Une passion : la transmission
La MJM, Manuel Feig y intervenait déjà en tant que formateur dans la section web. « J’y consacrais quatre à six heures par semaine à côté de mon activité pro, il fallait jongler mais c’était une envie, une passion. J’ai toujours eu l’ambition de partager et de rencontrer des générations plus jeunes pour transmettre mon expérience et pour me remettre en situation par rapport à leur pratique. » Après quelques années, l’école lui propose de devenir coordinateur de section puis directeur en 2018. Un nouveau challenge qu’il accepte volontiers. Ce qu’il aime particulièrement dans son poste actuel, c’est d’évoluer dans le domaine créatif « avec des gens motivés, des profils différents », avec l’objectif de les faire entrer dans le monde du travail. « On est une école d’arts appliqués. L’idée est de pouvoir proposer un produit qui réponde à une demande : une campagne de communication, un film d’entreprise, un aménagement d’intérieur, par exemple. » Ici on crée mais on apprend aussi à respecter un planning et un budget. Des contraintes professionnelles que les élèves expérimentent en entreprise, puisque deux tiers d’entre eux sont en alternance.
Créativité locale
La MJM de Strasbourg compte 500 étudiants. Parmi eux, une quarantaine sont en reconversion professionnelle. « Ils ont une année pour changer de vie et de métier », précise Manuel Feig. Son rapport avec les étudiants ? « Le bureau est souvent ouvert, je suis très accessible. » Il n’hésite pas non plus à leur ouvrir son réseau : des associations ou entreprises comme ACCRO, Pixels & Bretzels, Alsace Digitale, ou encore le TNS et l’Opéra pour la section stylisme. Les étudiants ont, entre autres, travaillé sur la communication du Sapin vert de Bischheim, ou réalisé des capsules vidéo avec le Racing et la SIG. Le directeur est entouré d’une équipe d’une dizaine d’employés, tandis qu’une centaine de professionnels interviennent à l’école. « L’objectif est de rester en phase avec ce qui se fait. Je suis en recherche permanente de ce qui peut se faire en termes de création, aux niveaux local et global. »
« Un terrain de jeu incroyable »
Comme de nombreux Alsaciens, il lui aura fallu s’exiler pour « se rendre compte à quel point on a un terrain de jeu incroyable ». Il commence par citer pêle-mêle le bâti, l’histoire, le patrimoine, l’axe rhénan, l’humanisme. Mais c’est dans l’actuel écosystème strasbourgeois qu’il s’épanouit le plus. « J’apprécie les propositions et activités d’associations et d’entreprises pour sortir des clichés touristiques. »
À titre personnel, Manuel Feig se passionne pour tous les domaines artistiques, avec une préférence pour l’architecture, lui qui a étudié le dessin technique et les maths. Et il se dit « très fan » de ce que proposent les étudiants en section mode. « Je suis toujours surpris par ce qu’ils arrivent à accomplir en deux années ici. Suivre le parcours des étudiants, les voir développer une singularité, leur créativité, c’est quelque chose de grisant, et c’est ce qui me motive. »