Pureté sauvage

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The Feeling of Love © Pascale Cholette

Avec classe et élégance, The Feeling of Love exprime une forme de pureté sauvage. Les messins, potes à Ty Segall, impressionnent et viennent de sortir leur nouvel album Reward Your Grace. L’occasion d’évoquer leur parcours mais aussi de regarder et d’écouter une très très belle session enregistrée au Centre Mondial de la Paix par l’équipe de Das Kuma avant le passage du groupe à la MJC du Verdunois.

« Quand je sortais, c’était soit de la chanson française, soit une sorte de rock mainstream vraiment dégueulasse », précise Guillaume Marietta quand on lui demande comment est né The Feeling of Love. Lui, fan de no wave et de groupes comme Suicide, partait tête basse en opposition avec des morceaux agressifs basés uniquement sur un accord et une note. Quelques années plus tard, alors que le groupe est devenu un trio et a sorti nombre de LP, cassettes et albums, il partage un split-single [entendez, un 45T dont les artistes se partagent chacun une face, ndlr] avec Ty Segall. Une histoire commencée par une rencontre lors de la tournée européenne du Californien alors qu’il ne disposait pas encore de sa notoriété. Guillaume le décrit d’ailleurs comme un mec calme et très attentif aux autres – « Je ne vais pas te raconter qu’un jour Ty était bourré, qu’il s’est mis à poil et a sauté d’un balcon, il ne l’a pas fait » – et constate par ailleurs que toute cette scène américaine n’est pas ce qu’elle peut paraître : « Cette nouvelle génération de groupes ricains est plus posée, plus pro. Ils ne se défoncent pas ou quasiment pas ».

 

Reward Your Grace, nouvel album du groupe, se veut plus pop qu’à l’accoutumée. « La pop, ce n’est pas une honte. J’avais envie de mélodies qui restent en tête », confie-t-il. Et si les messins ont abouti à quelque chose de moins garage, ils gardent cet aspect répétitif et entêtant qui leur est cher. « Si tu problématises trop, ca devient de l’art conceptuel, tu perds le côté instinctif. » Les textes se veulent eux aussi dans une opposition très primaire qui prend le contrepied de cette imagerie tournant autour du sexe et du rockeur malheureux. « Ce qui m’intéresse, c’est qu’il reste une question. J’écris sur des manques, c’est ça qui m’alimente », ajoute Guillaume. Si en parler dans ses morceaux ne l’aide pas pour autant à les comprendre, cela lui permet de mieux les cerner. Les relations humaines, notamment avec les femmes, sont un de ses sujets récurrents. « Tu peux écrire des millions de chansons, tu n’arriveras jamais à complètement les comprendre ! » Avant sa tournée, le groupe a accueilli Henry, « un mec de la bande des Catholic Spray », à la guitare et à la basse. Les parties drone ou mélodiques sont ainsi partagées en live pour un résultat beaucoup plus riche. Le groupe souhaite rester ouvert à toute évolution possible, ce qui est d’ailleurs encouragé par leur label Born Bad. Quand on lui pose la question de la reconnaissance qu’ils ont en France, Guillaume répond clairement : « Si les groupes du label ont bonne presse, je t’assure qu’on est toujours considéré comme des branleurs. Il faut continuer de batailler. »

Et comme promis, avant de nous quitter la DSKM Session x The Feeling of Love :

Par Anthony Gaborit

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