Supertonic

Gin et saucisse chez Supertonic, le nouveau bar signé Diabolo Poivre. © Henri Vogt

Dernier-né de la famille Diabolo Poivre, Supertonic, bar et restaurant à Strasbourg, invite les aventuriers du goût à associer (ou pas) gin et saucisse, mais surtout à découvrir les subtilités de cette boisson aux botaniques méconnues.

Avec Joseph Thomas, passionné de gin en charge de Supertonic, nous nous remémorons avec nostalgie nos années adolescentes arrosées de boissons où l’overdose de sucre (ce bon vieux malibu-orange…) devait faire passer le goût si désagréable de l’alcool.
Jack London, dans son livre John Barleycorn, décrit avec perfection les relations paradoxales qui nous lient à l’alcool : tout au long de notre vie, nous cherchons à apprivoiser cet élixir dont on n’aime, au fond, jamais vraiment le goût mais qui nous pousse à perdre le contrôle, et donc à nous trouver. Aimer le « mauvais » gin, beaucoup d’entre nous en sont capables : son goût résineux, son amertume et ses reflux vaguement médicamenteux se sont longtemps accommodés du plus basique des tonics – dont l’excès de sucre masque, le temps de l’ingestion, l’âpreté.

La déco a été réalisée par les V8 designers et est épaulée par la charte graphique mise en place par l’Atelier Poste 4. © Henri Vogt

Une belle sélection

Que cela soit dit : le gin, ce n’est pas que ça. « C’est un alcool dont la palette aromatique est beaucoup plus large qu’on ne le pense, explique Joseph Thomas. Si on aromatise à la base l’alcool de baies de genévrier, on peut y ajouter ce que l’on veut. » C’est ce que l’on appelle justement les botaniques : herbes, épices, plantes ou fruits que l’on fait macérer ou que l’on redistille avec la base genévrier-alcool éthylique. Ici on trouvera une sélection de 45 gins (qui sera augmentée au fil des saisons) – dont des infusions maison –, les notes de coriandre du Tanqueray, de la citronnelle dans l’excellent Bobby’s – le favori du patron –, les agrumes du Fifty Pounds

Du choix dans un décor de choix

Chaque gin peut être bu pur ou agrémenté de deux tonics différents, et même accompagné de sa saucisse made by la boucherie artisanale Lorch. Une coquetterie qui nous fera retrouver la fameuse currywurst – clin d’œil à l’esprit Biergarten voulu par l’équipe – et découvrir une saucisse de veau arrosée de sauce miso.

Le tout dans un décor au poil concocté par les V8 designers et charté par leurs amis de l’Atelier Poste 4. C’est beau, c’est bon et on en ressort chancelant d’avoir redécouvert cet alcool trop longtemps oublié.

Supertonic
Ouvert tous les jours de 10h à 1h30
1, place d’Austerlitz
03 67 68 01 15

Par Cécile Becker
Photos : Henri Vogt

Le by Cécile Becker dans la catégorie STRASBOURG, Zut ! à table

Ajouter un commentaire