Yves Simon : Homme d’aujourd’hui

Yves Simon, chanteur – écrivain, portrait à Strasbourg. ©Pascal Bastien

Rencontre avec Yves Simon chanteur, écrivain à la librairie Kléber, pour la sortie de Génération(s) Éperdue(s), aux éditions Flammarion, recueil de 140 textes de chansons illustrées, intemporelles, du début des années 70 à nos jours. 

Yves Simon nous donne régulièrement de ses nouvelles, un roman de temps en temps, un disque moins souvent. Mais ça faisait longtemps que nous n’avions pas croisé cette figure à laquelle nous manifestons un attachement particulier. Dans l’intervalle, nous avions pu constater, avec regret, que l’auteur-compositeur-interprète finissait par céder le pas devant le romancier, au point que les jeunes gens ne gardent que peu de souvenirs du merveilleux artiste qu’il a été dans les années 70 et 80, notre Bowie à nous.

On y voit une injustice, mais celle-ci est en passe d’être réparée grâce au bel album hommage que lui consacre la jeune génération, Flavien Berger, Soko, Feu! Chatterton, Radio Elvis, Frànçois & The Atlas Mountains, Forever Pavot ou Juliette Armanet.

Ses yeux s’ouvrent grands quand on lui relate l’émotion de Lescop qui s’affiche en héritier direct –« Ah oui, Yves Simon, le trésor caché ! », nous disait-il il y a quelques années. Yves nous raconte en retour l’instant d’intimité vécu avec Clou, qui reprend de manière admirable Les Gauloises bleues. Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, un recueil de 140 textes de ses chansons a été publié en amont, Génération(s) Éperdue(s).

En parcourant ce volume, on décèle le romancier qui se cache derrière l’auteur, ou le contraire, tant la poésie traverse ses constats dans l’instant. Certains textes, dont anciens, conservent d’ailleurs une troublante actualité comme si les choses ne voulaient pas changer. « Nous constatons aujourd’hui que rien n’a changé ou si peu, quelque chose d’infime, c’est désespérant. Alors que notre espoir était si grand… » On lui rappelle cette injonction qui figure dans Respirer, Chanter. « Une chanson est condamnée, et c’est ce qui la rend si appréciable, à parler d’aujourd’hui. » Sous-entendu qu’elle le fera indéfiniment.

Propos recueillis à la Librairie Kléber Génération(s) Éperdue(s), Flammarion

Par Emmanuel Abela – Photo : Pascal Bastien

Le by Emmanuel Abela dans la catégorie CULTURE, Livres, Rencontre

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