vois apparaître sur scène notre ravissante Soko, au côté d’un Pete Doherty visiblement ravi d’entamer un duo avec elle. Je me faisais la réflexion de cet anonymat qu’elle souhaitait conserver pour en arriver finalement à cette conclusion : ma non-rencontre avec Soko a constitué en soi un instant privilégié, tout à fait singulier, dont je garderai le souvenir – plutôt bon souvenir –, bien longtemps.

Premier album de Soko, I thought I was an Alien, sortie le 20 février
Concert à la Laiterie, à Strasbourg, le 15 mars

 

Le by Emmanuel Abela dans la catégorie CULTURE, Musique, Rencontre

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