Main d’oeuvre

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Du tatouage au Shadok ? Et pourquoi pas ? Ce lieu, ouvert au dialogue entre analogique et numérique est finalement tout indiqué pour accueillir cette 5e édition du Tattoo World Strasbourg.

À peine entré, on est plongé dans l’ambiance avec une très fidèle reconstitution d’un salon de tatouage du milieu du 20e siècle (bravo à Leanka et Manue du Studio Lucky Electric), on remarque même la petite pancarte « to avoid mistakes please pay in advance ». On découvre ensuite un lieu d’exposition avec des instruments de tatouage, des photos noir et blanc et couleurs de tatoués et … des planches à flammekueche, spécialement décorées au graveur sur bois par les tatoueuses de l’événement.

Car oui, cette année, les tatoueurs invités les 15 et 16 octobre derniers étaient exclusivement des femmes ! Un choix fort et pertinent à saluer. On les a donc retrouvées au premier étage du Shadok, où le son du rock’n’roll a fait place à celui des dermographes en action. Chacune a préparé son stand : affiches, cartes de visites, goodies et bonbons (un peu de sucre pour tenir bon sous les aiguilles). Elles sont venues des quatre coins de l’Europe, avec leurs univers et leurs styles, du trait pop de Morgane (Sour & Sweet – Strasbourg) à l’hyperréalisme dark de Linda Saul (Suisse). Certains clients ont déjà tombé la chemise ou remonté leur pantalon, ça va faire mal.

Sont aussi là quelques tatoueurs mais uniquement pour montrer leurs flashs, l’honneur est décidément aux dames. On trouve aussi des stands de bijoux et même du paint stripping. Est présente également l’équipe du projet Tatoué, l’imprimante 3D équipée d’un dermographe. Des faux bras en silicone servent de modèles. En attendant de voir la machine en action, Pierre répond aux questions des curieux. Pour lui, aucune concurrence avec le tatouage classique, il s’agit plutôt ici « d’aller chercher d’autres référents et un autre public ». Ingénierie et transmédia, l’idée est d’interroger, plus que la pratique, l’outil en lui-même.

Entre ce robot et les outils traditionnels (tebori japonais ou bidouillage de prison), on comprend que derrière le phénomène du tattoo, se cache depuis toujours la volonté d’expression de l’Homme… et celle de la Femme ! Une exposition pertinente qui retrace l’évolution du tatouage et ses multiples ramifications. L’occasion de constater, pour ceux qui ne l’avaient pas encore pressenti que le tatouage est bien plus qu’un ornement.

Par Aurélien Montinari

Tattoo World l’expo, jusqu’au 23 octobre
Concerts, projections et conférences
au Shadok, Fabrique du numérique et à Strasbourg

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