Pop grande vitesse

La Lorraine compte parmi sa scène régionale un groupe de 4 garçons qui fait parler de lui et ne cesse de grimper depuis maintenant presque trois ans. Démos, sessions acoustiques, vidéos, un premier EP, et nombre de concerts allant de Bourges à la Rochelle en passant par Paris en première partie de Two Door Cinema Club, et récemment en tour support des Cranberries… Rencontre avec The Aerial juste avant leur départ pour les Bar en Trans à Rennes.

Vous venez de sortir un single A day like this, faisant suite à un premier EP sorti en début d’année, on a l’impression que votre musique s’est épurée. Vous avez votre son ? Un hybride electro pop 90’s teinté de phases hip-hop ?
Alexis :
Sur l’instant, on a voulu faire ça mais on peut difficilement prévoir la suite, c’est la dernière question qu’on se pose en fait. On ne s’est pas dit : « Il faut que ça sonne comme ci ou comme ça ». Ça dépend de l’instant aussi, du matériel qu’on a, de ce qu’on écoute, où on est, etc.
Nicolas : Après, oui le single est plus épuré que l’EP, c’est vrai, c’est un peu plus mature. On a commencé à tourner beaucoup plus, on s’est retrouvé à écouter notre musique dans des grandes salles, tu la ressens différemment et tu la recomposes différemment.

Vos artwork (EP et single) sont des photos noir et blanc, de même que votre clip, est-ce une envie de plonger l’auditeur dans un genre de flashback ?
Alexis : C’est plus par rapport à nous-même, notre histoire personnelle, on voulait un truc qui représente au maximum nos identités, donc on a choisi une photo de la famille de l’un d’entre nous.
Nicolas : Au départ, ce n’est pas forcément ce qu’on voulait, mais les photos nous plaisaient beaucoup et les deux photos sont prises par la même personne en fait. Les voir l’une à côté de l’autre montre comme une cohérence, une évolution.

« Soit on fait un EP qui déchire, soit on fait des chansons normales et c’est fini. »

Comment vous gérez l’après tremplins ? On vous a vu sur pas mal de repérages et autre concours la saison passée (Découverte Printemps de Bourges, SFR jeunes talents, Esprit Musique, …) avec à chaque fois une belle exposition médiatique et une plutôt bonne réussite. Comment ça se passe maintenant ?
Alexis :
Soit on fait un EP qui déchire, soit on fait des chansons normales et c’est fini.
Nicolas : Au-delà de ça, l’idée était l’année dernière de sortir un peu de la région et de tourner au niveau national. Les tremplins étaient chouettes, et c’est vraiment ce qui a permis de trouver une manageuse et un tourneur, ça a marqué une réelle étape dans le projet. Le vrai « après » sera dans 6 mois avec les retours sur le 2e EP. Il sort au printemps et ce sera primordial.
Alexis : Le public nous connaît un peu maintenant donc on se doit de ne pas se louper. Au départ tes chansons peuvent être moins bonnes, mais ça ne t’empêche pas de te développer. Là, on a quand même une certaine pression puisque des gens bossent pour le projet et se sont engagés.
Nicolas : C’est ce qu’on voulait, on y est arrivé, mais on se doit donc d’assurer.

« (…) La Femme, ils viennent de signer un gros contrat d’édition et ils empruntent de l’argent à leurs familles pour produire leur album eux-mêmes. Ils ont raison. »

Votre démarche de gratuité dans la musique tient-elle toujours avec cette évolution et la professionnalisation du groupe ? N’est-ce pas plus difficile de s’y tenir au vu de cette réalité financière ?
Alexis :
Oui elle tient, et on y tient. On essaye de donner un maximum nos chansons gratuitement.
Nicolas : Vu qu’on n’a pas de label et qu’on n’en cherche pas, on a gardé ce côté Do It Yourself qui nous permet cette liberté. Je me dis qu’on a bien fait, car je vois des groupes comme La Femme, ils viennent de signer un gros contrat d’édition et ils empruntent de l’argent à leurs familles pour produire leur album eux-mêmes. Ils ont raison.
Alexis : Pour l’aspect gratuité, on vise à vendre d’autres choses plus physiques que la musique.

Tour support des Cranberries en Zénith, à Rennes aux Bar en Trans avec toute la mafia musiques actuelles de France. Vous arrivez à trouver votre juste place dans tout ça ?
Antoine : C’est cool justement, ça permet de voir des aspects différents. Si on n’était que dans le « circuit pro » de la musique, ce serait finalement peut être trop superficiel. Ce ne sont pas les mêmes enjeux, pas les mêmes écoutes.
Nicolas : On a eu de la chance d’avoir un super accueil sur ce tour support des Cranberries, les gens ne viennent que pour eux, et pourraient huer la première partie, mais là je ne sais pas, ça doit intriguer quatre bonhommes sur scène, le rouquin et son accent anglais,… On a un très bon accueil. Dans toutes les villes où on va, tout se passe bien !
Alexis : Je me suis rendu compte que notre musique est vraiment grand public, je me fiche d’être indé, que ça plaise à une fille de 10 ans ou une grand-mère de 80 ans. Je prends plaisir à le faire dans un Zénith, ou dans un bar. Je ne conçois pas la musique sans le bar ou sans le zénith.
Antoine : Jouer devant un public qui vient faire la fête est aussi toujours un plaisir, par exemple le Bus Palladium à Paris.
Nicolas : Être programmés aux Bar en Trans, c’est top en tout cas, il y a tous les groupes actuels. C’est là qu’on se dit qu’on est dans le bon wagon.

Regarder leur live enregistré dans le cadre du festival 36h de Saint-Eustache par Arte Live Web

Propos recueillis par Anthony Gaborit

JEU-CONCOURS

Gagner 5 singles A Day Like This par The Aerial en répondant à cette question (vraiment facile si vous avez lu cette interview) :
De quel groupe The Aerial a-t-il récemment fait la première partie ?

Envoyez votre réponse à contact@chicmedias.com, les plus rapides gagnent.

Le by Zut alors dans la catégorie Clips, CULTURE, LORRAINE, Musique

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