Teen & Toddler : ribambelles de rebelles

Marque locale en devenir, Teen & Toddler ink s’adresse aux jeunes turbulents. Son créateur, installé à Lingolsheim, fait le pari d’un revival rock, à l’opposé de la mode kawaii.

ZUT_WEB_TeenandToddler2_GrandeÀ écouter Yann Lerouvillois raconter de manière laconique le chemin qui a conduit ce papa à créer sa marque de prêt-à-porter pour gamins, on se dit qu’un néologisme manque à la pop culture US qu’il admire tant. En effet, plutôt que de parler de success story – ce qui serait prématuré –, parlons ici de post-failure story. La fêlure, c’est le chômage longue durée, consécutif à la délocalisation de son emploi d’informaticien hors de France. Après un an de recherches non concluantes, le voilà au point mort. Le regard de ce grand gaillard de 39 piges s’assombrit, sa voix vacille légèrement : « Avec le temps qui passe, l’ennui se met en place, il faut bien à un moment donné s’occuper, faire quelque chose. »

Ce sont des amis, et surtout son épouse, qui l’aident à renouer le fil d’un projet personnel, laissé en suspens à la naissance de sa seconde fille. Madame brode à ses heures perdues des motifs plutôt modernes, voire trash. Yann dessine, depuis son enfance, des personnages de western et des camions américains. Elle lui demande de créer des grilles, l’équivalent du patron en broderie : un quadrillage conçu avec un logiciel ad hoc. À partir de ce maillage affectif, l’ancien skater passe du point mort au point de croix. Il a l’idée de transposer une grille représentant un crâne à crête d’iroquois, croisé de deux tibias, pour en faire un dessin pixelisé, sérigraphié par Datafabrik sur une dizaine de T-shirts taille enfant. Ainsi naît le logo de Teen & Toddler ink ! (« Ados et minots. ink c’est pour l’encre de la sérigraphie, et c’est un clin d’œil à “inc” »). Surfe-t-il sur la mode des vanités ? Yann Lerouvillois répond vanité de la mode et marques néopatrimoniales US : « J’ai envie de produire des collections d’une centaine de pièces au maximum pour les rendre un peu rares et ne pas subir les aléas de la mode. Mes modèles sont des marques de skate, de baseball, ou de work wear, comme Zéro, New Era, Carhatt… Elles sont indémodables car emblématiques. » Sa collection d’une vingtaine de casquettes de baseball semble opiner du chef, surtout sa première acquisition, celle des Detroit Tigers qui coiffait Magnum, le moustachu le plus célèbre de la télévision – une chance que le look d’Higgins ne soit pas référencé !

ZUT_WEB_TeenandToddler3Une nostalgie des séries américaines et l’appel des grands espaces nourrissent les modèles Teen & Toddler ink. Si bien qu’avec ses monster trucks, surgis de L’Homme qui tombe à pic, ses « hot roads » (voitures customizées) à la Shérif fais moi peur, ses pistolets à eau Starsky et Hutch et ses guitares de harders style ZZ Top, c’est un véritable revival eighties aux couleurs toniques qui se trouve projeté sur les T-shirts des juniors. Lesquels, paraît-il, ne veulent plus s’en séparer même le temps d’un lavage auquel survivent très bien les motifs, procédé d’impression oblige. Ce passage de relais intergénérationnel ne va pas sans appropriation : les skulls punk sont vus par les jeunots comme des drapeaux pirates, Jack Sparrow genre ! Teen & Toddler ink, ou quand l’imagerie américaine vient au secours du Made in Strasbourg…

Disponible chez Macia Originals – Le Store
18, rue des Sœurs – www.facebook.com/macia.store

Boutique en ligne : www.teenandtoddlerink.com

Actu : Fil en Fête 2013, festival autour du point de croix – du vendredi 25 au dimanche 27 octobre et du vendredi 1er au dimanche 3 novembre à la Maison rurale de l’Outre-Forêt à Kutzenhausen.

Par Jérémie Decoopman

ZUT_WEB_TeenandToddler1

Le by Zut alors dans la catégorie Prêt-à-porter, STRASBOURG, TENDANCES

Ajouter un commentaire