Z-U-Tape Septembre 2012

Nouveautés compulsives ou nuggets intemporelles, ou comment aborder une rentrée cuivrée. Au programme : Lambchop, Tindersticks, Cat Power, Modern Borders, Ty Segall, Syd Barrett, etc.

Lambchop, The Good Life (Is Wasted)

Alertés par notre Céline L. à nous (“magique ce groupe, je ne connaissais pas, je n’arrive plus à arrêter d’écouter tout ce que je trouve”, dixit), on en a presque oublié à quel point on aime ce groupe de Nashville, qui opère un sans faute depuis 1994. La pop cuivrée de Kurt Wagner et de tout sa clique prend tout son sens sur scène. Ça tombe bien : le groupe sera en concert à l’Espace Culturel de Vendenheim le 16 novembre prochain. Un événement presque incroyable ! Nous y serons…

Tindersticks, Slippin’ Shoes

On a souvent comparé Lambchop aux Tindersticks (ils ont débarqué à quelques mois d’intervalle avec un propos voisin et aujourd’hui ils sont signés sur le même label, City Slang), mais les premiers sont américains, les seconds anglais. Et si tous les deux puisent dans un background commun (Townes van Zandt, Scott Walker ou Johnny Cash), les Tindersticks ajoutent une touche pop voire post-punk, qui continue de les distinguer comme l’un des meilleurs anglais de tous les temps. À (re)découvrir sur scène le 13 octobre à La Laiterie.

Cat Power, Cherokee (Nicolas Jaar Remix)

Trop inconstante dans l’effort pour qu’on puisse s’y attacher complètement, on doit bien admettre que Chan Marshall fait mouche de temps en temps. Son Cherokee nous séduit, notamment dans sa relecture signée Nicolas Jaar : même si on reste très éloignés des premières productions (plus rugueuses) de la miss, on a le sentiment d’une réconciliation entre la terre (celle des ancêtres) et du ciel, et d’un apaisement possible.

Modern Borders, Easy To Leave

Eux, on les connaît bien et on les aime ! Vous êtes de plus en plus nombreux à les découvrir et à les aimer aussi. Leur récent passage au Mudd Club et à Stimultania a été l’occasion d’une vraie rencontre avec le public strasbourgeois pour ce duo londonien (Asher Preston et Jean Kern). Une session de rattrapage est d’ores et déjà organisée, et pas des moindres : la première partie de Wax Tailor, le 16 novembre, à La Laiterie ! L’occasion pour vous de goûter leur délicat cocktail construit à partir d’éléments psychédéliques, disco et post-punk.

Grizzly Bear, Sleeping Ute

Ceux qui me connaissent bien pourront s’amuser : ils me prennent en flagrant délit de contradiction. Hé oui, j’ai beau rouspéter à propos de cette vague de groupes américains très intellectuels, je me laisse avoir à chaque fois. Je ne faisais pas partie de ces gens qui s’extasiaient (relayés en cela par une intelligentsia en mal de sensations, séduite par les séduisantes bobines des gugusses) à propos de ce groupe, et pourtant je dois bien l’avouer, de le voir ainsi se réinscrire dans son histoire (un gimmick à la Harry Nilsson) me fait fondre. Peut-être l’alchimie prend-elle avec ce morceau qui augure la publication d’un très bel album ? Affaire à suivre…

John Maus, No Title

Il nous arrive de nous laisser déborder sur notre gauche, et pourtant depuis quelques temps John Maus devient incontournable : mentionné par Cécile B. en tant que sideman de luxe aux côtés de Chairlift lors de notre interview du groupe, il apparaît comme l’une des références du moment dans un style qui n’appartient qu’à lui. Qu’on en juge les chutes de studio qu’il vient de compiler sous le titre générique A Collection Of Raritues And Previously Unreleased Material : nul n’a cette capacité à ré-explorer les sonorités post-punk séminales avec cette gravité d’outre-tombe. Et pourtant, la sensualité crée l’addiction comme en témoigne ce No Title sublime.

Ty Segall, My Head Explodes

Parmi les jeunes pousses, Ty Segall se taille désormais la part du lion : il faut dire que ce jeune californien nous gratifie d’un album quasiment tous les trois mois soit en solo, soit en duo (avec White Fence par exemple) et multiplie les apparitions. Dans un style psychédélique lo-fi, il renoue avec l’esprit des slackers (Lou Barlow, Pavement) tout en s’inspirant du Floyd première période. Le résultat ? Une pop hautement électrifiée qui prend toute sa dimension sonique sur scène. En concert à Metz le 16 novembre, le 17 novembre à Besançon, etc.

Syd Barrett, Baby Lemonade

Un petit clin d’œil psychédélique à notre idole de toujours : Syd, l’ami “écervelé”, qui continue de rire de là où il est. Un extrait de son second album, Barrett, à une époque où il était déjà difficile de le faire tenir assis sur un tabouret. Et pourtant, cette langueur nous poursuit, ce phrasé ralenti continue de nous émouvoir beaucoup. En cet automne qui s’annonce, la redécouverte de son œuvre immense, que ce soit avec le Floyd ou en solo, serait une très belle idée pour tous les amateurs de pop et les autres !

Van Dyke Parks, Donovan’s Colours

Parmi les personnages les plus fantasques de la pop, retenons Van Dyke Parks. Cet intellectuel 60’s loufoque, musicien et producteur aux côtés de Brian Wilson sur le mythique Smile (ou pour Randy Newman, Rufus Wainwright ou Clare & The Reasons), a enregistré peu de disques sous son nom, à intervalles très irréguliers, mais ce sont aujourd’hui quasiment autant de chefs d’œuvre. Le plus beau reste peut-être le premier, Song Cycle : l’aveu d’une pop azimutée, ésotérique à bien des égards, mais tellement cultivée et rafraîchissante. Le tout est désormais réédité chez Bella Union, dans des versions vinyles remastérisées, qui comprennent toutes une édition CD.

Donovan, Catch the Wind (Mono version)

L’ami Donovan dont il est question dans le morceau précédent. Ouvertement raillé par Dylan qui ne voit en lui qu’une pâle copie de lui-même, quasiment oublié par l’histoire qui lui préfère des êtres autrement plus tourmentés ou charismatiques, cet Écossais discret se rappelle parfois à notre souvenir au détour d’une play-list, d’une allusion ou d’une apparition dans un film. On se souvient alors de l’affection qu’on lui exprime volontiers et de la foultitude de compositions qu’on doit à cet immense artiste, ami des Beatles et de Jimmy Page.

Le by Emmanuel Abela dans la catégorie CULTURE, Musique

En réponse à Z-U-Tape Septembre 2012

  1. Nicolas Léger

    Rien à redire pour la B.O de cette rentrée! Aussi, on peut se jeter sur les vidéos (qualité, hélas, moyenne) de ce concert 3 en 1, réunissant Van Dyke Parks, le chanteur de Grizzly et celuin des Fleet Foxes:
    http://www.youtube.com/watch?v=Nfy0hLrxqLw

    bonne rentrée à Zut!

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