The Strypes, teenage innocence!

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The Strypes, des gamins de 16 ans qui nous donnent un cours d’histoire du rhythm’n’blues britannique !

Le rock c’est assez simple finalement : fougue + culture + sensibilité = The Strypes. Ces mômes d’à peine 16 ans qui viennent de Cavan, en Irlande, maîtrisent leurs gammes à la perfection (Bo Diddley, Pretty Things, Yardbirds) et nous livrent ce son rhythm’n’blues à tendance garage qui nous électrise tant ! Vous l’avouerez, il est presque présomptueux de se nommer ainsi spontanément The Strypes (avec un “y”) quelques années après la séparation des White Stripes de Jack White, et en même temps, même si les sources sont voisines, on fera la distinction tant la personnalité de ces gamins s’affirme, loin de toute démonstration.

Il en faut du courage pour reprendre comme ils le font du Bo Diddley (You Can’t Judge A Book By The Cover), ou mieux encore le magnifique Got Love If You Want It des Kinks. Les filiations sont clairement établies, leur univers musical est celui de la Grande Bretagne de la première moitié des années 60 ; cette époque, où les groupes digéraient avec brio les sons blues et rock qui leur parvenaient en léger différé des États-Unis ; cette époque où les héros s’appelaient encore Chuck Berry, Bo Diddley ou Buddy Holly, avant que les Beatles, les Rolling Stones ou les Who ne fassent leur razzia.

On aime tant cet instant de passage, cet instant d’émancipation qui conduit aux sublimes développements psychédéliques. Les Strypes n’en sont pas encore là, mais il est étonnant de constater à quel point ils inscrivent leur manière de faire dans cette courte période (avec toutefois un regard sur ce qui s’est passé la décennie suivante, le pub rock de Dr Feelgood ou le revival mod des Jam). En cela, ils ne sont pas si éloignés de l’approche de Jake Bugg, à cette différence toutefois qu’ils électrifient leurs chansons comme autant de brûlots incandescents.

Les esprits chagrins regretteront cette énième interprétation d’une musique d’il y a 50 ans, un peu à la manière des Arctic Monkeys à leurs débuts ; on leur rétorquera volontiers : écoutez les compositions ! Les singles Blue Collar Jane, Hometown Girls ou What a Shame sont déjà des classiques, et ils ne sont pas si nombreux ceux qui aujourd’hui savent composer des classiques avec une telle décontraction. Quoiqu’il en soit, l’album Snapshot sort le 9 septembre ; pour patienter, voilà une playlist de tous ces groupes qui ont pu influencer nos très jeunes gens.

Le by Emmanuel Abela dans la catégorie CULTURE, Musique

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